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La Passion selon Pärt : une épure spirituelle saisissante à la Philharmonie de Paris

par Thomas Cepitelli
08.04.2026

Dans la grande salle Boulez,  Voces8 et les musiciens de l’Orchestre de Paris proposent une vision radicalement épurée de la Passion du Christ, le Passio, d’Arvo Pärt  Entre lenteur méditative et tension intérieure, l’œuvre invite à une écoute profondément contemplative mais d’une intensité rare.

À l’approche de Pâques, la musique sacrée occupe une place privilégiée dans les programmations des salles de concert. On ne compte plus les représentations d’œuvres incontournables comme la Passion selon saint Matthieu de Johann Sebastian Bach, les Sept Paroles du Christ d’Haydn ou encore le Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi. Chacune d’entre elles évoque un aperçu de la liturgie du moment le plus important de l’année pour la religion chrétienne. Plus près de nous, des œuvres comme la Passio d’Arvo Pärt renouvellent cette tradition par une écriture plus épurée et contemplative.

Une oeuvre spirituelle

Créée en 1982, Passio — ou Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Joannem — s’inscrit dans la période dite « tintinnabuli » de Pärt. Ce style, dont le nom signifie en latin « petite cloche », repose sur la résonance et la simplicité. Il ne s’agit pas de minimalisme (comme Reich, Glass ou Meredith Monk) au sens strict, mais d’une quête d’essentiel. Il le développe à partir des années 1970, et le repose sur une économie extrême de moyens : l’orchestre est ici un quatuor par exemple accompagné d’un orgue, une lenteur assumée et une recherche d’épure sonore qui évoque autant le chant grégorien que certaines traditions polyphoniques orthodoxes. La mélodie semble comme tourner sur elle-même. Affûtée, elle ouvre une boucle temporelle unique, qui permet le recueillement, l’écoute attentive du texte en latin, qui est l’Évangile selon saint Jean.

Une ouvre vocale riche

Fidèle à son esthétique, Pärt ne cherche pas l’effet dramatique. C’est, au contraire, un geste simple mais radical. La tension ne se met pas au jour dans une progression mélodique ou par des ruptures entre les différentes étapes de la passion du Christ. C’est bien plus la tension intérieure, dans la répétition quasi vertigineuse, dans la clarté presque ascétique des lignes vocales, qu’elle est mise en jeu.

Quand bien même il ne s’agit pas ici de théâtre musical, il est bel et bien question d’un des récits de la mise à mort de Jésus. La dramaturgie a donc toute son importance et repose sur une répartition très précise des rôles : l’Évangéliste, Pilate, Jésus et la « turba », c’est-à-dire le peuple.

Le récit évangélique est confié non pas à une seule voix, comme l’on pourrait s’y attendre, mais à un quatuor vocal par Pärt. Il est incarné ici par les membres de l’ensemble Voces8. La multiplication des voix rend l’exécution encore plus émouvante, de par la clarté de la diction et l’homogénéité de cet ensemble. Les huit membres, réunis en quatre pupitres, réussissent tout à la fois à faire entendre leur singularité et la cohésion de leur ensemble.

Le rôle du Christ, écrit pour baryton mais ici interprété par la basse Fredrik Long, se détache par une ligne sobre et hiératique, presque entêtante. Chaque ligne mélodique semble toujours semblable au départ, mais prend à chaque fois sa singularité. Donnée presque dans un seul souffle, la phrase musicale semble pouvoir ne pas se terminer. Le très léger vibrato prend une teinte funeste à la fin de l’œuvre. Le moment de la crucifixion émeut particulièrement, notamment le fameux « Ecce mater tua ».

Le rôle de Ponce Pilate, confié à un ténor, introduit une couleur plus interrogative dans le récit. On oublie souvent que, dans l’Évangile selon saint Jean, il ne se lave pas les mains si rapidement. Au contraire. Les questions qu’il (se) pose sont nombreuses, répétées, réitérées. Thomas Elwin les fait vibrer avec une grande finesse, une très belle retenue de son délicat vibrato.

Enfin, la turba est prise en charge par le chœur — ici l’alliance de Voces8 et de l’Académie du Chœur de l’Orchestre de Paris — qui intervient de manière incisive mais toujours maîtrisée. Préparée par Barnaby Smith, l’alliance des deux ensembles fonctionne très bien et donne une force presque inattendue dans cette œuvre si (faussement)  austère.

Une apparente âpreté

Enfin, les instrumentistes des Musiciens de l’Orchestre de Paris (violon, hautbois, violoncelle, basson et orgue) assurent un rôle essentiel de soutien et de structuration harmonique, sous la direction de Richard Wilberforce, qui exécute ici un travail d’orfèvre. En effet, force est de constater que l’interprétation instrumentale et vocale est ici amenée à un niveau tel que l’on ne peut être qu’ému, si ce n’est boulversé. Yuka Sukeno (basson), Elsa Benabdallah (violon), Gildas Prado, (hautbois) et Alexandre Bernon (violoncelle) ont porté avec une humilité rare la partition de Part. Avec Sarah Kim à l’orgue, ils ont offert un écrin musical de haute tenue aux voix.

La représentation ne pourrait valoir que pour l’ultime partie de l’œuvre. D’un seul mouvement, le chœur se détache, les solistes sont face au public et un « Amen » retentit de toute sa puissance. Non pas entonné par un ensemble, mais par une somme d’artistes, d’individus ayant porté une œuvre complexe à son sommet dans une volonté de découverte et de partage.

Crédit photo T.C

Le concert est à retrouver sur les plateformes de Radio France dans le cadre des Concerts du soir.