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« Le concert appartient au public » – rencontre avec Capitão Fausto

par Agathe Gareau
19.03.2026

À la veille de leur concert au Petit Bain, nous avons rencontré Capitão Fausto, le groupe phare de la scène pop alternative portugaise. Entre réflexion sur leur manière de donner vie à leurs concerts et révélations sur leurs projets futurs, Tomás Wallenstein et Domingos Coimbra nous expliquent comment ils mettent le public au cœur du spectacle.

Il y a quelques mois, vous avez donné votre plus grand concert à ce jour à l’Aréna de Lisbonne, et vous êtes maintenant sur une nouvelle tournée européenne. Dans quel état d’esprit se trouve le groupe aujourd’hui ?

 

Tomás Wallenstein : Je pense que le groupe traverse un bon moment. C’était très intéressant pour nous de préparer ce concert à l’Aréna, et d’une certaine manière, il résumait toute notre histoire, en tant que groupe et amis qui travaillent ensemble. Avec les tournées que nous avons faites l’année dernière et cette année en Europe, on perçoit les concerts d’une manière complètement différente.

 

Domingos Coimbra : Ça peut être très difficile pour un groupe de jouer dans un aréna, surtout avec notre style de musique, plutôt ancré dans la scène pop alternative. Mais c’est aussi un défi de faire une première ou une deuxième tournée européenne et de se retrouver soudainement à rejouer sur de plus petites scènes. En tant que groupe, nous essayons toujours de nous dépasser, peu importe où nous allons.

 

Et selon vous, quel est le plus grand défi des petites salles, et celui des grandes ?

 

Tomás Wallenstein : Le plus dur, c’est d’essayer d’apporter l’ampleur du show et toute la richesse qu’on a sur un grand concert (lumières, répétitions, équipement, camions…) et, quand on arrive dans une petite salle, de réussir à tout faire tenir dans un van, tout en gardant le même impact.

 

Domingos Coimbra : En même temps, on réapprend à limiter les choses à l’essentiel. Le spectacle se concentre alors principalement sur les chansons elles-mêmes, la performance et la proximité avec le public. Au Portugal, on joue généralement dans des salles plus grandes, pas forcément des arénas, mais des salles plus grandes. Mais c’est un défi qu’on apprécie beaucoup parce qu’il nous rapproche du public.

 

Que voulez-vous que les gens ressentent en venant à vos concerts ? Quelle atmosphère souhaitez-vous créer dans la salle?

 

Domingos Coimbra : On essaie de faire en sorte que les morceaux s’enchaînent de la manière la plus fluide possible. On veut que tout tourne autour de la musique. L’un des aspects les plus incroyables des concerts, c’est que tu peux avoir une idée précise de ce que tu veux faire, mais c’est le public qui en fait ce qu’il veut. Parfois, on pense qu’une setlist va prendre une certaine direction, et la réaction des gens est totalement opposée à nos prévisions.

 

Tomás Wallenstein : Sur cette tournée, on a eu des concerts qui n’étaient pas si différents en termes d’exécution technique, mais la réaction de la foule a rendu certains soirs bien meilleurs que d’autres. Je dirais qu’on veut que les gens ressentent ce qu’ils veulent. Qu’ils soient libres et heureux. Mais s’ils veulent être tristes, ça nous va aussi. On planifie le show avec nos idées, convaincus que si nous prenons du plaisir, les autres en prendront aussi. Mais au final, le concert appartient au public.

 

En parlant de réactions, remarquez-vous de grandes différences entre le public portugais et celui des villes européennes comme Paris ?

 

Domingos Coimbra : Concernant le public, beaucoup de gens connaissent le groupe depuis un moment mais ne nous avaient jamais vus sur scène, car de nombreux fans portugais vivent à l’étranger. Il y a donc cet effet de proximité très intéressant sur ces dates. C’est un mélange de nostalgie du pays et de bonheur.

 

Tomás Wallenstein : Les Portugais expatriés dans les villes que nous visitons se sentent un peu à la maison lors de nos concerts.

 

Domingos Coimbra : Et en même temps, on sent, surtout avec cette deuxième tournée, que de plus en plus de fans internationaux et de locaux viennent nous voir. C’est génial, d’autant plus que nous chantons en portugais. On pourrait croire qu’il y a une barrière de la langue, et elle existe, mais on entre dans une nouvelle ère de la scène alternative où les gens sont ouverts à autre chose qu’à la musique anglo-saxonne. On en bénéficie aussi.

