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« Joyaux lourdement sous-estimés » de Bast Hippocrate : une étreinte sous influence

par Camille Zingraff
16.03.2026

Au festival des Printemps de Sévelin, Joyaux lourdement sous-estimés de Bast Hippocrate, interroge l’étreinte d’un couple gay sous drogue comme pratique politique et intime. Hypnotiques, sublimés et violents, les effets de la drogue, plus particulièrement des chemsex,  sont mis en lumière et en révèlent les tensions.

Un duo en apesanteur

Dans une salle enfumée aux lumières tamisées – une ambiance de fin de soirée – les spectateur.ices entrent et s’installent de part et d’autre du plateau où trône une petite plateforme circulaire. Celle-ci tourne sur elle-même et supporte le poids d’un couple gay. Si le support ne cesse de pivoter, l’étreinte, elle, est presque immobile.

 

Rien ne semble pouvoir percer la bulle du couple, rien ne semble exister en dehors de leur présence mutuelle. Presque imperceptibles, les mouvements de cette étreinte chorégraphiée, hypnotisent par la douceur et la tension de ces membres qui s’étreignent, fusionnent et se cherchent.

 

Une tension sensuelle et charnelle émerge subrepticement. Les mains serrent les cous, les bras, parfois les visages. Des dynamiques de domination sculptent l’espace et la relation, de manière subtile et troublante. 

 

 

Matérialisation de l’intimité 

Et la bulle intime et symbolique se matérialise sous nos yeux. La danse lascive est rejointe par un faisceau lumineux projeté au sol. Suivant le rythme des deux hommes, cette lumière tourne lentement autour de la plateforme, accentuant visuellement cette sphère intime que le collectif observe.

 

Le faisceau se transforme peu à peu en un cercle qui étreint symboliquement le couple tout en le sublimant. Les jeux de corps et de bras percent cet éclairage s’apparentant à une lumière de podium, sans pour autant la considérer. 

 

Et lorsque l’un deux s’accroupit pour fumer une pipe,  littéralement et métaphoriquement, les volutes de fumée se mêlent au faisceau lumineux, matérialisant la tension et l’intimité de cet espace partagé.

 

Puis un pied se pose lentement au sol, puis un autre. Tout d’un coup, les corps investissent le plateau autrement, dynamiquement. Puis s’entrechoquent. La sensualité est remplacée par des actes sexuels mimés, dont la violence au sol interpelle. 

 

 

Relations sexuelles, chemsex et consentement

Rapidement, les effets d’une drogue, des chem sex,  se font ressentir. Si l’on pouvait se questionner plus tôt, les rapports charnels le confirment. La redescente fait convulser les corps, entre panique et extase. Les regards sont perdus. Les corps des danseurs tombent,  dans des chutes maîtrisées par le bras tendu de l’autre,  et heurtent à répétition le sol, pour recommencer, encore et encore.

 

Si l’acte sexuel semble exempt de douceur, l’acte artistique ne l’est pas pour autant. Des œillades entendues sont échangées entre les deux danseurs, avant que l’un ne tombe, maintenu par l’autre.

 

Dans un dernier échange de regards, doux et souriant, le couple se sépare, l’un remet sa veste pour partir, sous la lumière blafarde d’une salle qui rallume ses plafonniers pour que les derniers fêtard.es partent.

 

 

 

Ainsi, dans et par une lenteur liminale, le duo d’amants a entrainé le public avec lui, offrant un aperçu des sensations et des risques de ces drogues, beaucoup utilisées dans les soirées et relations sexuelles queer. Malgré une attention certaine aux risques, Joyaux lourdement sous estimés flirte avec une esthétisation qui rend floues les interrogations et dangers du consentement et des violences sexuelles dans des soirées où la drogue peut être banalisée et où il devient difficile de savoir qui consomme quoi, et comment.

 

visuel : ©Giorgia Filipponi

Instagram de Bast Hippocrate : ici.