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Philharmonie de Paris : « Ombres et lumières » avec Oksana Lyniv et l’Orchestre national d’Île-de-France

par Helene Adam
15.01.2026

L’Ukraine était à l’honneur pour cette soirée à la Philharmonie de Paris où l’orchestre national d’Ile de France était dirigée par la talentueuse cheffe Oksana Lyniv. Illustrant les ombres et les lumières, le concert proposait l’opus composé par Bohdana Frolyak, « Let There Be Light » qui dénonce l’agression russe, mais aussi l’un des concertos les plus lumineux de Mozart avec au piano, Illia Ovcharenko, pour finir par la poignante symphonie n°4 de Tchaïkovski, remplie de ces contrastes entre l’envie du bonheur et la peur du malheur.

Oksana Lyniv, une combattante pour la paix

La cheffe d’orchestre ukrainienne est elle-même ardente défenseur de la cause de son pays agressé militairement par la Russie depuis plusieurs années maintenant.

« Notre rôle en tant que musiciens classiques, en ce moment plus que jamais, est d’élever la voix pour défendre ces valeurs. Il ne faut pas laisser le silence l’emporter », déclarait-elle dès mars 2022 dans une interview donnée à France Musique pour défendre la paix.

Mais, si elle a multiplié déclarations et coups d’éclat pour dénoncer l’influence de la puissance culturelle russe, elle n’est pas devenue célèbre à cette occasion. Elle avait déjà été remarquée comme l’une des jeunes cheffes les plus talentueuses, quand la musique classique s’est enfin intéressée à son propre machisme historique.

On avait alors bien des femmes en fosse, que ce soit parmi les instrumentistes des orchestres les plus prestigieux ou, a fortiori, à leur tête. Que n’avait-on pas entendu comme théories typiques de phallocratie ambiante, sur les supposées (in)capacités de la gent féminine pour se faire respecter des musiciens.

S’il en était encore besoin aujourd’hui, on pourrait aisément montrer à quel point ces préjugés sont ridicules : Oksana Lyniv n’est ni grande ni imposante par la taille et la corpulence, pas plus que certains de ses confrères hommes. Et pourtant son « autorité » est absolument évidente face à des formations musicales de qualité qui l’ont acceptée avec un bonheur manifeste, la précision de ses gestes, de ses élans, son interprétation étant particulièrement excitante, voire enivrante.

Elle a été ainsi la première femme à diriger dans la mythique fosse « fermée » du Festival de Bayreuth en 2021 (145 ans après sa fondation), travail complexifié par des mesures COVID qui avaient placé les chœurs dans une autre salle. C’était Le Vaisseau fantôme dans une nouvelle mise en scène de Tcherniakov, avec la Senta remarquée d’Asmik Grigorian.

Tout auréolée de la gloire méritée due à cet exploit incontestablement très réussi sur le plan musical, Oksana Lyniv a été invitée sur les plus grandes scènes internationales.  Elle a ainsi fait ses débuts au MET de New York en 2024 dans Turandot. Elle dirigeait la série des Tosca à l’Opéra de Paris dont Cult.news a rendu compte dans deux articles.

Depuis 2021, le Teatro Comunale de Bologne lui a confié la direction musicale de son orchestre.

Elle brille incontestablement dans la direction d’opéra comme dans de concerts symphoniques et son succès à la Philharmonie pour la rentrée 2026, augure bien de l’ascension méritée de cette cheffe, très professionnelle, mais aussi généreuse et solaire et très « en vue ».

L’ensemble du concert s’est ainsi déroulé sous le signe de la fièvre et de l’enthousiasme autour de ces œuvres choisies pour illustrer l’ombre et la lumière. Avec peut-être quelques réserves sur cet élan sonore parfois un peu trop unilatéral…

Ne pas laisser la guerre en paix

À partir de 2022, la compositrice Ukrainienne Bohdana Frolyak va créer de nombreuses œuvres qui dénoncent la guerre menée par la Russie dans son pays. De son côté la musicologue Olena Berehova parle de la construction d’une diplomatie culturelle, « l’objectif principal de l’art ukrainien pendant la guerre étant d’établir l’identité culturelle ukrainienne et de susciter l’intérêt de la communauté internationale pour l’Ukraine ». L’Ukraine n’est pas la « petite Russie », mais une entité historiquement différente avec sa langue propre.

