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« Idomeneo » à Berlin : une version déroutante du chef d’œuvre de Mozart

par Thomas Cepitelli
28.10.2023

Au Staatoper de Berlin, David McVicar joue sa propre partition et gêne la direction musicale du jeune chef Pierre Dumoussaud.

Ramenée captive de la guerre de Troie, la princesse Ilia est en proie à un déchirement. Elle ne devrait ressentir que de la haine pour les Crétois, vainqueurs, qui ont tué son père. Et, pourtant, elle aime leur prince, le jeune Idamante. Ce conflit intérieur, que l’on dit souvent cornélien, est exactement ce que ressent le spectateur pendant les trois actes que dure cette production du Staatsoper unter den Linden ; partagé qu’il est, entre son plaisir d’entendre une très belle production musicale et vocale, et son incompréhension face à la mise en scène.

 

Une mise en scène plus que décevante…

 

C’est peu de dire que l’on a trouvé David McVicar plus inspiré ! On se souvient, par exemple, de ses Haendel à l’Opéra de Paris ou au Théâtre des Champs-Élysées à la fin des années 2000. Ici, il semble se perdre et nous tout autant, dans l’œuvre de Mozart.

Posé sur la scène, un carré, au contour flou et bosselé et dont le sol semble craquelé sous la sécheresse, est à la fois la terre du retour d’Idomeneo, mais également la mer en furie. Surplombé par un masque-crâne humain bâillonné de ficelle rouge, l’espace scénique est surtout un lieu de combat pour les artistes. En effet, il les met en déséquilibre en raison de sa topographie ; mais surtout il grince ! Et ce, si fort, qu’il en vient à les troubler dans leurs récitatifs. On sait, bien sûr, que la scénographie est l’une des données essentielles de la dramaturgie d’un spectacle, mais elle ne peut se permettre, pour autant, de perdre en praticité et de gêner les artistes et les spectateurs, ce que semble avoir oublié la scénographe, Vicki Mortimer.

 

La direction de David McVicar semble opérer sur le même mode. Celui-ci semble mettre en difficulté les interprètes plutôt que de leur offrir un écrin. Ici, donc, Elettra devient une princesse qui minaude en se maquillant, caressant son miroir tant elle s’y trouve belle. Elle joue de ses longs cheveux noirs pour séduire Idamante. Le public dans la salle sourit devant si peu de finesse et autant de clichés. Mais surtout il semble désorienté : qui sont ces deux suivantes masquées de blanc, vêtues comme leur maîtresse d’un kimono et marchant à petits pas saccadés sans lever les pieds  ? Se sont-elles trompées de salle et devaient-elles jouer dans Madame Butterfly ? Ou peut-être Turandot ? C’est sans doute dans le dernier air  de la princesse « D’Oreste, d’Aiace » que la dichotomie entre la beauté de l’interprétation et l’incompréhension de la mise en scène est la plus forte. Alignées les unes derrière les autres, accroupies, Elettra et ses deux suivantes se lancent dans des mouvements qui ne dépareraient pas dans un spectacle d’Holiday on Ice. C’est stupéfiant ! On finit par être tant obnubilé par cette gesticulation que l’on en oublie d’écouter cet air pourtant magnifique.

 

On retrouvera d’ailleurs cette singulière signature chorégraphique (Colm Seery) dans toutes les scènes de groupe. Les pas sont mal assurés, les portés exécutés plutôt que réellement dansés. On ne peut que difficilement réprimer un sourire lors de la scène de la tempête à la fin de l’Acte I. Un moment terrible puisque c’est là que se noue le serment d’Idoménéo et donc la mort promise en sacrifice, il ne sait pas encore qu’il s’agira de son fils. Pour signifier cet épisode maritime de grande ampleur, David McVicar fait grimper (difficilement) deux danseurs à de larges pans de tissu gris… et puisque rien ne semble être épargné aux marins (et aux spectateurs), les voilà qui s’exécutent à faire du tissu aérien… après Holiday on Ice c’est donc au Cirque du Soleil qu’est convié le public.

 

… mais une production musicale réussie

 

Le jeune chef Pierre Dumoussaud surprend par sa direction. Si les deux premiers actes sont menés à toute vitesse, laissant parfois peu de place à l’émotion, il signe un troisième acte impeccable. Il n’a plus peur des silences aussi bien dans les arias que dans les récitatifs. L’extrême tension de l’acte se sent dans chaque pupitre, les vents et les cuivres sont remarquables, et l’accompagnement au clavecin saisit par sa gravité et sa beauté. L’on ressent alors que nous sommes dans un opera seria. 

 

La distribution vocale est d’une belle homogénéité. Du Idomeneo de Saimir Pirgu à l’Elettra d’Olga Peertyatko. Mais on retiendra surtout la très grande délicatesse de Mélissa Petit dans le rôle d’Ilia. Chaque air est à la fois une démonstration délicate de sa très belle ampleur vocale, mais aussi, et surtout, de la théâtralité qu’elle sait y investir. On pense, surtout, à « Se il padre perdei » dans l’acte II et à l’air qui ouvre l’oeuvre « Padre, germani, addio! ». Tout est juste, passant d’une expression à l’autre, d’un sentiment de désespoir total à celui d’une foi en l’amour. C’est d’une intelligence dramatique rare.

 

On retiendra, également,  les deux très beaux airs d’Arbace interprété par Andrès Moreno Garcia. Il y déploie dans « Se colà ne’fati è scritto » à l’Acte III, mais surtout  dans « Se il tuo duol ! » qui ouvre l’acte II son très beau timbre rond et plein qui lui permet de donner à entendre toute la beauté de ces deux airs. Il en va de même pour l’excellent Neptune qui entonne de toute sa force depuis la salle. Invisible des spectateurs, Florian Hoffmann semble envelopper de sa voix la salle dans son entier.

 

 

Enfin, il faut saluer la très belle direction des choeurs par Dani Juris. L’extrême finesse de l’exécution des airs « Qual nuovo terrore » à la fin de l’acte II et « Oh voto tremendo ! » dans le dernier acte. On entend ici à la fois la singularité de chacune des voix, mais aussi leur union. Le chœur se fait écho de la Cité, des émotions qui la traverse et, par écho, du public.

 

D’une œuvre sublime, qui interroge la place des pères et le sacrifice des fils, mais aussi ce que c’est que prendre refuge dans un pays qui n’est pas le sien, portée par une belle union des voix et des instruments , cette production offre une version en mode mineur.

Visuel : © Bernd Uhlig