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Marie-Claude Pietragalla face à Barbara, un corps à corps habité

par Melodie Braka
18.01.2026
PIETRAGALLA BARBARA photo Pascal Elliott _Cult.news

À l’Olympia, Marie-Claude Pietragalla imagine un seule en scène ambitieux autour de Barbara, mêlant danse, théâtre et chant. Entre virtuosité chorégraphique, incarnation troublante et choix de répertoire exigeants, l’artiste livre une traversée intime, au plus près du corps et de l’œuvre de la Dame en noir.

La soirée s’ouvre par une première partie portée par le Théâtre du Corps, la compagnie fondée par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault. Quatre tableaux s’y succèdent, indépendants du spectacle Barbara, mais révélateurs de l’univers chorégraphique dans lequel s’inscrit la suite. Sur scène, une majorité d’hommes, une écriture très contemporaine, une danse qui mêle énergie urbaine, technique classique et engagement physique total.

 

Un premier tableau, presque mécanique, s’organise autour d’un solo au sol, comme une locomotive qui se met en marche. Le mouvement s’intensifie, se propage au groupe. Plus loin, l’Adagio en sol de Bach ouvre un autre espace. Une danseuse en costume évoquant une armure traverse le plateau, les matières volontairement sonores accompagnant chaque geste. Les pointes surgissent, affirmant la rencontre entre danse classique et écriture contemporaine.

 

Un troisième tableau place un homme en costume-cravate au centre d’une séquence acrobatique. Une voix enregistrée précède l’Adagio for Strings de Samuel Barber. Peu à peu, les autres danseurs rejoignent le plateau. Tous sont désormais en costume. La chorégraphie joue sur le passage du statique au mouvement, sur les portés, sur la répétition. La lumière, extrêmement précise, accompagne la danse et renforce une impression d’urgence, presque d’aliénation contemporaine. L’ensemble est d’une grande beauté plastique. Au salut, le public applaudit longuement les douze danseurs sur scène.

 

Le plateau se vide. Le spectacle Barbara commence dans une image resserrée. Marie-Claude Pietragalla est assise dans un rocking-chair, sous une lumière rouge, occupée à faire du crochet. Une bande-son s’élève :

 

« Le succès, ça n’existe pas. Il faut aller chercher les gens, il faut se battre, proprement, loyalement. »

 

La voix est celle de Barbara.

 

Pietragalla se lève et danse. Le corps prend le relais, avant même le chant. Très vite, le pari du spectacle apparaît. Rendre hommage à une icône absolue, tout en assumant une ressemblance physique troublante. Le risque est évident. Celui du mimétisme. Pietragalla choisit une autre voie. Elle utilise cette proximité dans les moments parlés, souvent drôles, parfois piquants, notamment dans des reconstitutions d’interviews ou de conférences de presse d’une justesse redoutable. L’humour fonctionne pleinement et constitue l’une des grandes réussites de la mise en scène.

 

Puis viennent les numéros dansés, qui forment le cœur battant du spectacle. Certains s’imposent immédiatement comme des moments majeurs. Sur L’Aigle noir, après l’évocation par la bande-son du drame vécu par Barbara enfant, Pietragalla déploie une chorégraphie longue, profonde, habitée, qui va jusqu’à l’effondrement. La danse dit ce que les mots ne peuvent plus porter.

 

Sur Le mal de vivre, la lumière jaune et la verticalité instable du corps installent une souffrance oppressante. À l’inverse, la séquence sur Marienbad, baignée d’une lumière bleutée et de nuages synthétiques, ouvre un espace plus suspendu. Plus tard, Il pleut sur Nantes donne lieu à un moment particulièrement bouleversant, où la danse vient littéralement donner corps aux mots et aux maux.

 

La virtuosité de Pietragalla en danse crée alors un point de comparaison difficile. Le niveau est si élevé, précision, élégance, intensité, intelligence du mouvement, que tout ce qui l’entoure paraît mécaniquement plus fragile. Ce n’est pas tant une question de chant que de contraste.

 

La différence est nette selon les dispositifs. Lorsque Pietragalla chante au piano, l’émotion circule avec force. Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous est l’un de ces moments où une vulnérabilité sincère affleure, sans démonstration. À l’inverse, les passages chantés sur bande son, Moi je me balance, Du bout des lèvres, touchent moins. La bande son rigidifie, isole, fige le vivant. Dans une salle comme l’Olympia, ce choix interroge, tant le lieu appelle la musique incarnée.

 

Le répertoire choisi dit beaucoup du projet. Si les grandes chansons de Barbara sont bien présentes, L’Aigle noir, Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, La Solitude, le reste est plus exigeant, parfois plus rare. Mon enfance, Marienbad, Vienne, Vivant Poème. Un choix qui évite délibérément la facilité du best of. Celui de quelqu’un qui aime Barbara profondément et qui, fidèle à toute sa trajectoire artistique, refuse les chemins les plus évidents.

 

La fin du spectacle est marquée par une émotion palpable. Pietragalla évoque son AVC et ses adieux à la scène. Le public se lève. La standing ovation dure de longues minutes. En rappel, elle revient au piano pour La Solitude, avant de conclure sur Vivant Poème, dédié à sa fille, qui la rejoint après le premier couplet et danse à son tour. Mère et fille restent ensemble sur scène, portées par l’ovation.

 

Avec Barbara, Marie-Claude Pietragalla signe un spectacle profondément personnel, traversé par le corps, la mémoire et le risque. Un geste exigeant, parfois fragile, mais habité de bout en bout, qui touche au plus juste dès lors qu’il revient à ce que Pietragalla maîtrise comme peu d’artistes : la danse, le silence et la présence.

 


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Visuels (c) Pascal Elliott