Jusqu’au 20 décembre, l’adaptation du conte d’Andersen Le Vilain Petit Canardné de la rencontre d’Arnaud Valois, l’acteur de 120 battements par minute et d’Étienne Daho, investit la salle Firmin Gémier d’un Théâtre National de la Danse qui s’apprête à célébrer un Chaillot expérience Kids les 19 et 20 décembre. Une réelle féérie, à la fois pop et psychédélique, sublimée par l’animalerie de génie dansée par Raphaëlle Delaunay.
Lorsque Arnaud Valois et Étienne Daho se sont rencontrés, ils ont eu envie de travailler ensemble. L’acteur voulait adapter un conte pour enfant. Et ça, Daho ne l’avait jamais fait ! Il a proposé le plus naturel des contes d’Andersen pour encourager les petits à devenir qui ils sont : Le vilain petit canard. Cela a donné lieu à un album chez Gallimard et aussi à ce spectacle, absolument merveilleux dans sa scénographie un brin disco et très périurbaine, signée Sandra Gaudin. Sus scène, le narrateur (Valois), la chorégraphe et danseuse Raphaëlle Delaunay, un quatuor pour flûte traversière et beaucoup de lumière violette et jaune sur un rideau de perles faisant aussi office d’écran de projection.
L’histoire est assez terrible: au bord d’un bois qui ressemble furieusement au bois de Vincennes ou au bois de Boulogne, où les citadins viennent prendre l’air, une canette va bientôt voir ses oeufs éclore. Quelques oiseaux lui donnent des conseils, mais ne savent pas trop bien quoi lui dire quand son 9e et dernier oeuf a besoin d’être couvé un peu plus. En sort un petit caneton gris et malingre. Malgré sa laideur, sa maman l’aime tout de tout son coeur et peut-être un peu plus que les autres car il faut le protéger. Un jour le caneton se risque de sauter très haut et quitte les siens et leurs moqueries pour endurer l’hiver terrible à la campagne. Quand il revient … il a mué. Le texte, lu avec autant de gourmandise que de clarté par Arnaud Valois, est à la fois cru et imagé.
Et des images, il y en a dans cette mise en scène où les plumes se démultiplient et où les jambes et les bras de Raphaëlle Delaunay dansent tous les animaux du conte : en quelques fragments des de seconde, elle devient pie, héron, cygne, paon et évidemment canette. Le vilain canard, elle l’interprète AVEC Arnaud Valois et leur complicité est marquante. Le quatuor les accompagne, un moment de pure chanson pop sur le canard n°9 nous réveille et le voyage s’accomplit sous les auspices expressionnistes un peu disco de grandes ailes à la fois noires et brillantes. Une manière stimulante de frotter les jeunes esprits à la beauté, et à ses différents visages et étapes. Et surtout une ode esthétique à être simplement soi-même. Il reste des places : foncez !
visuel(c) YH