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« Le BAL MAGNÉTIQUE », la fête de village contemporaine de Massimo Fusco

par Amélie Blaustein-Niddam
14.03.2026

À l’occasion du Festival Pulse, rendez-vous dédié aux jeunes publics à l’Atelier de Paris / CDCN, Massimo Fusco nous convie à un véritable spectacle de danse contemporaine qui a l’allure, l’odeur et la chaleur d’une fête populaire, l’été, en Provence.

Ce dont je me souviens

Nous entrons dans la salle dont les gradins ont été avalés par les murs. Il reste des chaises posées en quadrifrontale. Au centre de l’espace, il y a un podium, avec en son milieu, comme aux quatre coins, d’immenses cocons comme ceux des chrysalides. À mi-hauteur trônent des guirlandes d’ampoules colorées.

Dans un coin, comme dans tout bal, il y a un orchestre. Ce rôle est campé en direct par la chanteuse et musicienne Hot Bodies, qui plus tard viendra même livrer son tube Deamons (écoutez si vous ne connaissez pas : sa voix, légèrement cassée, douce et pop-rock, agit comme un baume, qu’elle soit entendue sur une plateforme ou en live). Mais nous nous égarons, comme dans une vraie fête de vacances où le temps ne compte plus.

C’est de ces amoureux

Au commencement du mouvement, elles sont deux. Leurs gestes se cherchent, se frôlent, s’accordent. Puis une troisième arrive. Lentement, les mouvements installent une situation de bal : les bras se placent, les doigts guident et les corps s’approchent. On devine un cheminement vers un slow, qui sera rejoint par cette troisième danseuse. Elles deviennent interchangeables dans leur duo, ou bien assument le trio, comme si la chorégraphie testait toutes les combinaisons possibles d’une rencontre (amoureuse ?), au centre de la piste.

Plus tard, et sur ce même motif d’allusion, surgit un rock qui ne se réalise pas tout à fait, puis l’électro s’infiltre. Et c’est finalement elle qui donne le tempo de la fête.

À partir de là, la pièce glisse vers autre chose. Le BAL MAGNÉTIQUE est une fête de village écrite et construite. Les danseur·euses sont cinq : Garance Bréhaudat, Inés Hernández, Lola Serrano, Sung Chun et Massimo Fusco. Ensemble, elles et ils déploient une écriture claire, précise. Tous les codes de la danse contemporaine sont sollicités : les nuques entraînent les épaules, quelques vrilles se notent, tout comme une occupation de l’espace parfaitement découpée.

Avant même que le public ne soit sollicité, on observe des rondes, des farandoles, des mains levées. Autant de motifs qui traversent les cultures populaires. On pense aussi aux jambes qui se croisent et se décroisent dans D’après une histoire vraie de Christian Rizzo, auprès de qui Massimo Fusco danse encore aujourd’hui.

Qui ne regardaient rien autour d’eux

Mais ce qui fait la singularité de Bal Magnétique, c’est la manière dont le public entre dans la danse.

Souvent, les spectacles participatifs hésitent : faut-il faire participer totalement, ou seulement suggérer la participation ? Ici, la proposition est limpide. La danse, qui d’abord se regarde, avance vers une subtile invitation. La danse devient guidée, ponctuée de moments de liberté pure. Pourtant, il ne s’agit jamais simplement de « danser ensemble ». La pièce reste un spectacle, avec une construction précise, presque invisible.

Et c’est là que se produit quelque chose d’étonnant.

Massimo Fusco nous donne l’illusion d’avoir passé toute une soirée sur la place d’un village, quelque part dans le sud, au cœur d’un été qui, dans la lenteur d’août, semble éternel. La représentation se termine et nous nous retrouvons dispersé·es : certain·es assis·es au sol, d’autres debout, d’autres encore sur des chaises. On discute, on reste, comme s’il était quatre heures du matin, comme si la fête venait juste de finir et que personne n’avait envie de rentrer.

Tout cela est pourtant extrêmement orchestré. C’est précisément là que réside le magnétisme du bal. Car Bal Magnétique est d’une finesse rare, dans le fond comme dans la forme. Pensé pour des enfants dès sept ans dans le cadre du festival Pulse, le spectacle devient en réalité profondément intergénérationnel. On peut y participer pleinement, ou simplement le vivre depuis une chaise, ces mêmes chaises rebondissantes repérées au Maif Social Club, qui permettent de ressentir le mouvement même lorsque l’on est empêché·es.

Une pièce magnétique à laquelle il est impossible de résister.

 

À voir le 21 mars à 18 h au Théâtre de Corbeil-Essonnes, 27 mars à 20 h 30 et 28 mars à 19 h au Théâtre Louis Aragon, Tremblay et le 15 avril à la Briqueterie.

Le festival pulse, lui se tient jusqu’au 19 avril

Visuel : ®Smarin Royaumont