22.11.2023 : Alain Perroux prend la direction générale du Grand Théâtre de Genève. Il commencera en 2025-26    13.11.2023 : Décès du critique et historien du Cinéma Michel Ciment    13.11.2023 : 500 personnalités du monde de la culture appellent à une marche silencieuse dimanche 19 novembre à 14 de l’institut du monde arabe au musée d’art et d’histoire du judaisme    07.11.2023 : Ann Scott a reçu le prix Renaudot 2023 pour son roman « Les Insolents »    07.11.2023 : Jean-Baptiste Andréa remporte le prix Gongourt    Le prix Femina 2023 est attribué à « Triste tigre » de Neige Sinno publié aux éditions POL    28.10.2023: Décès de l’acteur Matthew Perry    22.11.2023 : Alain Perroux prend la direction générale du Grand Théâtre de Genève. 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Sol Gabetta et l’orchestre de Radio France illuminent la Philharmonie

par Hannah Starman
22.10.2023

La salle Pierre Boulez affiche complet ce vendredi 20 octobre. La violoncelliste franco-argentine, Sol Gabetta, et l’orchestre de Radio France, dirigé par Alexandre Bloch, qui remplace Mikko Franck au pied levé, se réunissent autour d’un programme consacré à la musique française. Le concert sera diffusé sur France Musique le 3 novembre.

Alborada del gracioso de Maurice Ravel

 

La soirée ouvre avec Alborada del gracioso (« L’Aubade du bouffon ») de Maurice Ravel, un délicieux morceau aux accents espagnols d’une durée d’exécution d’environ 8 minutes. Ravel a écrit Alborada en 1905 comme la quatrième pièce de ses Miroirs, une suite impressionniste de cinq courtes compositions pour le piano, chacune représentant un personnage. Le gracioso est un personnage comique du théâtre espagnol, un serviteur ou un écuyer qui commente souvent de manière satirique les actions de ses supérieurs. Contrairement à une sérénade, exécutée sous la fenêtre de la bien-aimée pour agrémenter son sommeil, une aubade est le chant avec lequel le guetteur complice sépare les amants à l’aube ou, selon la tradition espagnole, celui qui honore une jeune femme le jour de son mariage. Mordante, dissonante, douloureuse et cruelle, l’Alborada del gracioso de Ravel raconte l’histoire d’un homme âgé qui cherche, sans succès, à séduire une demoiselle, se couvrant de ridicule avec son chant grotesque. Ravel a orchestré Alborada en 1919 à la demande de Serge de Diaghilev pour le ballet Les jardins d’Arunjuez, produit lors de la saison 1919 des Ballets russes à Londres. Créée par l’Orchestre Pasdeloup à Paris, le 17 mai 1919, la version orchestrée connaîtra un succès retentissant.

 

Sol Gabetta : Concerto pour violoncelle d’Edouard Lalo

 

Après cette mise en ambiance latine, exécuté avec entrain et fébrilité par un orchestre de Radio France en pleine forme (le poignant solo du premier basson, Jean-François Duquesnoy, était déchirant de beauté), le public accueille la vedette de la soirée : Sol Gabetta. La violoncelliste franco-argentine a été artiste en résidence à Radio France pendant la saison 2021/2022 et les retrouvailles sont chaleureuses. Vêtue d’une ravissante robe plissée sans manches, Sol Gabetta semble envelopper de ce tissu doré son précieux instrument du 18ème siècle. Sa présence sur scène est expressive et rayonnante et l’assurance réservée de son regard direct laisse entrevoir une indomptable force intérieure. Dès les premières mesures du prélude orchestral contrasté et dramatique du Concerto pour violoncelle d’Edouard Lalo, Sol Gabetta tape du pied et secoue la tête au rythme de l’orchestre, telle une figurine souple et gracieuse dans les mains d’un habile marionnettiste.

