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Au Liceu de Barcelone, Lise Davidsen d’ores et déjà au tableau des grandes Isolde du XXIe siècle

par Paul Fourier
15.01.2026

C’était l’un des grands évènements lyriques attendus en ce début d’année. L’un des rôles (sinon le rôle des rôles !) des grandes sopranos dramatiques allait-il trouver une nouvelle grande titulaire, sachant qu’il n’y en a plus guère aujourd’hui dans ce lourd répertoire wagnérien ? Oui ! C’est une évidence !

Une équipe féminine

Une femme dans la fosse, une autre pour la mise en scène et une, enfin, qui s’attaque à ce rôle immense. Ce Tristan et Isolde était inscrit pour s’épanouir, pour le meilleur ou pour le pire, sous le signe de la féminité.

 

Pourtant, le handicap principal de cette nouvelle production barcelonaise repose sur la mise en scène de Bárbara Lluch, bien pauvre, bien peu imaginative, bien peu en capacité de transcender l’histoire d’amour et de mort légendaire qui nous est contée. Le premier acte commence de belle manière avec une esthétique épurée, un rapport de forces établi entre les hommes (de Tristan en l’occurrence), soudards qui jouent avec la tête de Morold, et les femmes (Isolde et Brangäne qui se fait quasiment violer) unies par une sororité solidaire. En retour de cette violence sous-jacente, Isolde se vêt d’un habit blanc immaculé que l’on peut voir comme costume de mariage comme costume de guerrière (Brünnhilde n’est pas loin…) et n’hésite pas à s’attaquer à Kurwenal armé d’une dague.

Tristan ou Roméo ?

Mais le spectacle ne tient pas la longueur. Après avoir bu le philtre d’amour, l’héroïne (cette fois toute de rouge vêtue) se comporte subitement comme une midinette, et le duo d’amour (en partie situé sur une tournette) sous un ciel étoilé est en manque de puissance symbolique. Nous sommes alors bien loin de cet amour courtois, sublime et absolu qui a irrigué le mythe, et plus on se rapproche de la fin, plus on se demande si Lluch n’a pas confondu Tristan et Isolde avec Roméo et Juliette. Quelques fugaces idées sont intéressantes (la mère d’Isolde présente au tout début, ces assassins qui cherchent à approcher Tristan et se font tuer par ce que l’on suppose être un garde du corps), quelques images et lumières sont belles (ce soleil qui change d’intensité, l’apparition de Marke et de ses hommes à contre-jour en arrière-scène). Mais le dernier acte voit Tristan agoniser puis s’agiter, armé d’une béquille, et Isolde chanter son Liebestod face public avant d’aller s’allonger aux côtés de son amoureux alors que des flocons s’échappent des cintres. Le rideau tombe, la metteuse en scène et son équipe sont fraîchement accueillies. Et vient le regret que notre toute nouvelle Isolde ne commence pas sous les meilleurs auspices théâtraux, alors qu’elle a pourtant démontré ce soir ses indéniables talents de tragédienne.

Davidsen, Isolde ABSOLUMENT !

Après une retraite prise en mars 2025 pour donner la vie à des jumeaux, c’était la grande rentrée, pleine d’enjeu et d’espoirs pour la soprano norvégienne. Lorsque Lise Davidsen impose sa marque, c’est d’abord plus par la puissance de son émission que par la séduction de son timbre. Mais, dès son entrée en scène, elle impressionne par sa stature, par son port de princesse rousse et bien sûr, par sa tessiture large et son aisance à colorer ses phrases selon les sentiments contradictoires qui l’assaillent. Totalement souveraine, elle porte le premier acte d’une voix toujours inspirée, souvent rageuse, parfois cassante. Elle se fait vulgaire, jambes écartées, comme Tristan lorsqu’elle l’imite et parle de lui. Chacun de ses gestes est signifiant, elle est Isolde ABSOLUMENT (et va sans doute l’être de nombreuses années). Dans la scène avant l’arrivée de Kurwenal (« Sein Lob hörtest du eben »), elle est ensorcelante tant les accents qui portent l’attisement de la haine vis-à-vis de l’assassin de Morold sont empreints de vérité. La scène suivante alors qu’Isolde reçoit Tristan, prépare sa vengeance, et que dans la fosse Susanna Mälkki allie puissance et subtilité dans la musique de Wagner, est de la même veine. Parions que, quelques représentations plus tard, lorsque Davidsen se sera complètement approprié le rôle, cet acte I sera anthologique grâce à elle.

