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Rencontre avec Klaude, créateur de chaos joyeux avec « Pov’konnes »

par Melodie Braka
30.11.2025

Au Point Éphémère, Klaude a lancé Pov’konnes, un cabaret foutraque où l’on assume tout, où l’on rit fort et où l’idiotie devient un art. Rencontre avec un artiste qui revendique le chaos, la couleur et la liberté totale sur scène.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Klaude, artiste de cabaret. Je travaille chez « Madame Arthur » depuis trois ans comme artiste permanent. Je fais aussi partie du collectif « Les 12 Travelos d’Hercule », que j’ai créé avec des amis en 2017 et avec lequel on tourne un peu partout en France. C’est avec eux que j’ai vraiment commencé le cabaret et tout ce qui touche au maquillage. À côté de ça, je joue parfois au théâtre, un peu au cinéma et je fais de la musique, des chansons, des duos et quelques clips.

Déjà, êtes-vous une pov’konne ?

Oui, je suis une pov’konne ! Le nom vient d’une envie de rendre gloire à l’idiot. J’ai beaucoup souffert de cette étiquette pendant mes études au conservatoire où il y a des codes très rigides autour de ce qu’il faudrait connaître et de ce qu’il faudrait aimer. J’avais envie de défendre ma propre culture et de renverser ces logiques en assumant l’idiotie comme un espace de liberté. Et comme les insultes peuvent être réappropriées, je trouve ça génial. J’ai même envie de créer plusieurs spectacles qui n’auraient que des noms d’insultes.

Depuis combien de temps êtes-vous une pov’konne ?

Depuis toujours ! (Il rit.) Je l’ai découvert en avançant dans mon parcours d’artiste et aujourd’hui je l’assume pleinement.

Le nom « Pov’konnes » s’est-il imposé immédiatement ou avez-vous hésité ?

C’était le moment. J’ai beaucoup travaillé en collectif et j’adore ça. Je vais évidemment continuer avec « Les 12 Travelos d’Hercule » parce que ce sont mes amis très chers. Mais j’avais besoin d’un espace qui soit vraiment le mien. Chez « Madame Arthur », on travaille au service d’un lieu et ce n’est pas entièrement libre. Là, je voulais une liberté totale, pouvoir choisir chaque personne avec qui je travaille et affirmer mon esthétique du chaos, de la colère, de la violence parfois. Tout ce qui ne rentre pas dans les cases. « Pov’konnes » me permet d’affirmer plus clairement mon identité artistique.

Pour cette première, vous avez réuni Corrine, Madeleine Flamboyante et la Mulette. Était-ce votre casting idéal ?

Oui, totalement. Je tiens à créer des castings intergénérationnels, avec des artistes de tous les âges, et surtout pas seulement des drag queens. Je défends que le cabaret est un art en soi et que tout ce que font les drag queens ne relève pas forcément du cabaret. On a été annoncés comme drag show au Point Éphémère, mais pour moi ce n’en était pas un. Avoir des femmes sur scène est aussi très important pour moi. Corrine fait partie des artistes qui m’ont donné envie de faire du cabaret. Et Madeleine comme la Mulette sont des artistes que j’ai rencontrées chez « Madame Arthur ». J’aime mélanger les générations, créer des ponts entre les anciennes et les nouvelles. C’est une vraie transmission.

Vous êtes-vous censuré dans ce spectacle ou absolument pas ?

Pas du tout. L’idée est même de pousser plus loin. Je pense que la deuxième partie peut aller encore plus loin dans la radicalité. J’aime quand c’est radical, quand c’est crado, quand ça va loin.

Vous avez précisé pendant le spectacle que « 80 % des chansons chantées ce soir étaient écrites par des femmes ». C’était non négociable ?

Oui ! Je trouve qu’on met trop peu en valeur les autrices. Il existe des autrices immenses comme Claire Diterzi, Brigitte Fontaine, ou le duo Marie-Paule Belle et Françoise Mallet-Joris dont les textes résonnent profondément avec nos identités queer ou marginales. Je trouve essentiel de les défendre.

D’où vient votre amour des animaux ?

Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup les animaux empaillés. J’en ai encore chez moi. J’adore les animaux morts ou vivants. Je mange beaucoup de viande rouge, même crue, et en même temps j’ai un chat que j’adore. J’ai eu une grosse période fourrure aussi. Une personne dans un bar m’a déjà dit qu’elle espérait que je me réincarnerais en renard pour qu’on m’empaillerait. C’était intense ! (Il rit.) Mais il y a quelque chose de très primaire et très brut dans le rapport à l’animal. Ça réveille quelque chose de vrai, de non codé socialement.

Et d’où vient votre talent pour le maquillage ?

Je ne pense pas que ce soit un talent mais plutôt du travail. J’ai appris avec « Les 12 Travelos d’Hercule ». On passait énormément de temps à expérimenter ensemble. Une maquilleuse nous a aidés aussi. Je découvre des techniques sur Instagram et j’essaie de les reproduire. J’aime les couleurs, j’aime créer des formes inattendues. Je trouve ça plus intéressant que les esthétiques sombres et mystérieuses. La couleur crée du drôle, du volume, un côté cartoon qui me ressemble.

Quelles sont les femmes de votre vie (et pas seulement) qui vous inspirent ?

Déjà Sylvie Vartan, que j’adore très fort. Et ensuite beaucoup de chanteuses et d’actrices selon les périodes. Certaines m’ont construit puis je m’en suis éloigné en découvrant des positions politiques que je ne partageais pas. Arielle Dombasle, par exemple, que j’adorais au début, puis j’ai découvert des propos très intenses et je n’ai plus eu envie de m’associer à cette image. Pareil pour Marie Laforêt, que j’aime énormément mais dont certains engagements m’ont mis une distance réelle. À l’inverse, j’ai fait une chanson avec Julie Pietri, qui défend des idées auxquelles je crois profondément. Et je vais sortir une chanson avec Elizabeth Wiener, la voix d’Izma dans Kuzco ou de Cruella dans Les 101 dalmatiens. Elle est très engagée. J’adore travailler avec des artistes qui partagent mes valeurs.

Avez-vous envie de faire de « Pov’konnes » un rendez-vous mensuel ?

Avec Manon Cortella Pietri, ma manageuse, on en a beaucoup parlé. L’idée serait de proposer différents formats selon les salles, de jouer ailleurs en France, dans des lieux plus grands ou plus confortables, et d’adapter la troupe à chaque configuration. On pourrait jouer à deux, à trois, à quatre. On s’est lancé pour que le projet grandisse. La suite dépendra des salles, des envies et de l’élan du public. Mais oui, l’envie revient souvent !

Propos recueillis par Mélodie Braka
Visuels © Mélodie Braka