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Francfort : Un « Werther » un peu décevant malgré Charlotte !

par Helene Adam
07.04.2026

Dans une mise en scène désormais ancienne mais discutable de Willy Decker, John Osborn reprenait le rôle de Werther, déjà interprété ici même il y a douze ans. Le ténor n’a jamais paru totalement à l’aise dans son incarnation tandis qu’à ses côtés Bianca Andrew réussit une Charlotte de très grande classe !

Willy Decker, presque un vétéran !

La mise en scène de Willy Decker pour cette reprise de Werther à l’opéra de Francfort est de celles qui ont déjà passé suffisamment d’années pour qu’on la considère comme un classique du genre, malgré ses évidentes insuffisances voire ses partis pris problématiques.

Créée en 1996 à Amsterdam, elle a depuis fait le tour de nombreuses scènes internationales, dont Francfort où elle est arrivée en 2005. Elle a donc connu toutes sortes d’interprètes à travers les âges, rares étant les ténors qui n’ont pas mis Werther à leur répertoire.

Comme toujours, ces reprises soignées font l’objet d’un nouveau travail spécifique de scénographie : il a été assuré par Alan Barnes pour cette série de représentations. Decker aime les scènes aux décors stylisés et symboliques appuyant sa lecture personnelle de l’œuvre, et son Werther ne fait pas exception : dès l’ouverture instrumentale, on le trouve allongé les bras en croix sur un pan incliné d’un jaune de champs de blé digne d’une peinture de Van Gogh (la lumière, la folie), à l’arrière de la scène tandis que le premier plan, plus sombre, figure une pièce d’intérieur, papier peint bleu, chaises, portrait d’une femme au mur, la mère trop tôt disparue de la famille de Charlotte, celle qui veille sur eux et lui a arraché la promesse dont elle ne pourra se défaire, d’épouser Albert.

Ce décor unique n’évolue que grâce au mur coulissant qui sépare ce que l’on peut considérer comme l’enfermement moral de Charlotte, d’Albert, et de Werther, le premier plan, et ce qui représente la nature, les saisons, les tentations impossibles, ce bout de territoire qui se couvre de neige après le suicide de Werther.

Un parti pris discutable

Au fil des ans, la mise en scène a été saluée pour son originalité, mais elle choisit des lignes conductrices parfois problématiques. Les personnages passent leur temps à s’éviter, leurs tentations sont impitoyablement réfrénées, ils ne parviennent jamais à s’étreindre vraiment, se jettent souvent contre les murs ou sur le sol et ne semblent jamais heureux.

Ce parti pris affaiblit notablement l’expression de la passion hors norme qui secoue Werther au plus profond de lui-même et en fait un personnage d’abord exalté et positif avant d’être suicidaire et désespéré, la scène-clé étant celle où il chante le plus beau de ses airs, le célèbre et magnifique « Lorsque l’enfant revient d’un voyage », alors qu’il joue avec l’idée de la mort.

Decker donne de surcroît un rôle de mauvais génies au couple des amis du Bailli, Schmidt et Johann, qu’on revoit régulièrement puisqu’ils figurent même le messager portant à Albert la lettre de Werther.

Mais, surtout Decker, jouant de l’aspect irréaliste et onirique de sa mise en scène, impose la présence d’Albert lors de la scène finale censée se concentrer (enfin) sur les véritables sentiments de Charlotte pour Werther, pour offrir une dernière image à la limite du grand guignol où Albert poignarde Charlotte.

Malgré un esthétisme incontestable des décors et des accessoires (y compris ce petit village-jouet en bois bleu construit par les enfants qui devient vrai village lors de la célébration de l’anniversaire du Pasteur), les mouvements souvent désordonnés imposés aux chanteurs, cassent parfois l’émotion.

Les costumes de Wolfgang Gussmann qui placent le récit plutôt au moment de la composition de Werther par Jules Massenet (1892) qu’à l’époque du Werther de Goethe (fin du dix-huitième siècle), sont élégants, le jaune dominant pour Werther, le bleu pour Charlotte, en harmonie avec les couleurs du décor et les lumières de Joachim Klein valorisent l’ensemble de ces choix esthétiques.

