Attention, alerte nom à suivre en urgence : Inka Romaní. Son puissant solo Volvamos al baile a déjà été repéré par Aerowaves, et faisait l’ouverture hier soir du festival de danse de La Briqueterie-CDCN, Les Excentriques.
On découvre la danseuse et chorégraphe seule sur scène, dans un coin au fond de la salle. Elle est lookée comme dans un défilé Balenciaga : lunettes noires de raveuse, jupe plissée noire sous une autre, longue et colorée, bomber en dentelle et baskets. Elle va commencer sa traversée, celle du plateau pour commencer, avant de retracer, par ses pas qui croisent les jambes et soulèvent les pieds avant de tourbillonner, toute l’histoire de la censure des corps féminins sous le franquisme. Son premier geste, autre que la marche, est un alignement des hanches en opposition avec le reste du corps. La résistance est partout, mais cela, on ne le comprend que plus tard dans cette pièce qui, pour le moment, est donc un solo de seulement 30 minutes très efficaces.
En fond de scène se trouve un écran sur lequel nous lisons la conférence que la danseuse proclame sans parler : « C’est l’histoire d’une danse ». Oui, et non : c’est en réalité l’histoire de beaucoup de danses. Le fandango, qu’elle ne montre pas, qui a été interdit sous la dictature, il s’agit d’une danse de couple basque, plutôt sexy. Ce qu’elle danse, ce sont les chorégraphies des camps de redressement de femmes ; ce qu’elle danse, c’est la réparation et la réappropriation légitime d’une chorégraphie au service du pire pour en faire un geste lumineux.
Les excentriques, jusqu’au 9 octobre à la Briqueterie. Metro Porte de Choisy et T9 arrêt Briqueterie
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Visuel :©Fran Garofalo