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Nouvelle production de la flûte enchantée à l’Opéra National de Bordeaux

par Hélène Biard
31.03.2026

Ultime opéra de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), La flûte enchantée a été créée fin septembre 1791 au theater auf der wieden, un théâtre des faubourgs de Vienne (Autriche), dont son ami Emmanuel Schikaneder (1751-1812), qui est aussi le librettiste du de La flûte enchantée, est le directeur. Les responsables de l’Opéra National de Bordeaux ont décidé de présenter une Nouvelle Production du chef d’œuvre de Mozart avec une distribution avec une bonne partie d’artistes francophones, ainsi que le metteur en scène Julien Duval, une belle initiative.

Une mise en scène de très belle facture et une chorégraphie sans excès

 

Julien Duval a réalisé un très beau travail de direction d’acteurs pour cette nouvelle production et nous nous en réjouissons. Si nous regrettons que les décors soient parfois un peu trop minimalistes, nous apprécions que chacun solistes, danseurs, artistes des chœurs puisse évoluer à l’aise sans se télescoper les uns dans les autres. Dès l’ouverture, on assiste à une très belle entrée du serpent qui, accompagné de squelettes très réalistes, réalise une très belle chorégraphie pendant toute l’ouverture. Et l’entrée de Tamino est quelque peu inattendue puisque ce sont les squelettes qui portent le prince jusque sur le socle d’où il tombe ensuite pour essayer d’échapper au serpent qui adopte une attitude sournoise très réaliste.

 

On saluera aussi la belle « organisation » des déplacements de foule pendant toute la soirée tout en regrettant qu’il n’y ait pas d’écran installé en fond de scène pour permettre au public de passer les épreuves du feu et de l’eau avec Tamino et Pamina. Julien Duval parvient, dans l’ensemble à pousser chacun dans ses retranchements. Nous nous interrogeons sur la performance de Julia Knetch parfois peu convaincante tant scéniquement que vocalement. Cela étant dit, la chorégraphie mise en place par Elsa Morineau fait mouche dès le début de la soirée et elle a su utiliser judicieusement les danseurs du ballet de l’Opéra de Bordeaux et en plaçant les chorégraphies à des moments clés de l’opéra : l’ouverture, bien sûr, mais aussi les moments de tension en fin de premier acte , au milieu du deuxième acte et au moment des dernières épreuves qui attendent Tamino et Pamina.

 

 

Des costumes de très belle facture, des décors un peu sévères mais efficaces et des lumières parfaites

 

La costumière Aude Designaux fait un travail exceptionnel. Des danseurs aux solistes chacun est habillé avec des costumes originaux. Du bleu de Tamino au jaune canari de Papageno en passant par la robe parme de Pamina, on découvre une variété de couleurs qui vont bien au teint des personnages ; Les trois dames vêtues de robes à crinoline noire et prune tandis que la reine de la nuit est en blanc et prune. Très beaux également les costumes de Sarastro et des prêtres de blanc vêtus avec des touches de vert sous forme de feuilles et de tiges.

 

Quant aux décors de Julien Duval, ils sont un peu sévères car souvent sombres, notamment au second acte, mais efficaces car laissant suffisamment de place à chacun pour évoluer librement ; les accessoires, nombreux en début de soirée agrémentent agréablement la première partie. Duval qui réalise une mise en scène de très belle facture ne manque pas d’idées aussi pour les décors. Ainsi voit on pendant la marche des prêtres, l’ensemble du choeur évoluer sur l’ensemble de la scène montant et descendant les éléments de décors judicieusement installés permettant pour certains d’aller jusque sous la scène, dans des endroits inaccessibles au public.

 

On ne s’étonnera pas non plus d’être plongés dans une pénombre parfaitement dosée lors des deux airs de la reine de la nuit. Les lumières de Anna Tubiana sont superbes et mettent les moments de tension en valeur sans pour autant verser dans l’excès.

 

 

Une belle distribution qui fait honneur à Mozart.