Une distribution contrastée

John Osborn, grand triomphateur en Eléazar dans la Juive (Halevy), récemment sur cette scène de Francfort (représentation qui donne lieu à un DVD sorti ces jours-ci chez Naxos), où il nous avait éblouis par sa virtuosité et son admirable diction, reprend le rôle de Werther qu’il avait déjà chanté ici même en 2014.

Entre deux Werther, il a également assuré, avec un immense succès, deux représentations en version-concert du Prophète de Meyerbeer dans le rôle difficile de Jean De Leyde, l’une à Genève l’autre à Paris.

Il est probable qu’il n’était pas hier soir au mieux de sa forme, dans un rôle qui ne valorise pas spécifiquement ses talents de bel cantiste.

Il nous est en effet apparu, très précautionneux, hésitant à enfler suffisamment le volume pour passer les montées d’orchestre qui soulignent les affres du jeune poète, avec un timbre un peu métallique et parfois pauvre en harmoniques. De ce fait, sa caractérisation du personnage n’est pas toujours très bien maîtrisée, même s’il garde ses habituelles qualités d’acteur et sa belle maîtrise de la prosodie française.

Outre un « Rêve, extase ! » un peu bousculé, son « un autre est son époux » n’atteint pas la dimension tragique nécessaire à émouvoir le public et son « lorsque l’enfant parait » reste également un peu en deçà de l’aisance qu’on lui connait habituellement.

Il se rattrape en deuxième partie sans pour autant totalement convaincre. Même s’il est évidemment chaleureusement applaudi aux saluts, il ne suscite guère d’enthousiasme après ses différents airs de bravoure. Et c’est sans doute son « Là-bas, au fond du cimetière » final, qui emporte davantage la conviction, même s’il se trouve peu servi par la mise en scène pour ce dernier instant.

Les autres rôles sont tenus très brillamment par des membres de l’excellent « Ensemble » de Francfort. À l’inverse de son Werther, la Charlotte de Bianca Andrew est incandescente et brûle les planches, passant d’un sentiment à l’autre avec un naturel confondant et livrant un air des lettres bouleversant de contrastes, d’hésitations, de passions assumées puis regrettées, autant de facettes d’un chant très bien maitrisé qui se pare de mille couleurs à chaque mesure. Et l’on est tenté de s’écrier avec Werther « qui ne vous aimerait ? ».

Sa petite sœur de scène, la Sophie de Karolina Bengtsson est délicieuse et mutine à souhait, dotée de beaux aigus qui savent garder leur beauté et leur couleur juvénile de circonstance en même temps. Elle a la légèreté de l’insouciance mais aussi les sursauts de gravité des réalités qu’elle commence à comprendre et qui la rendent si soudainement triste…

Albert est le baryton Sebastian Geyer, timbre sombre et autoritaire, haute taille et port un peu rigide du bourgeois de province peu intéressé par les états d’âme d’un poète qu’il méprise visiblement. Sans les excès de la mise en scène, la sobriété naturelle du chanteur nous aurait parue particulièrement appropriée.

Le bailli est incarné avec justesse par le baryton Franz Mayer, membre de l’Ensemble depuis 1977, Kammersinger depuis 1993, toujours en forme pour ce rôle qu’il incarne à merveille.

Malgré leur valorisation par la mise en scène, les personnages de Johann (Pete Thanapat) et Schmidt (Jihun Hong), fort bien interprétés, ne sont pas décisifs dans la genèse de l’œuvre.

Sous la direction de Felix Bender, l’orchestre manque un peu des subtilités propres à Massenet pour se rapprocher un peu trop d’un son que l’on qualifiera de vériste, par une emphase trop importante et d’une tendance préjudiciable à accélérer les tempi lors de tous les grands airs des chanteurs comme pour en souligner l’importance.

Et l’on se doit de féliciter les chœurs d’enfants de l’Opéra de Francfort, préparés par Álvaro Corral Matute, pour leur très belle prestation.

Information et réservations

Werther

Visuels : ©Barbara Aumüller