La parution en poche d’un des meilleurs romans de Fabrice Caro (Fabcaro à la BD) enchante ces jours pluvieux d’hiver.
Cyril est un prof de lycée tout ce qu’il y a de plus banal, marié, avec deux enfants. Alors qu’il s’est absenté pour aller chercher un article, Cyril s’aperçoit que le type auparavant derrière lui l’a doublé et dépose tranquillement ses courses sur le tapis roulant de la caisse enregistreuse. Cyril le maudit, avant que le resquilleur ne s’écroule subitement quelques mètres plus loin. Et les accidents s’enchaînent : le chauffard qui double Cyril finit dans le fossé, le chien des voisins un peu trop bruyant meurt subitement d’un AVC, etc. Et si Cyril, bien malgré lui, avait le pouvoir d’assassiner ceux qu’il juge indésirables ? Et si, pour rétablir un peu plus d’équité dans notre monde de brutes, Cyril enfilait le costume d’AVCman ?
Peut-être plus original que les romans précédents de Fabrice Caro, Fort Alamo n’est pas avare en moments surprenants, et Fabrice Caro de prouver qu’il reste peut-être aujourd’hui le seul auteur à nous faire rire à voix haute, en pleine lecture. En quelques phrases, on trouve des saillies bien pensées : « J’étais l’aîné biologique, mais le cadet psychologique » ou, à propos de Nature & Découvertes : « La plupart passaient de longues minutes à essayer des fauteuils électriques masseurs de dos hors de prix avant de repartir avec un livre à douze euros sur les différentes façons de chier dans les bois. » Courses de Noël, discussions dans la salle des profs, repas du réveillon chez la belle-sœur, tout concourt à créer une situation de stress permanente pour Cyril, déjà profondément atteint par le décès récent de sa mère. Un roman drôle qui se lit d’une traite.
Fort Alamo, Fabrice CARO, Folio, 208 pages, 8,60 €
Visuel : © Couverture du livre