« Let There Be Light » (que la lumière soit) est une œuvre symphonique, créée en 2023 aux Proms de Londres, décrivant explicitement au travers de contrastes de sonorités, d’instruments, de mélodies, le caractère chaotique de la guerre, mais aussi les espoirs de victoire et de paix, la lumière de la paix revenue versus le caractère sombre du malheur actuel.

C’est avec une énergie sans faille et une évidente profonde conviction que sa compatriote, la cheffe désormais célèbre, Oksana Lyniv, dirige l’orchestre déployant des cordes puissantes et des cuivres sonnant juste pour ce triomphe que chacun attend. Des solos de violoncelle et de violon teintent le tissu musical de grandes taches claires avant un final évoquant l’issue du conflit et … le silence revenu.

Un Mozart lumineux

Les concertos de Mozart vont souvent par deux, l’un, en mode majeur, rempli de joie et d’allégresse, l’autre, en mode mineur, laissant sourdre l’angoisse des jours sombres.

C’est le cas des numéros 23 et 24 que Mozart compose en 1786, la même année que Les Noces de Figaro ou sa symphonie numéro 38 (« Prague »).

Le pianiste ukrainien Illia Ovcharenko, nous propose le numéro 23, en la majeur, accompagné par l’Orchestre national d’Île-de-France en formation « mozartienne », c’est-à-dire bien plus légère en typologie d’instruments que ne le sera celle qui présidera au morceau symphonique suivant.

On apprécie la belle entente entre la cheffe et le pianiste, et cette faculté à faire ressortir la jubilation des premier et troisième mouvements, Allegro et Allegro Assai, remplis des richesses lumineuses du talent du prodige autrichien dans ses (dernières) années les plus fructueuses.

Mais Mozart n’est jamais uniforme, jamais conventionnel, il aime à surprendre et peut passer d’une mélodie à l’apparence facile à une multiplication de variations complexes, mais aussi du mode majeur au mode mineur au milieu d’une composition. L’adagio est ainsi écrit en fa dièse mineur, imprimant soudain une profonde mélancolie, correctement interprétée par notre pianiste, soulignant le clair-obscur où baigne l’œuvre tout entière.

Si Illia Ovcharenko nous a semblé parfois manquer d’imagination et de personnalité dans l’interprétation d’une œuvre aussi sensible que l’un des concertos de Mozart, il nous a prouvé son incontestable virtuosité, en nous offrant, après de chaleureux applaudissements, la fameuse « Campanella » de Liszt, exercice époustouflant d’agilité, défi pour tout pianiste.

Tchaïkovski tous cuivres dehors

Oksana Lyniv dirige ensuite la quatrième symphonie de Tchaïkovski dans un style particulièrement expressionniste qui nuit parfois aux aspects les plus tourmentés de ce chef-d’œuvre du compositeur russe qui définissait ainsi ses intentions « c’est la confession de l’âme passée par de nombreux tourments et qui, par nature, s’épanche dans les sons ».

Composée entre 1876 et 1878, cette symphonie est partie prenante d’une période très féconde et très malheureuse toute à la fois, celle qui vit également naître l’admirable Eugène Onéguine.

Nous avons récemment rendu compte des qualités extraordinaires de la symphonie elle-même, valorisée à l’extrême par l’un des plus grands chefs de l’heure, Kiril Petrenko, en décembre dernier à Munich. On regrettera que malgré d’immenses qualités, Oksana Lyniv ne parvient pas toujours à sortir des débuts en fanfare de l’œuvre, où les cuivres (particulièrement brillants) donnent du son à profusion, pour laisser l’épopée douloureuse de ce récit se dérouler avec tous ses mystères et ses quelques parties lumineuses presque dissimulées au milieu d’une profusion d’élans (trop) généreux et dont la dramaturgie est parfois à sens unique.

Ainsi le troisième mouvement, le plus étonnant et attachant de l’ensemble, ce scherzo entièrement exécuté en pizzicato,  apparait-il un peu terne au milieu des coups d’éclat des deuxième et quatrième mouvements. La mélancolie et les lueurs d’espoir disparaissent sous la colère et les sombres sentiments particulièrement mis en valeur.

Comme la cheffe, en grande forme, nous offre en bis le quatrième mouvement, on peut mesurer à quel point l’énergie des tutti a sa préférence dans l’admirable acoustique de la Philharmonie de Paris, avec roulement énergique de timbales.

Mais si la symphonie perd un peu de sa subtilité, elle n’en reste pas moins une œuvre particulièrement excitante et le public est totalement conquis, accueillant la belle cheffe ukrainienne avec une ovation impressionnante !

Visuels : ©Hélène Adam, saluts de la séance du 13 janvier.