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« Whip Solo », Le claquement du désir de Georges Labbat

par Amélie Blaustein-Niddam
13.03.2026

Toujours en ouverture des Inaccoutumés, Georges Labbat reprend son spectacle Whip, désormais en version solo. Une plongée très hypnotique, portée par la lumière de Rémy Bras, dans une violence maîtrisée.

Après le sublime solo Motor Unit de Sati Veyrunes, l’atmosphère change brusquement de température. Un autre corps masculin, cette fois, s’avance : celui de Georges Labbat. Le titre annonce déjà le geste : Whip. Le fouet. Un mot sec, qui claque avant même que l’objet n’apparaisse.

Pour accéder à la pièce, il faut monter dans les étages de la Ménagerie. Une antichambre nous accueille, baignée d’une lumière froide, presque glaciaire. En plein centre, il y a un bloc lumineux aux allures de glacier. De là, on accède à la salle, dont les gradins ont été dispersés en petits archipels, laissant le centre entièrement libre. Celui-ci ressemble à une piste, ou peut-être à une arène.

Il arrive à reculons, lentement, un pied derrière l’autre, capuche sur la tête. Pour le moment, le fouet explicitement annoncé par le titre n’est pas encore visible. Il traverse l’antichambre pour rejoindre le lieu de la représentation proprement dite. Là, il se dévoile : un académique en résille dessine le corps avec une sensualité troublante.

Peu à peu, l’objet apparaît. Le fond et la forme se mêlent. Il s’agit d’un fouet long et blanc, comme ceux utilisés autrefois pour dompter les animaux. Disons qu’il en impose. Il dicte même sa loi au corps. L’épaule doit rester haute, mobile, tendue dans une contrainte continue. Une position qu’il ne peut tenir longtemps sans douleur. Le geste se met en place, précis, obstiné. Le fouet décrit ses cercles, mais il reste étonnamment silencieux. Serait-il sage ?

Alors quelque chose bascule. Le regard se laisse prendre dans un mouvement presque hypnotique. Car la question surgit très vite : qui possède qui ? Est-ce l’homme qui manie le fouet, ou le fouet qui gouverne le corps de l’homme ? Est-il l’esclave de cet objet ou son maître ?

Le fouet s’enroule parfois autour de son torse, frôle la peau, trace dans l’air des trajectoires qui semblent chercher la marque, la preuve, une possible cicatrice si les choses tournaient mal. Mais tout se joue à quelques millimètres du drame. Labbat manipule cette longue extension de lui-même avec une précision telle que chaque claquement dans l’air sonne comme s’il frappait le sol. Vous apprendrez qu’il s’agit d’une presque illusion auditive : ce bruit n’est autre qu’un mini bang supersonique.

 

C’est fascinant.

On observe aussi le visage du danseur, traversé par des états contraires : une intensité presque violente, puis soudain une innocence désarmante, comme si l’enjeu oscillait sans cesse entre domination et abandon. Cela est renforcé par la situation. Avant, Whip était un trio composé de Synne Elve Enoksen, Letizia Galloni (en alternance avec Zoé Lakhnati) et lui, Georges Labbat. Là, l’énergie est ultra-resserrée, tous nos yeux convergent vers lui.

Avec Whip, Georges Labbat articule de façon presque magique la tension entre maîtrise et désir, entre menace et beauté. Porté par la lumière de Rémy Bras, qu’il s’amuse à ponctuer de véritables noirs, le danseur est plus envoûtant, plus étrange que jamais.

Présenté en regard du solo de Sati Veyrunes, ce diptyque inaugure avec talent cette édition du festival des Inaccoutumés de la Ménagerie de Verre, toujours aussi radical.

Jusqu’au 14 mars 2026 – Ménagerie de verre, Paris

Informations et réservations

Visuel : ©David Le Borgne