 

Les responsables de l’Opéra National de Bordeaux ont invité une distribution solide dans l’ensemble. Nous avons un Sarastro solide en la personne de Jean Teitgen. La basse parisienne incarne le « vieux » sage avec simplicité, lui conférant une autorité et une résilience peu communes. La voix ferme et solide de Teitgen colle bien au rôle du sage et il interprète les deux airs de Sarastro sans faiblesse ; rassurant au passage la pauvre Pamina traumatisée par le passage « flamboyant » de sa terrible mère obsédée par la vengeance et sa haine de Sarastro. Julia Knecht peine à convaincre en reine de la nuit. L’intention est là mais n’aboutit pas tant sur un plan scénique que vocalement.

 

La tessiture large de Knecht correspond sans aucun doute à d’autres rôles mozartiens comme Fiordiligi (Cosi Fan Tutte) ou Donna Anna (Don Giovanni) et même à des rôles du répertoire romantique italien comme Violetta Valéry (La Traviata – Giuseppe Verdi [1813-1901]) ou encore Lucia (Lucia di Lammermoor – Gaetano Donizetti [1797-1848]). Mais pour un rôle aussi redoutable que la reine de la nuit ; si dans les médiums et les graves la voix est parfaite, les aigus sont un peu justes et les notes les plus élevées passent mal. Le ténor italien Omar Mancini campe un Tamino séduisant ; la voix ferme et claire du jeune homme correspond note pour note au rôle du prince dont la détermination sans faille est fort bien transcrite par un Mancini très inspiré. C’est la soprano espagnole Elena Villalon qui incarne Pamina ; la jeune femme brosse un portrait séduisant de la jeune fille timide tiraillée entre son amour pour sa mère, aussi maléfique soit elle, et son désir d’ailleurs et d’amour. Le trio des suivantes de la reine de la nuit est aussi sournois et mauvais que sa « patronne ». Julie Goussot (1ère dame), Axelle Saint Cirel (2de dame) et Anouk Defontenay (3e dame) vêtues de robes magnifiques noires et couleur prune échouent pourtant à ramener Tamino et Papageno dans le camps du mal et prennent, sous les traits de leurs interprètes un malin plaisir à jouer avec les sentiments des autres. C’est la méchanceté et l’arrogance des représentantes de la nuit, et donc du mal, qui les détruit au finale.

 

C’est Thmaos Dolié qui incarne Papageno ; et on est pas déçu : la gouaille de l’oiseleur convient parfaitement à Thomas Dolié qui s’amuse visiblement beaucoup à interpréter ce rôle certes secondaire mais d’une truculence et d’une bonne humeur communicative ; Sofia Kirwan-Bàez, la Papagena de Thomas Dolié est tout aussi joyeuse et truculente que Papageno même si on la voit plus longtemps sous les traits d’une vieille femme que sous ses « vrais » traits. Dans les rôles secondaires on saluera le Monostatos envieux et méchant à souhait de Mathias Vidal, et le beau trio d’enfants (Esther Mouchague, Lauriane Colette Poujol, Rameau Bourgogne) bien qu’ils aient peiné à se faire entendre ; on mettra ça sur le compte du trac, bien normal à leur jeune âge. Nous aurons une pensée pour Ugo Rabec (l’orateur) qui aphone a tenu à jouer son rôle qui était lui interprété par le baryton basque Andoni Etcharren qui, vêtu de noir, s’installait sur le côté de la scène à chacune des rares apparitions de Rabec. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

 

L’Orchestre et le chœur de l’Opéra National de Bordeaux très inspirés

 

Pour cette Flûte enchantée c’est le chef américain Joseph Swensen, le nouveau directeur musical de l’Opéra National de Bordeaux, qui est dans la fosse. Si nous apprécions la direction ferme et dynamique de Swensen, nous regrettons que l’ouverture de l’ultime opéra de Mozart soit par moments un peu trop « cuivrée » ; mais, dans l’ensemble la partition est interprétée sans faiblesse. Quant au choeur, toujours parfaitement préparé par Salvatore Caputo, son chef, il est pour l’occasion associé à la Jeune Académie Vocale d’Aquitaine (chef de chœur : Marie Chavanel) ; et ce double chœur se fait remarquer par sa très belle interprétation d’une partition difficile.

 

C’est une Nouvelle Production de La flûte enchantée réjouissante que nous présente l’Opéra National de Bordeaux. Tout y est pour passer un bon moment : une mise en scène très réussie qui respecte l’œuvre, des costumes superbes et des voix qui séduisent dès les premières notes.

©Visuel Anthony Rojo