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« Ma maison est noire » : Mina Kavani met en lumière Forough Farrokhzad, poétesse iranienne insoumise, ou quand le théâtre devient lieu de vérité.

par Hanna Kay
27.02.2026

Mina Kavani ne joue pas un rôle en faisant vivre les mots de Forough Farrokhzad, poétesse rebelle, voix de l’émancipation des femmes en Iran. Elle-même exilée d’Iran, la comédienne est son propre rôle.  Et soudain on comprend : la grandeur au théâtre commence quand le jeu disparaît. Sous la trompette nocturne d’Éric Truffaz, qui co-signe la bande sonore, les mots prennent corps dans un souffle bouleversant, dédié « à celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté ».

Ascenseur pour l’échafaud… et pour la liberté

 Théâtre à l’italienne dépouillé, à l’état brut, murs patinés par le temps, sans maquillage. Aux Bouffes du Nord, pas de décor inutile, une mémoire. Celle du grand metteur en scène Peter Brook, récemment disparu , qui a longtemps habité les lieux, et pour qui la véritable beauté résidait dans la justesse et la présence scénique. Mina Kavani, belle, grâce à la puissance des mots qu’elle incarne magistralement, nous fait nous poser la question : où se cache donc la vérité?  Dans les discours polis des sociétés confortables, ou sur scène, quand une comédienne se met à nu pour dire la rage, la liberté, l’amour et l’exil? Ici pas d’estrade, pas de hierarchie entre scène et salle. Le public est à hauteur d’humanité.  Seule en scène pendant plus d’une heure, Mina Kavani ne raconte pas seulement Forough Farrokhzad (1935-1967), elle tresse deux existences insoumises et brûlantes, la sienne et celle de la poétesse, jusqu’à les rendre indissociables.  La scène devient une maison intérieure, une scène dans la scène, mouvante, qui tourne, se cache derrière un écran noir pour faire revivre les ombres. Et malgré les changements de perspective, le point de vue reste le même :  l’enfermement.  « Je n’ai pas le droit de sortir de cette maison. Suis-je une prisonnière ? » Séjours d’exil à Brindisi, Beyrouth, Rome, l’emprisonnement, toujours,  par l’empêchement d’exister dans son propre pays.

 Aujourd’hui,  Forough Farrokhzad est interdite de publication en Iran depuis la révolution islamique. Le spectacle tourne autour de cette impossibilité, comme un solo de jazz autour d’un thème. Car le jazz ici, retrouve son origine : musique née du refus du silence, de la dignité arrachée. Le trompettiste Eric Truffaz, habitué du mélange des genres musicaux, a composé la bande sonore. Écran noir et blanc, crépitement  étoilé, une note longue de trompette, mate, nocturne, qui fend le noir comme une cicatrice sonore. Une nuit. Impossible de ne pas penser à Miles Davis enregistrant pour le film mythique de Louis Malle de 1958,  Ascenseur pour l’échafaud. Même sensation d’improvisation sous tension, même solitude habitée, même manière de laisser les silences parler. Mais là où Miles accompagnait des images cinématographiques, Truffaz met en jazz  la vérité du combat de ces femmes iraniennes qui se battent pour la liberté.

Sauve-moi de ces fous

Début de la pièce, Mina Forouh Kavani Farrokhzad : « J’ai consacré ma vie à l’art. Je peux même dire que je l’ai sacrifiée à l’art. Je veux vivre pour mon art. » Scénographie de Louise Sari, entre jeux d’ombres et de lumières,  et images projetées sur grand écran au son des mots, entre rêves et  fantasmes. Mais aussi des images réelles d’archives, comme cette étudiante qui en 2024, a protesté en sous-vêtements devant une université de Téhéran. Etonnante mise en abyme grâce à la caméra de Pierre Nouvel, qui capte l’actrice pour la projeter immédiatement : l’image regarde l’image, le présent devient déjà souvenir. Et l’amour comme salut ultime, comme tout ce qui lui reste. Qui la transforme presque imperceptiblement en pulsation vitale, un battement de mesure tel un battement cœur, le jazz rencontre  l’univers plus électro de  Murcof, co-compositeur de la musique de la pièce. Elle s’adresse à Parviz, satiriste iranien, avec qui Forough s’est mariée à 16 ans : « Je préfère la vie dans le désert sous le soleil brûlant à la vie parmi ces gens. Sauve-moi de ces fous » La solitude — thème central chez Farrokhzad — prend une profondeur presque physique : « Ce cri est une douleur, un soupir, une excitation, une pesanteur. C’est un cri qui change de couleur à chaque instant. Je t’attends toujours. Et je n’espère rien d’autre de Dieu que toi. La solitude me ronge mon âme et corrompt mes pensées. »

Donner une voix à ces textes en ce moment, alors que le peuple d’Iran et surtout la jeunesse, meurtrie, sacrifie sa vie  pour la liberté  est un geste politique fort.  Dans l’actualité, ces visages de ces jeunes qui espéraient encore, abattus à bout portant par le régime islamique tortionnaire, font écho aux  mots  de Forough Farrokhzad que transmet Mina Kavani,  telles des détonations qui pénètrent jusque dans notre chair.

Le final plonge dans une vision apocalyptique — monde détruit, soleil mort, humanité perdue : « Le soleil était mort, le soleil était mort… » , puis sublime diction des vers en farsi et sans même en comprendre le sens, il s’agit de ressentir. Puissantes vibrations qui supplient pour la liberté. La trompette devient alors cendre sonore, souffle après la catastrophe. Mais jamais désespoir total. Toujours subsiste une lueur fragile : « Ô voix du prisonnier, ô dernière voix parmi les proies, la gloire de ta désespérance ne souffrira-t-elle jamais un chemin vers la lumière ? »

Ma maison est noire, titre du spectacle, fait référence à un film de Forough Farrozhad la maison est noire, court métrage de 1962 marquant le début de la Nouvelle Vague iranienne. Mina Kavani traverse le texte avec une intensité presque dangereuse — corps exposé, voix à vif . Au fond, ce spectacle dit une chose simple et essentielle : quand la parole est interdite, il reste le souffle. Et le souffle  est la première forme de liberté.

 

Théâtre des Bouffes du Nord- Paris. Du 20 février au 1er mars 2026.

Adaptation, mise en scène et jeu : Mina Kavani/ Création musicale : Eric Truffaz et Murcof/ Arrangements sonores : Cinna Peyghamy/ Voix : Firoozeh Raeesdana/ Scénographie : Louise Sari/ Assistanat à la scénographie : Analyvia Lagarde/ Costumes : Anaïs Romand/ Lumières : César Godefroy/ Vidéo : Pierre Nouvel / Dramaturgie : Maksyl Teteruk/ Conseil artistique : Jean-Damien Barbin/ Regard extérieur : Célie Pauthe

Visuel : (c) HK