Ils sont 4 sur le plateau pour nous parler d’amour, 2 hommes 2 femmes, de quoi envisager tous les aléas que nos histoires traversent, car de l’amour Thomas Lebrun n’élude rien.
Du Boum de Charles Trenet qui fait exploser les cœurs au balcon de West Side Story, barrière infranchissable, figeant les amoureux entre devoir et passion, les émotions sont là. Le cœur immense et rouge qui figure sur le rideau en fils argentés placé au fond de la scène nous invite à nous laisser aller sur les chansons de la playlist de Radio Love. Bien calés sur nos sièges, nous nous enfonçons dans le cœur du problème…
Danser sur des chansons est un acte habituel, les textes repris en chœur, les mélodies chaloupées et les rythmes entrainants nous conduisent souvent à ne même plus y réfléchir, mais créer des danses sur des chansons est en soi un challenge. Mettant de côté l’aspect recherche et création en danse, habilement Thomas Lebrun égrène les textes et les mots pour nous parler de nous. Coup de cœur, détresse, rupture, amour non partagé, solitude, la gamme des émotions qui traversent le répertoire de la variété-notre bien commun-s’avère inépuisable. Dans ce spectacle qui s’adresse aux jeunes, rien n’est caché du sentiment amoureux, Théo Sarapo et Edith Piaf avec leur « À quoi ça sert l’amour » en sont un bel exemple. Les danseurs Sylvain Cassou, Elodie Cottet, Lucie Gemon, Paul Grassin jouent le jeu de cette fantaisie sensible qui nous dit quelque chose de la société. Épatants, ils virevoltent ou s’adoucissent, frayent avec le mime ou laissent jaillir le mouvement. L’enthousiasme de l’équipe donne de la pertinence au choix artistique du chorégraphe, populaire fait partie de son vocabulaire, ils le savent. Le slow de Richard Sanderson de La Boum est comme une évidence et venir raconter son premier baiser réussi ou raté également.
Parfois, c’est trop, mais les ados aiment, rient et apprécient le plaisir que leur procure le spectacle. Ils se sentent concernés par ce qui est évoqué sur le plateau et certaines chansons les touchent au cœur lorsqu’elles parlent du harcèlement scolaire par exemple. Radio Love une manière de les faire entrer dans la danse ?
La voix off de Nicolas Martel qui nous a éclairé dans ce parcours en chansons entre la France et les Etats unis disparait peu à peu. La vie continue, n’exigeons pas trop d’amour. L‘amour c’est comme un jour…
D’amour
14 au 16 mars 2025 à Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris 10 au 12 avril 2025 à La Ferme du Buisson, Noisiel
Chorégraphe : Thomas Lebrun
Musiques de Charles Trenet, Lucie Dolene, Edith Piaf, Theo Sarapo, West Side Story, Ane Brun, Sheila, Lionel Richie, Elli & Jacno, Lady Blackbird, RichardSanderson, Safia Nolin, Shy’m, Maëlle reprise par Seb Martel et Cindy Pooch, Zaho de Sagazan
Visuel : ©Frédéric Lovino