 

 

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Après plusieurs années passées à jouer ensemble, comment votre façon de faire de la musique a-t-elle évolué ?

 

Tomás Wallenstein : Certaines choses ont évolué, d’autres non. La plupart du temps, les chansons naissent de la même façon. Quelqu’un a une idée et on la joue tous ensemble. En revanche, ces dernières années, la composition est devenue un peu plus complexe parce qu’on a commencé à accorder trop d’importance aux détails. On devient de plus en plus critique envers notre propre travail. Mais dans un sens, on n’a pas tant changé que ça. On reste les mêmes personnes.

 

Domingos Coimbra : On apprend des choses au fil du temps, comme la manière dont on aime aborder un morceau ou développer des idées. Il y a aussi la prise de décision. On se connaît beaucoup mieux maintenant. Ce n’est pas toujours parfait, mais on sait comment aider quelqu’un du groupe quand il en a besoin.

 

Tomás Wallenstein : Ou comment le convaincre !

 

Domingos Coimbra : Ou le convaincre. Et avec les années, on a appris que sans deadline, on ne finit jamais rien. On a besoin d’un calendrier très serré, sinon on passe à …

 

Procrastiner ?

 

Domingos Coimbra : Non pas procrastiner, car nous passons généralement beaucoup de temps sur les chansons. Certaines chansons, nous y travaillons pendant près d’un an pour les écrire et les produire. Et ce n’est que lorsqu’on a une deadline que nous les terminons.

 

Tomás Wallenstein : En fait, si on y passe un an, ce n’est pas parce que ce n’était pas bon au début. C’est parce qu’à force de passer du temps dessus, on commence à changer d’avis et on veut constamment modifier le morceau. Si on sait quand le processus s’arrête, alors la chanson peut exister.

 

Domingos Coimbra : Pour notre dernier album, « Subida Infinita », on a composé pendant trois ou quatre ans. On avait plein d’idées et de morceaux presque finis, mais ce n’était pas encore tout à fait ça. Finalement, au bout de trois ans et demi, on a décrété que l’album sortirait dans quatre mois. Et on n’avait pas encore fini les six derniers morceaux !

 

Tomás Wallenstein : On a presque tout effacé pour recommencer de zéro. C’est là que nous avons terminé, car on finit par se lasser des idées avec lesquelles on vit depuis des mois et on veut du changement. C’est un point sur lequel on doit encore travailler.

 

Que peut-on attendre de Capitão Fausto pour la suite ? De nouvelles chansons, un album ?

 

 

Tomás Wallenstein : Oui, on a sorti un nouveau titre en janvier,  Escolhas. C’est le premier extrait d’un gros projet sur lequel on travaille depuis presque dix ans. Il s’agit de la bande originale d’un film que nous avons tourné, coécrit et dans lequel nous jouons.

 

Domingos Coimbra : Ça sortira cette année. On ne sait pas encore exactement quand, mais il y aura beaucoup de musique cette année, spécifiquement pour cette B.O., donc ce ne sont pas toutes des « chansons » au sens classique ; il y a beaucoup de musiques instrumentales.

 

Tomás Wallenstein : À part ça, on a un studio à Lisbonne et on se concentre sur notre label, Cuca Monga. Le studio va être rénové, c’est notre gros chantier de l’année. On a aussi des idées pour de nouvelles chansons, mais c’est encore très tôt. On attend que le studio soit prêt pour avoir un endroit où travailler. Mais un nouvel album sortira l’année prochaine.

 

Quel est le nom du film pour lequel vous travaillez sur la bande originale ?

 

Domingos Coimbra : Le titre est encore en discussion.

 

Tomás Wallenstein : On n’a pas encore prévu de le diffuser largement à l’étranger, mais je pense que ce serait intéressant. C’est une toute nouvelle perspective, un circuit artistique différent. Non plus les concerts, mais les cinémas. Je pense qu’on aura l’occasion de le montrer dans quelques villes ici, en Europe.

 

Si vous aviez un message pour le public français qui découvre Capitão Fausto, que lui diriez-vous ?

 

Tomás Wallenstein : D’abord, je l’inviterais à aller nous découvrir sur Internet. J’aimerais aussi dire qu’on adore venir en France. Ce ne sera pas la dernière fois qu’on viendra ici. Personnellement, je me sens assez proche de la culture française car j’ai grandi avec. J’ai été au lycée français de Lisbonne.  Beaucoup de mes amis d’enfance, qui ont contribué à ce que je suis aujourd’hui, viennent d’ici, ce qui me fait me sentir un peu chez moi.

© Agathe Gareau