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Asmik Grigorian, sublime Salomé à l’Opéra de Munich.

par Paul Fourier
25.02.2026

Le spectacle de Krzysztof Warlikowski, toujours aussi difficile à appréhender, est sublime visuellement. Il bénéficiait cette fois d’un orchestre aux sonorités époustouflantes et surtout de la Salomé hors-norme d’Asmik Grigorian.

Est-il légitime d’aimer un spectacle dont on n’a pas les codes (comme, probablement, la grande majorité du public présent) ? Comment doit-on se comporter à l’aune de ce constat ? Doit-on se lancer dans un travail de recherche post-spectacle pour tenter de comprendre les intentions du metteur en scène ? Est-il finalement plus honnête intellectuellement de rester dans des énigmes ? Telles sont les questions qui ont continué à nous tarauder au sortir de la Salomé du Bayerische Staatsoper de Munich, spectacle qui fut inauguré en 2019.

Warlikowski dans les grandes largeurs

Si l’on se fie à la première impression ressentie, c’est visuellement magnifique, musicalement et vocalement somptueux. On pourrait se limiter à cet avis laconique. Mais que nous adhérions ou non aux illustrations qui sont la toile de fond de cette Salomé, il est utile de tenter d’explorer les intentions du metteur en scène.

Le spectacle débute par une saynète dans une riche pièce tapissée de livres. Nous sommes immergés dans une société juive assez privilégiée, et plus précisément dans la bibliothèque d’une grande école talmudique à Lublin. Comme à Varsovie, cette ville sera le siège, en 1941, de l’un des ghettos polonais.

 

Un homme travesti y chante, en playback sur la voix de Kathleen Ferrier, un des kindertotenlieder de Gustav Malher, artiste qui souffrit, lui-même, de l’antisémitisme du public viennois. Ces lieds sont, d’ailleurs, rigoureusement contemporains de la création de Salomé.

Puis débute l’opéra et cet homme devient Narraboth qui sera terrassé par l’insoutenable tension érotique que va lui infliger la Princesse. La petite société va ainsi « jouer » Salomé (l’œuvre d’un compositeur qui fut suspecté, bien plus tard, de complaisance vis-à-vis des nazis) sur fond de troubles politiques à l’extérieur de l’école.

Quoique l’on puisse reprocher à Krzysztof Warlikowski – et, dans ce cas précis, un trop-plein de références qui nous perd il n’est pas homme à dénaturer les œuvres qu’il illustre. Aussi, l’action reste-t-elle scrupuleusement intacte.

En revanche, les images, en filigrane, introduisent du sens et nous entraînent dans l’Histoire derrière l’histoire. Ces êtres semblent s’amuser de la caricature que l’on fait d’eux lorsqu’un personnage grimé en Charlie Chaplin – le barbier juif du futur « Dictateur » ? – arrache, comme un voleur, les bijoux de celui qui chante les lieds. Elle vit avec l’antisémitisme ambiant. Mais, elle reste aux aguets, car des signes extérieurs indiquent que l’atmosphère s’alourdit et que la chasse aux juifs se prépare. La beauté est encore là, irréelle, lorsque, en arrière-plan, cartoonisée par Kamil Polak, la fresque de la synagogue en bois de Chodorow en Ukraine reprend vie. Celle-ci a été détruite lors de l’occupation allemande en 1941.

 

Parvenue à l’épilogue de l’opéra et confrontée aux prémices de l’anéantissement, la société fera le choix de basculer dans un suicide collectif.

Warlikowski nous peint déjà une histoire chargée. Mais si les références auparavant décrites n’étaient pas encore assez nombreuses, malgré la durée limitée de l’œuvre (1h45), il ajoute, au pourtant peu compréhensible puzzle dans lequel il nous a plongés, des clins d’œil cinématographiques (« Portier de nuit » de Liliana Cavani ou « Les 120 journées de Sodome » de Pasolini). Le propos en perd en lisibilité ; dénonciation de la monstruosité nazie ou dénonciation de la résurgence antisémite contemporaine notamment en Pologne, pays de Warlikowski, ou les deux ? On ne se risquera pas à trancher.

Largués à aucun moment pourtant, on ne décroche tant le spectacle en CinémaScope est à couper le souffle. Malgorzata Szczesniak, l’immense décoratrice de Warlikowski, s’est encore surpassée. La grande scène du théâtre bavarois est totalement occupée par cette bibliothèque, qui s’ouvre par moments, en son milieu, pour laisser place à une gigantesque piscine, lieu où Salomé descend lorsqu’elle est aux prises avec ses fantasmes et Jochanaan, notamment pour une danse des sept voiles, sensuelle et provocante, transformée en ballet de noces funèbres.

