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360 de Mehdi Kerkouche, une entrée communicative dans la transe

par Luna Beaudouin-Goujon
18.03.2026

Le spectacle de danse 360 poursuivait sa tournée avec un passage par l’Elysée Montmartre les 10 et 11 mars derniers. Le public a davantage été happé par l’énergie des danseur.ses et l’intensité de la musique électronique de Lucie Antunes.

Après un passage par le Théâtre Chaillot chroniqué par Cult en mai 2025, le spectacle de danse 360 de Mehdi Kerkouche était cette fois-ci présenté à l’Élysée Montmartre à Paris. À l’époque, la visée participative du projet n’avait pas convaincu notre journaliste. Un peu moins d’un an après, la proposition du chorégraphe convainc davantage. 

 

Les spectateur·ices se placent, debout, devant une structure métallique posée sur une scène circulaire. Dans la gigantesque salle de l’Élysée Montmartre où sont programmés des concerts, le public a l’habitude de venir se défouler. La tension est palpable : comment nous faire danser avec cette installation massive au centre de la salle ? D’autant que, rappelle Mehdi Kerkouche, monter une performance de danse à l’Élysée Montmartre, c’est une première. « Ici, il y a eu du catch, de la boxe, et même du cyclisme intérieur », sourit-il avant que le show ne débute. 

 

Un public sensible aux vibrations techno

 

Un·e par un·e, les huit danseur·ses rejoignent la scène, et se plantent sur le bord de la scène, formant un cercle sans se toucher. Bientôt, le beat entêtant de la musicienne Lucie Antunes retentit. Les danseur·ses sautillent puis entament des gestes d’échauffement de plus en plus amples. Cette énergie rappelle celle ressentie pendant une rave party. Ils semblent faire une incantation, appelant l’énergie communicative de la musique électronique pour se transformer, communier.

 

 

Dans le public, un groupe est déjà happé : un homme dodeline de la tête, se lâche, suivi par son groupe d’amis. La musique de Lucie Antunes s’intensifie, la mue intérieure est de plus en plus présente, bien qu’invisible. Tout se passe dans le corps, dans les vibrations. Les danseur·ses sont tout à la fois sorcièr·es, et réceptacles de la transe, cet état modifié de la conscience souvent ressenti en soirée techno.

 

Des gestes incisifs pour traduire la complexité des relations

 

Les séquences se suivent, évoquant tantôt la crise intérieure et la solitude d’une jeune femme qui court sans s’arrêter, tantôt la force du collectif. La structure est vivante, elle sert parfois de percussions pour les danseur·ses devenu.es musicien·nes. L’image montre bien cette quête d’authenticité, d’un sentiment primal propre à la rave ou à la free party. Ici, nul besoin de trop réfléchir, de mettre des mots sur nos émotions, seul le son et sa puissance vitale suffisent. 

 

Comme il l’avait fait dans Portrait, Mehdi Kerkouche explore les rapports entre les humain.es, en faisant avec 360 se côtoyer les moments de cohésion et ceux de bagarre. Chaque petite variation dans la musique de Lucie Antunes entraîne invariablement des changements dans les gestes. Les solos s’enchaînent, dans des freestyles empruntant au hip-hop, au breakdance, au popping. Cette diversité invite aussi à partager l’espace de la danse. Le final durant lequel les danseur·ses s’immiscent dans le public enthousiasment de plus en plus. Un autre DJ prend le relais devant la foule réchauffée et l’Élysée Montmartre redevient finalement ce lieu joyeux de défouloir qu’elle n’a pas cessé d’être.

©Mathieu Foucher