 

Au côté du premier concerto de Saint-Saëns, le Concerto pour violoncelle de Lalo, dont on fête cette année le bicentenaire de la naissance, occupe une place centrale dans le répertoire pour violoncelle. Composée en 1876-1877, l’œuvre pleine de panache et d’espièglerie, est créée par son dédicataire, le violoncelliste belge Adolphe Fischer, le 9 décembre 1877 sous la baguette de Jules Pasdeloup. Après le prélude orchestral, l’Allegro maestoso introduit deux thèmes contrastés. Le premier, sombre et profond, est ponctué par de cinglants accords de l’orchestre, tandis que le second est imprégné d’une poésie grave et tendue, telle une tendresse angoissée. Sol Gabetta offre une interprétation élégante et enjouée, qui se fait grave et rêveuse dans l’Andantino con moto (qui n’est pas sans rappeler Kol Nidrei de Max Bruch) ou encore mystérieuse et fougueuse dans l’Allegro vivace final. Quelle que soit l’ambiance que Sol Gabetta sculpte avec son archet, son jeu incarne une sensibilité exigeante et repose sur une remarquable technique.

 

 

À ses côtés, le premier violon Nathan Mierdl, avec qui Gabetta échange des regards souriants de complicité, nous livre un éblouissant solo dans l’ouverture du deuxième mouvement. Remplaçant Mikko Franck souffrant, le directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch, déborde, en revanche, de santé, d’énergie et d’enthousiasme. Très communicant, il mène un dialogue constant et équilibré entre les solistes et l’orchestre, dirigeant ce dernier avec un geste quelque peu orné, mais précis et efficace. En conclusion de cette première partie, on a pu apprécier la magnifique sonorité de Sol Gabetta quand elle a joué en bis, accompagnée de l’ensemble des violoncelles mené par Nadine Pierre, l’exquise chanson traditionnelle catalane de Noël El cant dels ocells (« Le chant des oiseaux »), arrangée par Pablo Casals.

 

La redécouverte de la compositrice française Mel Bonis

 

Après l’entracte, pendant lequel un groupe d’admirateurs argentins évoquait la beauté du jeu de leur compatriote avec fierté et ferveur qui s’intensifiait avec chaque coupe de champagne. D’un pas un peu hésitant, les Argentins aux joues roses et aux yeux scintillants ont rejoint leurs places pour la seconde partie du concert. Celle-ci s’ouvre avec la découverte de Mel Bonis, de son vrai nom Mélanie-Hélène Bonis, une compositrice française postromantique, qui avait partagé les mêmes bancs au Conservatoire de Paris que Claude Debussy et Gabriel Pierné, sans pour autant jouir de la même reconnaissance ou notoriété.

 

Issue d’une famille petit-bourgeoise parisienne, très pieuse et pas du tout musicale, Mélanie Bonis s’initie au piano en autodidacte. Grâce à Hippolyte Maury, professeur de cornet à pistons, qui l’introduit à César Franck, elle prend ses premières leçons de piano auprès de Franck et intègre le Conservatoire dans sa classe. Elle sera une des premières lauréates de la classe d’harmonie pour les femmes et elle obtient le premier prix d’harmonie en 1880. Malgré ces succès et des encouragements de ses professeurs, Mélanie Bonis est contrainte par ses parents à quitter le Conservatoire. La compositrice est amoureuse d’un autre étudiant, Amédée-Louis Hettich, mais ses parents ne voient pas de bon œil cette relation. Ils lui trouveront un meilleur parti, un riche industriel de vingt-deux ans son aîné. Veuf et père de cinq garçons, il lui confiera l’éducation de ses enfants et lui en fera trois autres. Installée dans un somptueux hôtel particulier près du parc Monceau, Bonis continue à voir Hettich et une fille naîtra de cette union, Madeline. Ce n’est que lorsqu’un de ses fils tombe amoureux de Madeline, intégrée dans la famille comme une filleule de Mélanie, que cette dernière se voit contrainte à révéler leur lien de parenté. La douloureuse tension entre ses profonds sentiments religieux et sa passion aussi dévorante qu’illicite pour Hettich, semble avoir favorisé une création artistique riche et prolifique. Son œuvre, variée et d’une grande qualité, comprend environ deux cents pièces, composées entre 1892 et 1914, pour le piano, les petits ensembles et l’orchestre.

