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« Sottobosco », l’entremonde de Chiara Bersani ouvre le festival Everybody

par Amélie Blaustein-Niddam
19.02.2026

Pendant 5 jours, Le Carreau du Temple montre tous les corps dans toutes leurs formes : danse, théâtre, performances, et toutes les pratiques, de la plus amateure à la plus professionnelle. En ouverture de cette édition, Sandrina Martins pose un geste fort en programmant la dernière création de la chorégraphe et danseuse italienne, un projet qui subjugue par sa beauté et sa pertinence.

« C’étaient des cœurs incontrôlables »

Nous sommes séduit·e·s dès l’entrée en salle. Nous découvrons la scène encore vide d’interprètes, totalement recouverte de formes ressemblant à des chamallows blancs et roses solides. On se dit immédiatement que cet étrange parterre va avoir un impact fort sur les mouvements, contraints avant d’exister. Puis une lumière rasante vient la découvrir, elle, au bord du plateau. Elle est handicapée, elle est en fauteuil, elle est petite. Elle souffre d’une forme modérée d’ostéogenèse imparfaite et elle mesure 98 cm. Sa présence, comme Raymund Hoghe en son temps ou Mickael Turinsky aujourd’hui, est un corps politique. On la regarde et on attend de voir ce qu’elle veut faire. Et voilà qu’elle se lève, puis s’étend sur ce sol empêché, elle y glisse doucement, prise désormais dans les nappes microsonores de Lemmo, en live. On aurait pu la regarder comme ça, évoluer envers et malgré tout, dans cette lumière plastique et ce son métalliquement doux, mais cela aurait été trop facile.

« Ainsi, tout a recommencé »

Sottobosco est d’abord une question de rencontre entre des êtres en errance. Nous verrons d’abord des pieds avancer, sans leur corps, caché, puis Elena Sgarbossa se montre dans toute son existence. Les costumes sont des robes grises de paysanne hors du temps ; ces deux-là semblent en dehors du monde, elles évoluent sans même, pour le moment, savoir qu’une autre est là, partageant le même espace. La danse est fractionnée, elle est presque statique, faisant descendre le dos, le courbant, le tordant jusqu’aux genoux qui flanchent, jusqu’au sol, jusqu’à ce que ces deux-là deviennent des jumelles que seuls quelques centimètres différencient.

« Mon corps est une fête »

Le pas de deux jaillit, sublime, dans une lenteur maîtrisée et hypnotique. Elles s’entremêlent, se touchent, leurs mains se croisent et se touchent. La rencontre a lieu et semble mystique. Chiara Bersani arrive à faire frémir les muscles. Il y a une tendresse infinie dans la proposition, qui ira jusqu’à une étreinte et un porté avant de repartir explorer ce sous-bois électronique. Même quand les corps sont séparés physiquement, ils semblent liés. Toutes les deux, la plupart du temps, communiquent par un bras qui se tend vers l’autre, qui transporte, concrètement, un regard. Leur évolution est portée par des textes et des poèmes écrits par Chiara Bersani et Lemmo, qui ajoutent à cette étrange promenade une sensation de mystère.

La pièce est d’une beauté folle, dans une esthétique lumineuse. Chiara Bersani danse depuis une dizaine d’années ; au fur et à mesure de ses pièces, elle déconstruit les perceptions du handicap sans l’abolir, elle pointe, par la beauté, la violence de son monde : celui où se mouvoir est un enjeu au-delà du difficile.

À voir jeudi 19 février à 18h30.

Le festival Everybody se tient au Carreau du Temple jusqu’au 21 février.

Informations et réservations

Visuel :©Alice Brazzit