Au deuxième acte, si les aigus sont encore impressionnants, elle apparaît un peu en réserve face à un partenaire qui se ménage, notamment quand les deux doivent être à pleine puissance. Et dans le duo d’amour, alors que les deux artistes ne déméritent pas, l’on se demande si ce sont les errances de la mise en scène ou un manque de dynamique de l’orchestre qui ne facilitent pas l’émotion qui devrait naturellement naître d’une des plus belles pages musicales que Wagner ait composées… Une ironie alors que l’on voit naître en direct sous nos yeux une Isolde qui va marquer l’histoire.

 

Enfin, le « Mild und leise » final s’il mérite probablement d’être encore plus abouti – et mieux dirigé dramatiquement, l’héroïne étant là condamnée à chanter face public – confirme une prise de possession hautement expressive du rôle par Davidsen qui s’autorise de belles nuances et une fabuleuse montée en puissance maîtrisée à la fin de l’air.

Et les autres…

Face à cette Isolde presque idéale, presque surnaturelle, on n’a pu tenir rigueur à Clay Hilley, véritable heldentenor à la voix bien placée dans les aigus, mais tenté (il n’est pas le seul des ténors à le faire) de composer avec le temps et l’énergie pour pouvoir affronter le crucifiant troisième acte III. Sa première confrontation avec Davidsen à l’acte I tout comme les retrouvailles enfiévrées au début de l’acte II sont néanmoins parfaitement en phase avec sa partenaire. Et si, contrairement à sa collègue, il est difficile de le louer pour son jeu d’acteur, il a su gérer ce troisième acte avec un héroïsme remarquable.

 

Ekaterina Gubanova est une habituée de bien des rôles féminins de Wagner et une habituée de Brangäne. Hormis un début un peu timide – il est vrai face à la puissance de feu de Davidsen -, elle a assumé, à la fois avec humilité et vaillance, ce rôle de compagne solide dans le premier acte et vigie des amours de Tristan et Isolde au deuxième acte.

S’il n’a pas échoué dans ce moment d’infinie tristesse face à la trahison de l’ami, Brindley Sherratt en Roi Marke a cependant montré une voix bien fatiguée et un vibrato désormais trop présent. Enfin, Melot, le berger et marin et le timonier (Roger Padullés, Albert Casals, Milan Perišić) ont hardiment complété cette belle distribution.

Un orchestre dirigé d’une main féminine inspirée

Disons-le, l’Orchestre du Liceu ne peut concurrencer les grandes formations allemandes ou viennoises dans l’exercice wagnérien, mais la direction de Susanna Mälkki a été globalement intéressante même si elle n’a qu’imparfaitement fait naître l’émotion naturelle qui doit exsuder de cette musique sublime. Elle a su composer avec le tapis sonore de ce Tristan avec emphase et jamais avec brutalité. Et avouons-le, il n’est pas si fréquent d’avoir une cheffe d’orchestre dans ce répertoire et dans cette œuvre, et cette « direction féminine » s’est souvent avérée subtile tant dans les parties purement orchestrales que dans l’accompagnement des chanteurs.

 

Des artistes mythiques ont bâti l’histoire de Tristan et Isolde à Barcelone. En 1950, ce fut même Kirsten Flagstad. En ce mois de janvier, le public a fêté une nouvelle titulaire et le théâtre des Ramblas – qui a damé le pion à New York pour cette prise de rôle – vient d’ouvrir une nouvelle étape de réussite incontestable avec l’arrivée de Davidsen. Longue vie donc à la nouvelle princesse de Cornouailles !

Visuels : © Sergi Panizo