À l’occasion de la sortie de son nouvel album « Poèmes Pulvérisés », Léonie Pernet donnait une performance digne de son univers atypique, sur la scène de l’Olympia le 31 mars dernier, en livrant un concert à la fois physique et introspectif où la puissance des percussions se mêle à une scénographie hypnotique pour créer une expérience sensorielle totale.
Figure singulière de la scène musicale française, Léonie Pernet développe depuis plusieurs années un univers difficile à circonscrire, oscillant entre musique électronique, pop et composition plus cinématographique, dans une écriture qui déconstruit les formats traditionnels pour mieux en révéler les tensions et les potentialités.
Pour son premier Olympia elle a vu les choses en grand, elle arrive sur scène sous la forme d’une ombre charismatique sur une scénographie minimaliste, en apparence, mais d’une redoutable efficacité, une scène où elle va se balader, entre piano et percussions, et en invitant plusieurs guests pour l’accompagner, dont son petit frère.
Les lumières marquent particulièrement ce spectacle, découpant les corps, enveloppant la scène, créant des zones d’ombre et de surgissement, jusqu’à produire un effet véritablement hypnotique, comme si le concert se jouait autant dans ce que l’on voit que dans ce que l’on perçoit.
Au centre, Léonie Pernet, debout derrière sa batterie, impose une présence à la fois sobre et magnétique, et fait de la percussion non pas un simple accompagnement, mais un véritable langage structurant l’ensemble du concert.
Les frappes résonnent profondément, physiquement, jusque dans la poitrine du public, installant une vibration continue qui traverse la salle et relie les spectateurs dans une même expérience sensible. Elle reprend son titre phare de Butterfly, ou encore « Auatti ». Mais c’est surtout la venue de Clara Ysé que le public attend avec impatience, et elle arrivera assez vite pour interpréter leur morceau commun : Réparer le monde.

Dans cet environnement sonore et visuel particulièrement travaillé, la voix de Léonie Pernet apparaît comme un fil, fragile mais constant, qui vient relier les différentes strates du concert. Au fil du concert, la frontière entre performance musicale et expérience immersive s’estompe, la chanteuse est très généreuse dans sa proposition, elle invite d’ailleurs une partie du public à la rejoindre sur scène pour le grand final.
Le public est profondément plongé dans l’univers qu’on lui propose, entre l’électronique, la chanson pop et quelques déclarations de Léonie Pernet qui va jusqu’à dédier ce moment à son futur enfant.
Visuel : © TITOUAN MASSÉ.