07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est 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02.02.2026 → 08.02.2026

La Caverne au CDN d’Orléans : un festival d’arts vivants engagé

par Agnès Lemoine
11.02.2026

Lors de la première édition de la Caverne qui s’est tenue du 2 au 8 février 2026, le Centre Dramatique National d’Orléans s’est transformé en espace immersif de découverte et d’expérimentation. L’occasion de donner corps et vie à de nouvelles écritures, créations théâtrales, plastiques et audiovisuelles.

Une première édition très prometteuse

Du 2 au 8 février, le CDN d’Orléans sous la direction d’Emilie Rousset accueillait la première édition de la Caverne. Au programme, les spectacles de Marcus Lindeen, Vanasay Khamphommala, Lina Majdalanie et Rabih Mroué, Adèle Haenel & Caro Geryl (DameChevaliers), Emma Bigé, Hélène Giannecchini & Marcela Santander Corvalán… l’occasion de laisser place à la rencontre entre publics et artistes. C’est durant ces quelques jours, que le festival a laissé libre cours à une scène engagée, interactive, queer et qui défie les normes conventionnelles du sixième art. Entre les pièces, le spectateur peut déambuler autour de créations visuelles et de rencontres :  la séance d’écoute de l’expérience radiophonique Mettre au monde co-réalisée par Emilie Rousset, Alexandre Plank et Elsa Michaud, les films Dear dancer et Dear director de Marcus Lindeen, l’installation Traverse de Patricia Allio, le fameux Voyage de documentation de Madame Anita Conti réalisé par Louise Hémon,… La liste est longue, mais c’est sans oublier l’Antre : on s’étonne d’y découvrir un immense espace, inspiré de la bibliothèque Joanina à Coimbra, réalisé par l’artiste Nadia Lauro. Lieu presque hypnotique du festival, les visiteurs ont pu  s’y reposer voire même participer à La Veillée de l’Antre, conçue par Madeleine Planeix-Crocker, Clara Schulmann et Emilie Rousset.

 

 

ສຽງຂອງຍ່າ (La voix de ma grand-mère), quand Vanasay Khamphommala convoque la culture lao

Parmi cette riche programmation, deux spectacles ont marqué l’équipe de Cult.news. En premier , il y a ສຽງຂອງຍ່າ (La voix de ma grand-mère) de Vanasay Khamphommala, un hommage poignant à la culture lao et à cette grand-mère que l’artiste n’a pas connue. Le spectateur se déchausse et rejoint l’espace intime de la pièce. Vanasay se déplace, lui parle; le spectateur écoute, devient complice… Puis, ce sont les souvenirs qui remontent, la douleur de l’exil, la frustration de ne pas connaître la langue des ancêtres. Le spectateur a les yeux rivés vers le centre de la scène, jusqu’à être totalement immergé par la narration de la comédienne et du comédien, narration bercée par la création sonore de Robin Meier Wiratunga.

C’est une oeuvre intime qui réhabilite la légitimité à se souvenir, à revendiquer sa culture, une pièce d’une tendresse folle, d’un père et d’une fille qui invoquent les fantômes, et même les chants lao, qui contrairement aux chants français n’ont pas pu laisser autant de traces. Mais, la pièce le montre bien et le revendique : ce qui est plus difficilement transmissible demeure, et doit être tout autant reconnu comme héritage et pratique culturelle. Vanasay Khamphommala nous enveloppe (et c’est le cas de le dire) dans un tissu de récits fragmentaires, et l’espace scénique se transforme en lieu d’invocation, sans quatrième mur : elle nous invite à redéfinir nos croyances, et porte haut et fort la mémoire de sa grand-mère pour la sortir de l’effacement.

 

« L’hétérosexualité, c’est comme un nugget », ce que Monique Wittig nous dit 

Voir Claire avec Monique Wittig, c’est (enfin) s’attarder sur La Pensée Straight et sur ces phrases choc qu’on garde en tête sans trop comprendre pourquoi. « Les lesbiennes ne sont pas des femmes », et puis aussi « le genre précède le sexe »… Les paroles de ces figures, Monique Wittig, Audre Lorde… se déploient; le texte navigue entre leurs fragments d’œuvres et récits politiques intimes. Ici, le théâtre n’est pas jeu d’apparences mais porte des voix faisant résonner en chacun une colère sourde, et une forme plus ou moins abstraite de vérité. Les effets sonores rythment la performance; on invoque Wittig, on entend des chouettes, on savoure le travail de la musicienne Caro Geryl qui élabore une atmosphère singulière autour du feu de camp.

« L’émotion qu’on cherche dans ce spectacle, c’est à la fois la puissance haletante des histoires qu’on raconte autour du feu, sur le modèle du conte, et l’émotion de comprendre que ce qu’on est en train de comprendre peut changer notre vie. »

Adèle Haenel

Le spectateur se retrouve au beau milieu d’une réunion secrète dans la forêt, avec Caro Geryl et Adèle Haenel. Sur scène, un brasier ; seulement de quoi percevoir les comédiennes. Alors on tente de comprendre ce qui fait de la société qu’elle est malade, malade d’hétérosexualité normative, de binarité, et surtout malade de ce qui n’était que construction a été naturalisée.

Ça fait du bien, ça émeut, de voir au théâtre ce qui est souvent dit à demi-mots entre amis ou dans des cercles privés. C’est aussi un bon moyen de comprendre cette (pas si) étrange comparaison de l’hétérosexualité à un nugget. Voir clair avec Monique Wittig transforme le théâtre en espace d’échange et de réflexions, et les artistes créent un tiers-lieu ou trans pédés gouines s’y reconnaissent silencieusement, en écoutant Adèle parler dans la pénombre.

 

 

Si les propositions artistiques font preuve d’une grande diversité par leur mise en scène et les voix qui portent ces dernières, le festival s’impose comme un lieu d’expérimentation unique et prometteur pour les arts vivants. Cette première édition de La Caverne est une manière de montrer aux publics que le théâtre peut et doit être engagé. Tout est politique, et c’est en cela que le spectacle vivant  et la création prennent du sens.