Après un succès en 2024, Brasser de l’air et s’envoler est de retour à La Scala à Paris jusqu’au 9 avril. Dans un seul en scène d’une heure mêlant humour, rêve et magie, Xavier Guelfi a pour objectif de nous redonner foi en l’humanité, et de nous faire réfléchir aux questions existentielles qui rythment notre époque.
Dès l’instant où l’on rentre dans la salle, notre œil est intrigué par une scénographie curieuse. Le décor, bien qu’épuré, cultive un certain mystère : un pouf gonflable, une coupe pleine de gâteaux apéritif, un chariot de livres et un mixeur trônant sur une machine à laver. On se demande ce à quoi on va assister. Dans le cadre intimiste de la petite salle en amphithéâtre de la Piccola Scala, l’absence de scène délimitée crée une proximité immédiate entre Xavier Guelfi et son public.
L’introduction au spectacle nous laisse toujours dans un univers assez flou. Xavier Guelfi commence par nous parler …de smoothie. Le voir cuisiner ses légumes en pleine introspection apporte une légèreté instantanée, comme une conversation dans la cuisine. Alors que le spectacle se présente comme un « one man show », où l’on va passer une bonne soirée et rire de situations ridicules, le spectacle a en fait une dimension tout autre.
L’humour garde une place centrale dans ce spectacle, Xavier Guelfi n’a pas seulement envie de nous faire rire, mais de nous faire réfléchir aux questions de notre temps. A quoi bon ? Cette question devient la question centrale du spectacle. Tout en nous faisant passer un moment suspendu, l’artiste nous renvoie à nos propres contradictions. Lorsqu’il invite la salle à scander, à l’unisson, un adieu absurde à la surconsommation, le ridicule de la situation nous pousse, à réfléchir à ces questions existentielles que l’on préfère d’ordinaire laisser de côté.
Durant une bonne partie du spectacle, on le voit s’égarer dans un labyrinthe des questions existentielles qu’il nous partage. Au fil de la représentation, on le voit s’égarer avec délice dans le labyrinthe des questions existentielles qu’il nous partage. Pour illustrer ce vertige, il donne vie à une galerie de personnages hauts en couleur : l’oncle cynique qui juge son spectacle inutile pour sauver l’humanité, le frère ancré dans le management qui s’étonne de son parcours, ou encore des duos improbables comme un iguane et une souris débattant de politique. Il va même jusqu’à imaginer un Dieu agent immobilier faisant visiter la Terre à un alien. Mais lorsqu’on arrive au point culminant, le point de non-retour, eurêka ! Pourquoi ne pas juste se libérer de ces questions, se laisser vivre.
On ressort de cette salle léger·es, mais en gardant en tête les réponses auxquelles nous avons fait face pendant ce spectacle. Au fond, la leçon est belle : il ne nous reste qu’à brasser de l’air et, avec un peu de chance, à apprendre à s’envoler.
Jusqu’au 9 avril 2026 au théâtre de La Scala, 13 boulevard de Strasbourg, 75010, Paris
Durée : 1h10
A partir de 12 ans.
Visuel : ©Christophe Raynaud De Lage