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Le récit de Louis Arnaud, otage français détenu pendant 2 ans par le régime islamique d’Iran

par Hanna Kay
31.03.2026

Dans son livre La Révolution Intérieure,  Louis Arnaud raconte sa découverte de l’Iran,  mais aussi  sa brutale arrestation, quelques jours après la mort de Mahsa Amini (symbole du mouvement Femme, Vie Liberté), et son long séjour à la prison Evin. En sortira-t-il ? Ce paradoxe va structurer toute son existence : c’est là, dans l’enfermement absolu, au cœur même du cauchemar de son emprisonnement, que la liberté commence.

« L’homme peut tout supporter, sauf l’absence de sens », Viktor Frankl

Louis Arnaud se rend en Iran pour la première fois en 2018. Comme on entre en poésie, il découvre la langue, l’hospitalité, une forme de raffinement presque irréel. « Pour la première fois, j’avais le sentiment d’être arrivé chez moi. » nous confie-t-il.  Il y  retourne en 2022, fait des rencontres amicales, constate un changement dans la société, plus de pauvreté, des difficultés économiques. Quelques jours après la mort de Mahsa Amini (symbole du mouvement Femme, Vie Liberté) il est arrêté brutalement par le Régime islamique d’Iran et incarcéré à la prison Evin.   Si on lui confisque alors  sa liberté extérieure, cette arrestation  crée un traumatisme qui lui révèle une autre forme de liberté, plus radicale, plus intérieure.   Il appelle cela une « Révolution Intérieure », titre de son livre qui raconte son histoire. Un mot qu’on pourrait croire galvaudé, s’il ne le disait pas avec cette rigueur presque clinique de celui qui a dû démonter, pièce par pièce, les mécanismes de sa propre survie. Le premier geste est violent : tuer l’espoir. « L’espoir est un poison », dit-il. On entend presque Viktor Frankl en écho, ancien déporté d’Auschwitz, lui qui écrivait que « l’homme peut tout supporter, sauf l’absence de sens ». Mais là où Frankl maintient une tension entre espérance et sens, lui tranche. L’espoir, chez lui, devient une illusion qui détruit, parce qu’elle se brise sans cesse contre le réel. Alors, il fait un geste presque inhumain : il renonce à attendre d’être sauvé. Et c’est là que quelque chose s’ouvre. En abandonnant l’attente, il reprend ce qu’il appelle sa « souveraineté ». Il ne contrôle rien, ni les murs, ni les Gardiens de la Révolution , ni le temps, mais il contrôle le regard qu’il pose sur sa condition. Et c’est tout. Frankl encore : « Tout peut être pris à un homme sauf une chose : la dernière des libertés humaines, choisir son attitude. ». Louis Arnaud pousse cette idée jusqu’à l’extrême. Il ne se contente pas de tenir, il transforme. Le moment décisif n’est pas une illumination abstraite, mais une rencontre : un manifestant torturé, brisé, vivant encore. À cet instant, la prison change de nature. Elle cesse d’être seulement un lieu d’enfermement pour devenir un point de bascule. Ce n’est plus une prise d’otage au sens strict, c’est un engagement, un déplacement intérieur, radical, aux côtés du peuple iranien. Le geste est invisible.  Car rien, en apparence, ne change. Les murs sont toujours là. Et pourtant, quelque chose se déplace vertigineusement en lui. Il ne sort pas de la cellule. Mais il sort du rôle assigné de victime.

La mémoire contre les murs

Malgré les violences physiques et psychologiques qu’il subit, il côtoie des intellectuels iraniens arrêtés en tant qu’opposants politiques, et parvient à créer des liens puissants avec les codétenus. Alors il écrit. Sur des boîtes en polystyrène. Il mémorise, détruit, recommence. Chaque nom, chaque histoire, chaque fragment d’humanité arraché à l’oubli. Non pas pour lui, mais pour les autres. Parce que le sens, chez lui, n’est jamais individuel. Il est relationnel, politique, presque moral au sens ancien du terme. Et c’est là qu’il rejoint pleinement Frankl : donner un sens à la souffrance, non pas pour la justifier, mais pour la traverser. Mais là où Frankl trouvait ce sens dans l’amour, le travail ou la transcendance, lui le trouve dans une fraternité de circonstance, dans la bibliothèque clandestine de la prison d’Evin, mine d’or d’ouvrages,  où Marx côtoie Proust, dans une lune aperçue entre deux murs, dans la pensée partagée comme acte de résistance. La liberté, alors, devient une qualité du regard.

La sortie comme fracture

Refuser que le monde se réduise à la violence est une discipline quotidienne. Il décide de voir la beauté dans la solidarité entre les prisonniers, dans la richesse intellectuelle de l’échange qu’il construit avec les opposants politiques enfermés comme lui  dans l’horreur. Non pas l’idéaliser mais refuser qu’elle soit totale.  Et puis il y a la sortie. Et là, tout se renverse. On croit toujours que la liberté est au-dehors. Mais pour lui, c’est la libération qui fracture. Parce qu’elle arrache le sens qu’il avait construit. Parce qu’il a l’impression d’abandonner les siens.  Parce qu’elle oblige à redevenir quelqu’un, Français, libre, vivant, alors même qu’il s’était défait de toute identité, à part celle de porter la cause iranienne pour la liberté. « Les notions d’identité ont disparu », dit-il. Il n’appartient plus vraiment ni à la France, ni à l’Iran, même si les iraniens sont devenus sa famille de coeur. Mais peut-être aussi, et c’est là le paradoxe ultime, un homme plus libre que jamais. Libre de ne pas être assigné. Libre de choisir ce qu’il devient. Et il choisit son cœur, celui qui ne pense qu’à un Iran libre. De retour à Paris, il ne lui reste que des souvenirs, alors il en a fait un livre. Des regrets aussi, comme lorsqu’il apprend le bombardement de la prison d’Evin par Israël pendant la guerre des douze jours. Et même si le but était la destitution du Guide Suprême de ce régime terroriste, la bibliothèque de la prison,  poumon intellectuel du pays, a été détruite. Nouveau traumatisme.  Cet endroit était devenu pour lui et beaucoup de prisonniers politiques à la fois un enfer et un refuge, sa seule maison connue.

Porter les voix iraniennes

Son livre, La Révolution intérieure, n’est pas un récit d’otage de plus. C’est autre chose, un manuel involontaire de liberté. On y apprend qu’être libre ne signifie pas sortir des murs, que le sens ne se trouve pas, il se construit, parfois dans les conditions les plus hostiles. Et peut-être que la phrase la plus juste n’est pas dans le livre, mais dans ce qu’il en fait aujourd’hui : porter la parole des autres. Comme si la liberté, au fond, n’était jamais solitaire. Comme si elle n’existait vraiment que lorsqu’elle circule. Aujourd’hui, Louis Arnaud fait régulièrement entendre sa voix dans des manifestations culturelles en soutien au peuple iranien.

La Révolution Intérieure, Louis Arnaud, janv 2026, ed Les Équateurs.