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« Dharma Punk », l’ego-histoire de Pierre Droulers aux Inaccoutumés

par Amélie Blaustein-Niddam
20.03.2026

L’un des enjeux majeurs des champs de la danse et de la performance est d’en garder la trace. Comment faire archive et patrimoine de ce qui est évanescent par nature, qui se joue dans le cadre d’une représentation ? L’une des icônes de la danse belge du XXᵉ et du début du XXIᵉ siècle, Pierre Droulers, a décidé de mettre en abyme ses spectacles pour en faire une conférence dansée dont on sort avec la sensation d’avoir tout vu et tout compris sur l’apport de ce chorégraphe aux danses obsessionnelles.

Archiver la danse

Pierre Droulers, donc. Il a été formé à l’école Mudra avant de collaborer avec des figures comme Bob Wilson et Jerzy Grotowski. Il a d’abord exploré l’improvisation collective avant que sa rencontre avec Anne Teresa De Keersmaeker ne l’oriente vers une recherche rigoureuse sur la structure chorégraphique. Son œuvre, profondément marquée par la littérature et les arts plastiques, se distingue par une attention constante à la matière, à l’architecture et au rapport du corps à l’espace urbain ou intérieur. On apprend également qu’il a déposé ses archives au CND en 2019 et que, pour le moment, aucun étudiant.e n’a attaqué de thèse sur ce chorégraphe majeur. On apprend également que la pièce que Christophe Susset a programmée dans le cadre du festival Les Inaccoutumés de la Ménagerie de Verre est une commande de Charleroi Danse. Cela est cohérent, car Pierre Droulers en a été le codirecteur artistique de 2004 à 2017 avant d’en devenir artiste associé.

Danser les sources

Pour ce spectacle, le public se retrouve dans le studio Wigman. Le public déborde des gradins ; il est volontairement installé jusqu’au premier tiers de l’espace redessiné par un plateau qui se termine en découpes régulières. Cela résume parfaitement l’œuvre de Droulers, faite de chaos organisé, extrêmement marquée par les stars de la scène belge de la fin du XXe siècle. On retrouve chez lui la rigueur (et même les traces à la craie !) d’Anne Teresa et les apocalypses de Vandekeybus. Le plateau est coupé dans son élan par un grand écran. On note aussi deux chaises et des projecteurs au sol. Pour le moment, Olivier Balzarini se tient bien droit, dos à nous, et Pierre n’est pas encore là. Une vidéo se lance : on voit un pas de deux merveilleux où un danseur et une danseuse s’imbriquent dans un jeu d’appui ; plus tard, le son nous apprend que les déplacements correspondent aux pièces d’un appartement, ce qui impose aux corps des directions claires.

Étendre les lignes

Pendant que les vidéos passent, le danseur, maintenant rejoint par Pierre Droulers, reproduit par réminiscence des éléments dansés dans l’archive projetée. On comprend une belle obsession pour des lignes pures et pour la manipulation d’objets. Par exemple, des palets ou des pierres, qui sont utilisés pour leur forme et leur musique. Mais l’agrès principal, si l’on peut le nommer ainsi, est le panneau : une grande planche, comme le dessus d’une table si vous voulez, qui devient, dans les mains des interprètes, un obstacle autant qu’un allié pour apporter de la géométrie à la géométrie. Les œuvres ne sont pas nommées, ce qui importe c’est de comprendre l’essence d’un geste qui s’est déployé pendant  plus de 40 ans.

La pièce vaut par elle-même ; on se fout complètement d’avoir vu ou non les œuvres de ce chorégraphe. On en sort savant.e, avec l’envie de se plonger dans le Fonds Pierre Droulers. 

Les Incaoutumés se déroulent jusqu’au 2 avril

Informations et réservations

Visuel :©Pierre Droulers