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09.04.2026 → 10.04.2026

​Le Kabuki à la Maison de la Culture du Japon : L’art du drag bien avant l’heure

par Amélie Blaustein-Niddam
09.04.2026

​À la Maison de la culture du Japon, ce soir et demain (9 et 10 avril 2026), on peut découvrir Meet Kabuki – The art of « Onnagata ». C’est l’occasion idéale de rappeler à quelques réactionnaires que l’art du drag est bien plus ancien qu’ils ne le pensent.

« Je suis venu à toute vitesse vous présenter le kabuki », lance l’invité. Le spectacle, conçu pour tous, des spécialistes aux plus néophytes, s’articule en trois temps : une conférence performée pour décrypter les codes, suivie de deux extraits de pièces classiques, Fuji Musume (La jeune fille à la glycine) et Shakkyô (Le pont de pierre). Sur scène, la star du genre Nakamura Takanosuke est accompagnée de son assistant Kamimura Orinosuke, d’une traductrice et d’un joueur de tsuké.

Le chant, la danse et la technique : une grammaire de l’illusion

​La première partie du spectacle est une leçon de vocabulaire visuel. On y découvre le Mie, cette pose d’une puissance incroyable où l’acteur, un genou plié très bas et un bras levé, fige son visage en un regard guerrier intense.
​On apprend aussi à écouter le Tsuké, ce bruit percutant fait par des bâtons frappés au sol, ou à identifier le mouvement de tête qui trace la lettre « No ». Mais le cœur du sujet, c’est l’Onnagata : ces hommes qui interprètent les rôles de femmes.
​Ironie de l’histoire : à l’origine du Kabuki, au XVIIe siècle, c’est une femme, Izumo no Okuni, qui créa le genre. Mais devant son succès fulgurant, les femmes furent interdites de scène, laissant aux hommes le soin d’inventer une féminité artificielle.

« Ça a l’air douloureux, et ça l’est »

​Le clou du spectacle reste la transformation de Monsieur Takanosuke en direct. C’est un rituel d’une précision millimétrée. Il commence par dissimuler ses cheveux sous un bonnet, puis huile son visage pour faire tenir le maquillage blanc. Les tissus s’enroulent autour de la tête, les sourcils disparaissent, oui, exactement comme dans un drag show.

« Cette quête du maquillage parfait est une quête sans fin »

​Puis vient l’habillement, des couches de kimono à la perruque faite sur mesure par un tokoyama. On apprend que le costume de la jeune fille pèse 7 kilos. Se mouvoir avec grâce sous un tel poids est un art en soi : on laisse traîner les pans du kimono pour en révéler tous les détails, ce qui ajoute à la sensation de sensualité, notamment via le Tenugui (accessoire en tissu).

De la jeune fille au lion : 400 ans de raffinement

​La soirée se termine par la pratique. Dans Fuji Musume, Nakamura Takanosuke incarne l’esprit d’une glycine. Entre assurance et gêne, il manipule le tissu symbolisant une lettre d’amour. On assiste alors au moment le plus culte : le Hikinuku. En quelques secondes, grâce à son assistant, l’acteur change de costume sur scène dans un « reveal » époustouflant, passant à un kimono plus printanier, l’éventail orange à la main. ​Enfin, changement radical d’énergie : l’acteur délaisse l’onnagata pour le rôle masculin du lion dans Shakkyô, secouant fièrement sa crinière près d’un pont de pierre.

​C’est une partition héritée du XVIIIe siècle qui nous parvient aujourd’hui, affinée par 400 ans de transmission. Une preuve, s’il en fallait, que le travestissement est un pilier noble et ancestral de la culture mondiale.

​Spectacle : MEET KABUKI – The Art of « Onnagata » Europe Tour 2026, Maison de la culture du Japon à Paris: 9 et 10 avril 2026 à 19h

Visuel : ©Fumio Watanbe