 

Les femmes de légende

 

Décrit comme « l’apogée » de son œuvre symphonique par le musicologue Xavier-Romaric Saumon, Les femmes de légende est un recueil posthume qui réunit neuf pièces pour le piano, que Mel Bonis a dédiées aux figures féminines archétypales : Phœbé, Viviane, Salomé, Desdémone, Mélisande, Omphale, Echo, Cléopâtre et Ophélie. Une version orchestrale de ces mini-portraits empruntés à la littérature, la légende et la mythologie, existe pour Ophélie et Salomé. En revanche, Le Rêve de Cléopâtre est composé pour orchestre et c’est l’œuvre la plus importante du cycle posthume : elle mobilise le plus grand effectif orchestral et dure environ huit minutes. Au programme ce soir, on nous propose le triptyque Trois femmes de légende regroupant les trois œuvres pour orchestre : Ophélie, Salomé et Le Rêve de Cléopâtre.

 

 

Ophélie s’inspire du personnage éponyme qui perd la raison et se noie dans de mystérieuses circonstances dans l’acte 4 de Hamlet de William Shakespeare. L’œuvre s’inscrit dans la lignée de l’orchestration impressionniste de Ravel et de Debussy. Pour cette œuvre tourmentée, Bonis favorise les instruments aux sonorités graves, notamment les altos, les violoncelles et les bassons qu’elle contraste avec les instruments plus aigus et lumineux, exprimant le mystère des paysages aquatiques. Salomé est une pièce d’une grande maîtrise orchestrale, qui évoque l’univers orientaliste et développe des thèmes autour de l’Orient, les caravanes dans les dunes, les danses, qui rappellent Namouna d’Edouard Lalo. Le Rêve de Cléopâtre est l’œuvre la plus aboutie des trois : son architecture est précise et reflète une recherche de perfection, dans le détail et dans l’intégration de l’ensemble. Dès les premières mesures, l’auditeur est entraîné dans un monde nocturne, enchanteur et séduisant, par les violons, les altos et la harpe, avant d’être contrarié par un solo de clarinette, suivi d’un cor anglais languissant.

 

Daphnis et Chloé, suite nº 2 de Maurice Ravel

 

La Suite d’orchestre n° 2 de Daphnis et Chloé, qui clôt la soirée, reprend la dernière scène du ballet que Serge de Diaghilev avait commandé à Maurice Ravel pour les Ballets russes en 1909. Chorégraphié par Michel Fokine, Daphnis et Chloé a été créée le 8 juin 1913 au Théâtre de Châtelet, dans des décors et des costumes de Léon Bakst et avec Vaslav Nijinsky et Tamara Karsavina dans les rôles principaux. Le ballet n’a jamais connu un grand succès, mais sa musique luxuriante et colorée a immédiatement séduit le public. Ravel en a tiré deux suites d’orchestre. La Suite n° 2 est la plus souvent jouée des deux, sans doute aussi parce qu’elle contient la pièce d’orchestration la plus complexe et la plus achevée de Ravel, le magnifique Lever du jour avec lequel commence la dernière partie du ballet. La flûte d’un berger s’y mêle au chant des oiseaux. Dans la Pantomime, Daphnis et Chloé rejouent l’histoire de Pan et Sphynx au travers une narration qui passe d’un pupitre à l’autre dans un joli dialogue entre les solistes. La première flûte, Magali Mosnier, nous offre ici un splendide solo de flûte qui accompagne la danse lente vers un tourbillon de flûtes et de cordes. La Suite s’achève par une Danse générale de cinq minutes d’intensification et d’accélération d’une mélodie qui fait écho à la Shéhérazade de Rimsky-Korsakov et qui culmine dans une explosion de cuivres et de percussions. L’écriture de la Deuxième suite est d’une extraordinaire subtilité, juxtaposant et équilibrant habilement les différents timbres de l’orchestre pour produire un effet riche et transparent. Alexandre Bloch dirige l’orchestre de Radio France de manière limpide, engageante et avec une attention au détail qui valorise les performances des solistes sans pour autant perdre de vue l’architecture de l’ensemble et l’équilibre entre les pupitres. Les applaudissements appuyés et chaleureux accompagnent le chef et l’orchestre de Radio France quittant la scène à la fin de cette soirée lumineuse de richesse et de découverte.

 

Visuel : © Matthias Müller