 

La direction d’acteurs, comme de coutume, est tirée au cordeau et, chez Warlikowski, elle se révèle toujours d’une froideur chirurgicale. Salomé est une œuvre violente où il n’y a guère de place pour l’émotion. Cette violence brute semble rejoindre celle de l’histoire du peuple juif et, malgré le trop-plein, la mise en parallèle se justifie. Il semble hardi de relier l’obsession mortifère de Salomé à celle des nazis, mais, pour le coup, ça ne manque pas de puissance.

L’Orchestre du Bayerische Staatsoper à son sommet et une Salomé historique

C’est peu dire que le chef, l’actuel directeur musical de l’Opéra de Francfort, Thomas Guggeis fait exploser Strauss et que le torrent musical, lorsqu’il parvient à le libérer, occupe tout l’espace et fusionne, dans sa splendeur, avec le décor de Szczesniak. Lors de la danse de Salomé, le chef nous submerge dans un torrent sonore dans la salle de l’opéra avec sa sublime acoustique.

 

Pour cette reprise, l’Opéra de Munich a mis les petits plats dans les grands en invitant Asmik Grigorian pour le rôle-titre. La soprano lituanienne y revient aujourd’hui après avoir marqué, on se le rappelle, sa présence dans le spectacle de Romeo Castellucci à Salzbourg en 2018. Entre temps, une carrière menée comme un tourbillon lui a permis des prises de rôles parfois surprenantes chez Puccini, Verdi, Wagner, Tchaïkovski, Bellini (et bientôt Bizet). Elle est absolument époustouflante en Salomé et s’affirme, sans conteste, désormais comme l’une des plus grandes titulaires du rôle – toutes périodes confondues serait-on tenté de dire.

Dramatiquement – et son physique aide bien – elle se moule parfaitement dans les visuels habituels de Krzysztof Warlikowski. Portant une simple robe rouge et des lunettes de soleil, une robe qu’elle troquera le temps de la danse (ou de noces) « avec la mort » (incarnée par Peter Jolesh) par une robe de mariée, elle incarne la princesse dans toute sa simplicité, une simplicité portée par un chant d’une facilité confondante dans sa puissance portée par un épilogue absolument suffoquant où, hallucinée, elle met le public à ses pieds.

Ce qui marque donc, outre une interprétation qui se moule dans l’univers proposé (jusqu’à une « danse » exécutée avec le plus parfait naturel), c’est un chant à la fois juvénile et impétueux qui tranche avec celui de ses parents ; c’est une voix large et ronde avec des aigus triomphants, mais clairs, et des graves naturels ; c’est, on l’a dit, une puissance capable de tenir tête à l’orchestre ; et c’est enfin une résistance physique hors du commun. Enfin, de cette performance inouïe, on peut que souligner les nombreuses variations employées sur le « Ich fordre den Kopf des Jochanaan » (« Je réclame la tête de Jochanaan »). En bref, si ce début de XXIe siècle doit connaître une Salomé, c’est celle-là !

Le reste de la distribution gravite sans faillir autour de cette resplendissante étoile

Par rapport à 2019 (également à Munich) Wolfgang Koch s’est à la fois amélioré en Jochanaan par son jeu et sa voix puissante malheureusement détériorée vocalement avec un vibrato terrible et un chant parfois en lambeaux. Cela ne l’empêche néanmoins pas de marquer l’opéra de sa présence.

Dans le rôle d’Herodias, Claudia Mahnke, dans ses habits de bourgeoise grossière malgré son fume-cigarette, trouve, sans problèmes les accents vulgaires qui caractérisent ce personnage au lourd passé prêt à vendre sa fille. En habitué du Mime du Ring de Wagner, Gerhard Siegel est lui, totalement à son aise avec les roucoulades gluantes qu’il adresse à Salomé puis avec les tentatives désespérées de chercher à s’extraire de la nasse dans laquelle il s’est fourré.

 

Joachim Bäckström est un Naraboth énergique, y compris pour ne pas plier devant la musique de Strauss et le torrent que dompte parfois Thomas Guggeis. Enfin, si l’on applaudit globalement le reste de la distribution, il faut accorder une mention spéciale à la beauté et la puissance des voix de Avery Amereau dans le rôle du page et de Paweł Horodyski en soldat.

Warlikowski avait déjà ébloui l’Opéra de Bavière avec sa superbe Femme sans ombre. Pour Salomé, il a conçu un travail brillant, oubliant juste parfois que l’opéra peut rester un plaisir primaire pour le public sans qu’il soit besoin d’une telle exploration encyclopédique. Avec Grigorian, sa production restera quoi qu’il en soit dans les annales de la maison. Rappelons enfin que la production était normalement en coproduction avec le Théâtre des Champs-Élysées, mais que les représentations ont été annulées pour cause de Covid.  Espérons, malgré tout, que les spectateurs français pourront un jour en profiter… Et qui sait ? avec la Salomé désormais légendaire d’Asmik Grigorian

Visuels : © G. Schied