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Marina Rebeka est « Médée » au théâtre des Champs-Élysées

par Paul Fourier
15.02.2026

Dans le cadre d’un enregistrement réalisé le Palazetto Bru Zane, le théâtre des Champs-Élysées proposait une « nouvelle version » de la Médée de Cherubini. Instruments anciens, chœur baroque, distribution de bon niveau dominée par la magicienne de Marina Rebeka ont contribué à une soirée électrisante.

Décidément, Médée est à la mode en ce moment. On l’a récemment vu à l’Opéra-Comique (lire ici) dans la version française avec les récitatifs originaux, en alexandrins. Puis dans la version italienne à Naples (lire ici). Nos analyses ont permis de donner des éléments sur cet opéra et ses multiples versions.

Le travail du Palazetto Bru Zane sur une version alternative

De fait, c’est une version inédite que le Palazetto Bru Zane nous a proposé pour cette soirée au théâtre des Champs-Élysées ; une version reposant sur des projections de la façon dont le compositeur « aurait pu » adapter son œuvre si Cornélie Falcon avait accepté de s’emparer du rôle. Alexandre Dratwicki, le directeur artistique du Palazzetto Bru Zane explique, en substance, que la Palazetto a souhaité « revenir aux sources du projet initial de Cherubini de proposer une tragédie lyrique qui se rapprocherait d’un opéra de Gluck ».

 

C’est donc en tant que champ d’expérimentation qu’il faut apprécier l’initiative, forcément intéressante dans la mesure où elle ne s’aventure pas sur des chemins hasardeux et ne rompt pas avec cette musique de période révolutionnaire. Musicalement, il est tout à fait justifié (plus que pour Werther récemment donné à l’Opéra-Comique !) de faire appel à une formation « baroque ». Et Le concert de la loge, dirigé par Julien Chauvin, a excellé dans l’exercice. À cela, s’ajoutait la participation du chœur du Centre de musique baroque de Versailles, également en phase avec la démarche. Par ailleurs, sans que cela ne crée de dommages, une danse de Cherubini a été ajoutée au moment de la fête de mariage de Jason et Dircé en cohérence avec le ballet obligatoire qui aurait du figurer dans une création pour l’Opéra de Paris. Enfin, les récitatifs d’Alan Curtis « à la manière de Cherubini » se sont parfaitement intégrés à l’ensemble.

Le résultat en est, par rapport à d’autres références – notamment la version italienne – un opéra qui paraît poussé aux extrêmes limites de la dureté, voire de la sécheresse. L’effet de violence et d’âpreté est renforcé par la direction aux gestes nets de Julien Chauvin à la tête du Concert de la loge, intense, rapide, aux percussions tapageuses, fulgurantes parfois, mais mettant, également, les artistes à rude épreuve, notamment le personnage principale. En cohérence, les passages purement orchestraux sont exécutés en tension sans aucun relâchement.

Marina Rebeka : « Je suis Médée ! »

On sait que Marina Rebeka sait empoigner les rôles sans économie et n’hésite pas à jeter toutes ses forces dans une telle aventure. Majestueuse dans deux extravagantes robes rouge et noire, elle s’est lancée dans Médée à corps perdu. Son grand air de l’acte I (« Vous voyez de vos fils la mère infortunée »), et le duo terrifiant avec Jason qui suit (« Perfides ennemis ») sont phénoménaux ; les attaques nettes, les quelques vocalises dignes de cette maîtresse en art de bel canto.

Un petit incident d’iPad en début de seconde partie provoque ensuite une légère baisse de tension, mais l’intensité revient vite, et elle ne va cesser d’alterner calme et violence, enchainer imprécations et doutes et solliciter un ambitus impressionnant jusqu’à l’apothéose sanglante. L’ensemble des airs qui parsèment le terrible chemin vers l’innommable (« Au moins, à Médée, accordez un asile », « Chers enfants », …) sont interprétés en un crescendo étonnant. Au delà du chant, l’investissement dramatique de la chanteuse est fascinant à observer, son visage expressif se durcissant dans les dialogues avec Jason, s’éclairant d’empathie lors de l’air de Néris. À la fin de la représentation, cette extraordinaire appropriation du rôle par Marina Rebeka mettra du temps à se dissiper.

Une distribution en phase avec les options retenues

Exception faite d’une Marina Rebeka investie à l’extrême dans un rôle qui ne peut être chanté à moitié, la version retenue et de l’orchestre n’exigeait pas particulièrement de « grosses voix lyriques ». Mais le reste de la distribution ne s’est néanmoins pas fait éclipser par la star et s’est globalement avéré de qualité.

 

Julien Behr connaît le rôle de Jason pour l’avoir notamment interprété il y a peu à l’Opéra-Comique. Sa prestation a surtout été marquée par le professionnalisme et un investissement de chaque instant, notamment lorsqu’il a du affronter la tornade Rebeka. Sa scène finale, sous le choc du chaos provoqué par Médée, a été porteur d’une belle émotion.

 

Le Créon de Patrick Bolleire, quoiqu’un peu monocorde, a su se hisser au niveau de Marina Rebeka par sa stature et son volume de voix imposant. Son air « C’est à vous de trembler » a brillamment porté l’autorité du roi et père.

 

C’est, cependant, le reste de la distribution féminine qu’il faut couvrir de louanges. Mélissa Petit a abordé Dircé avec l’élégance de sa voix mozartienne et l’agilité liée à sa fréquentation du bel canto. En un air, « Hymen, viens dissiper (…) », usant de ses aigus purs, de très belles variations dans les reprises, et dans une remarquable montée en puissance, elle a marqué son personnage dans un mélange de fragilité et de résolution.

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur a su trouver les justes accents de Néris, dispensant un grand air très émouvant (« Ah nos peines seront communes » ) et offrant une réplique toujours juste à Médée.
Enfin, dans l’optique de l’enregistrement discographique, les seconds rôles ont été choisis avec attention et l’on doit donc tout autant saluer les excellentes prestations d’Hélène Carpentier et de Margaux Poguet qui ont inauguré l’opéra de même que les quelques phases de Pierre Gennai.

 

La représentation a démontré la belle alchimie qui peut se développer entre des artistes investis dans un enregistrement rigoureux tel que celui qui précédait cette soirée non sans tension. Qu’un peu de fatigue se soit faite sentir était légitime. Mais la représentation a donné un nouveau souffle à cette Médée. Il nous reste donc à attendre le CD pour apprécier une nouvelle fois cet opéra exhumé de l’esprit de Cherubini, mais aussi un peu des enfers…

Visuel : © Cyprien Tollet