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À l’Opéra Bastille, quand la danse réinvente les corps

par Kenza Boumahdi
17.02.2026

Sylvère Lamotte, Magali Saby, Maxime Thomas et Gladdys nous ont offert une soirée rare à l’Opéra de Bastille, à la fois sensible et profondément engagée. Plusieurs questions étaient portées par leurs mouvements, des questions sur le corps, la fragilité et la manière dont la danse peut accueillir ce qui vacille au lieu de chercher à le corriger.

Danser la faille

Avec Danser la faille, Sylvère Lamotte choisit de s’éloigner des valeurs habituelles de performance et de perfection pour interroger ce que deviennent l’imprévu, l’accident ou la défaillance lorsqu’on cesse de les considérer comme des erreurs à masquer et qu’on décide, au contraire, de les regarder en face. La pièce, construite comme une conférence dansée, avance sur cette ligne fragile où la parole éclaire le geste sans jamais l’enfermer, et où la danse devient un espace de pensée.

Pour ce projet, le chorégraphe retrouve Magali Saby, danseuse en situation de handicap rencontrée lors de Tout ce fracas. Leurs parcours pourraient sembler opposés, mais très vite une vibration commune s’impose, une manière de respirer ensemble et de faire exister une force. À la manière de funambules, ils évoluent sur une ligne de faille qui se transforme peu à peu en ligne de force.

Le fauteuil roulant, d’abord perçu comme un signe visible de différence, cesse progressivement d’être un point de fixation pour devenir un élément parmi d’autres, un appui, un prolongement, un outil qui participe à la construction du mouvement au lieu de le limiter. Les portés, amples et précis, ne cherchent jamais à effacer la singularité du corps de Magali Saby mais à en révéler la puissance, et c’est dans cette attention constante que se dessine une véritable éthique du regard.

Au fil de la pièce, la présence de la danseuse gagne en intensité, comme si chaque séquence renforçait sa détermination, jusqu’à ce moment suspendu où elle se met debout seule, geste simple en apparence mais chargé d’une densité émotionnelle qui traverse la salle. Sublimer les cassures plutôt que les masquer devient alors une manière de danser l’universalité, d’ouvrir un espace où la fragilité n’est plus une faiblesse mais une ressource.

 

À perte de vue et au-delà

Avec À perte de vue et au-delà, Maxime Thomas, danseur du Ballet de l’Opéra national de Paris, poursuit cette réflexion sous une autre forme en rendant hommage à l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé. La pièce s’installe dès les premières notes des Goémons de Serge Gainsbourg dans une atmosphère grave et habitée, où la précision du geste dialogue avec une mémoire plus vaste, littéraire et politique.

Aux côtés de Gladdys, danseuse en situation de handicap, Maxime Thomas construit un duo qui repose moins sur l’exploit que sur l’écoute et la confiance. Les déplacements du fauteuil redessinent l’espace avec la même subtilité qu’un enchaînement classique, et la chorégraphie trouve sa force dans cette complémentarité où aucun corps ne prend le dessus sur l’autre. Chaque mouvement naît de leur relation et dialogue silencieux.

Ce qui relie les deux propositions tient peut-être à cette volonté de déplacer les repères, de faire de la scène un lieu où l’on réapprend à regarder, où la vulnérabilité devient un moteur et où la danse, loin de toute démonstration spectaculaire, affirme qu’elle peut embrasser toutes les présences sans les hiérarchiser. Une soirée qui ne cherche pas à convaincre par l’argument, mais qui transforme durablement la perception du possible.

Visuels ©Julien Benhamou et Pascal Fonteneau