14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans
Agenda
Scènes
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact
11.03.2026 → 19.07.2026

Le Béjart Ballet Lausanne en tournée : transmettre l’héritage du chorégraphe

par Marilou Cognée
16.03.2026

Débutant sa tournée à la Seine Musicale, l’ancien danseur et nouveau directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne (BBL) Julien Favreau présente un spectacle comme un condensé de l’œuvre complète du chorégraphe Maurice Béjart. Reprenant deux de ses plus grands succès, L’Oiseau de Feu et Boléro, le directeur artistique a également choisi d’y intégrer un mélange d’extraits issus de ses différents ballets sous le nom Béjart et nous.

Maurice Béjart, un tournant majeur pour le monde de la danse

 

Maurice Béjart est l’un des plus grands chorégraphes du siècle précédent. Avec la création du Ballet du XXe siècle à Bruxelles en 1960, il s’inscrit dans la lignée des chorégraphes néo-classiques et de la danse moderne.

 

En conservant les mêmes exigences physiques et techniques que dans les ballets classiques traditionnels, Maurice Béjart y intègre des gestes nouveaux, mouvements au sol et sorties d’axes, qui inspireront plus tard les chorégraphes de la danse contemporaine.

 

Parmi ses plus grandes œuvres, on retrouve Symphonie pour un homme seul (1955),  Le Sacre du Printemps (1959), Boléro (1960), et L’Oiseau de Feu (1970).

 

Avec le BBL, Julien Favreau crée une sorte de rétrospective chorégraphique pour donner un aperçu complet de l’œuvre de l’artiste.

 

 

Béjart et nous

 

Le ballet s’ouvre avec Béjart et nous, un agencement de divers extraits des ballets de Maurice Béjart mis bout à bout. Alternant solos, pas de deux et ensembles recomposés, la pièce donne un aperçu fidèle du parcours éclectique du chorégraphe.

 

On y retrouve des extraits du Concerto en Ré pour violon (1982) sur la musique d’Igor Stravinsky ; de Mozart Tango (1990), avec les ensembles et le magnifique pas de deux masculin dansé sur le tango «La Cumparsita» ; un ensemble extrait du Sacre du Printemps ; un solo, des pas de deux et un ensemble de Wien, Wien, nur du Allein (1982) dansés sur diverses musiques des grands compositeurs viennois ; un ensemble tiré de la Messe pour le temps présent (1967) sur la musique électro-acoustique révolutionnaire «Psyché-rock» de Pierre Henry ; et enfin, un extrait de Brel et Barbara (2001), deux grands amis de Maurice Béjart avec un pas de deux et le très beau solo de la danseuse Elisabet Ros sur «Ne me quitte pas» de Jacques Brel.

 

 

L’Oiseau de Feu

 

Déployé sur la «Suite de 1945» d’Igor Stravinsky, à l’origine composée pour les Ballets russes entre 1909 et 1910, L’Oiseau de Feu de Maurice Béjart signe une révolution esthétique dans le monde de la danse.

 

Si le costume rouge vif de l’Oiseau, lui-même entouré par des fidèles en bleu de travail, semble une référence évidente au communisme, le chorégraphe ne l’a jamais mentionné explicitement. Il n’en reste pas moins que la pièce reste très novatrice : en se détachant du conte traditionnel, Maurice Béjart signe une œuvre abstraite et plus épurée que les versions russes, laissant plus de place à la musique.

 

D’une grâce presque mécanique, leurs corps tendus comme des cordes d’arc, les danseurs.euses du BBL reprennent l’œuvre de Béjart en lui restant en tout point fidèles. Les costumes restent les mêmes, seulement un peu réactualisés concernant les bleus de travail.

 

Les sauts fulgurants et triples pirouettes du danseur principal Hideo Kishimoto sont impressionnants, et semblent par ailleurs directement inspirés par les plumes de la chouette, tant ses chutes sont silencieuses. L’art de voler n’a d’égal que celui de savoir retomber sur ses pieds.

 

 

Boléro

 

Oeuvre majeure du répertoire de Maurice Béjart, il était impossible pour Julien Favreau de passer à côté du Boléro.

 

Connu pour avoir été filmé dans Les Uns et les Autres de Claude Lelouch, avec comme danseur principal Jorge Donn, le Boléro de Béjart s’apparente à une transe collective. Tandis qu’un où une danseur.euse se situe au centre d’une grande table, des danseurs (exclusivement masculins) disposés en cercle avec des chaises, référence directe au flamenco, viennent peu à peu s’ajouter à la danse, et ce jusqu’à l’apothéose de la musique de Ravel.

 

Sur cette musique entêtante, la danseuse soliste Mari Ohashi au centre de la table à su déployer avec panache l’énergie et l’endurance nécessaires pour interpréter ce monument de la danse.

 

 

Transmission fidèle ou piétinements ?

 

Comme promis, Julien Favreau a su rester fidèle à son maître chorégraphe, tout en donnant un aperçu quasi complet de son œuvre scénique.

 

Les amateur.ices de Maurice Béjart n’y trouveront donc rien à y redire. Cependant, on pourrait déplorer le manque d’innovation de la part du directeur artistique, qui, sous couvert de conservation, risque fort de maintenir les chorégraphies dans un passé coupé des réalités artistiques actuelles.

 

 

Tournée du spectacle en France du 11 mars au 19 juillet 2026 :

 

  • Seine Musicale – PARIS – 11 au 15 mars
  • Zénith – STRASBOURG – 19 mars
  • Arena – REIMS – 21 mars
  • Arkéa Arena – BORDEAUX – 26 mars
  • Zénith – NANTES – 28 au 29 mars
  • Zénith – TOULOUSE – 2 avril
  • Palais Nikaïa – NICE – 4 avril
  • Arènes – NÎMES – 10 juillet
  • Théâtre Antique – VIENNE – 19 juillet

 

VISUEL PRINCIPAL : © BBL – image libre de droits