07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    07.02.2026 : Affaire Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde Arabe au Quai d’Orsay qui en « prend acte »    05.02.2026 : Réda Soufi est nommé Directeur général de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman
Agenda
Musique
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

4e édition du « Châtelet fait son jazz » : quand la musique interroge le monde

par Hanna Kay
12.02.2026

Au Théâtre du Châtelet, les murs ont de la mémoire. Ils ont entendu les grandes voix, les grands pianistes, tels Alfred Brendel, Daniel Barenboim, Maurizio Pollini. Du 6 au 9 février 2026, sans frontières de style, place au jazz  : le quartet du pianiste israélien Shai Maestro, la parole vive de China Moses, le dialogue subtil entre le pianiste cubain Roberto Fonseca et le violoncelliste Vincent Segal. Puis Dhafer Youssef — concert plus discutable, dans la musique comme dans l’attitude, quand il a appelé à jouer uniquement pour la Palestine, en silenciant les massacres en Iran en ce moment même.. Et l’on n’oubliera pas Célia Kameni, Isaiah Collier, Gabi Hartmann et son message pour la paix, ni l’immense pianiste Kenny Barron en trio. Affiche large, souffle international, ambitions à la mesure du lieu. Le Châtelet n’abrite pas un style,  il accueille une vision et pose une question :  la musique doit-elle refléter les tensions du monde ou nous permettre de nous rassembler autour des émotions partagées ?

Élégance et confidence

Le week-end s’ouvre avec le quartet du pianiste israélien Shai Maestro, ancien pianiste du célèbre contrebassiste Avishai Cohen. Piano, clavier, batterie et contrebasse. Cela commence presque modestement : un piano droit intimiste au son rugueux et charmant, trois temps, une valse suspendue, Puis le passage au piano à queue change la perspective : l’air devient symphonique. Shai Maestro travaille ses triades, grimpe dans les aigus comme s’il cherchait quelque chose — une réponse, peut-être. Les mouvements parallèles dessinent une ligne claire, presque méditative. Un motif répétitif s’installe, pulsation régulière, lumière orangée sur la scène comme un lever de soleil. La contrebasse de Jorde Roeder en pédale de do, ancrage tellurique. Maestro construit, de façon assez différente de son prochain album The GuestHouse . Car on comprend que pour lui, la musique live ne doit pas forcément ressembler à l’album. La salle est comble. Il sait gérer la dramaturgie : montée lente, tension contenue. Par moments, des inflexions orientales traversent le discours, une mémoire harmonique qui affleure. Tout est au service de la musique, les egos effacés. Le batteur, Ofri Nehemya, nous impressionne, en souplesse, en créativité, en sens de l’écoute des autres musiciens.  Israélien, dans un monde fracturé, Shai ne dit pas un mot de politique. Pas une allusion. Rien. Il joue. Il laisse la musique parler pour lui.

Après lui, China Moses entre en scène, bottes argentées et franc-parler. Huit musiciens, cuivres en escadron. Elle se confie. Divorce, applis de rencontres, solitude après quarante ans. « Un homme trop beau ? Donc c’est mort. » Rires. « Le monde entier a besoin de thérapie» , lance-t-elle. Elle est drôle, sensuelle, sexy, mais jamais légère. Une chanson pour ses amies célibataires : « Faites qu’il s’entende bien avec sa mère. » Derrière l’humour, le désir très simple d’amour — et d’un partenaire qui donne de l’espace. Puis la gravité. Elle évoque sa mère, la grande chanteuse Dee Dee Bridgewater, 75 ans, qui a connu le racisme « For whites only » aux États-Unis. Elle cite Nina Simone : le devoir de l’artiste est de refléter son temps. Elle chante pour le Bataclan, pour son amie décédée d’un cancer du sein. Elle parle d’algorithmes, de TDAH, d’auto-production de son album, de refus de différents labels, du courage qu’il faut pour défendre sa musique. It’s Complicated, son dernier album qu’elle présente ce soir, enregistré en 2019, sorti en 2025 après mille obstacles. « Traite ta musique comme une œuvre d’art. Donne-lui de la valeur. » Pour se rapprocher du public, elle a décidé de ne pas le mettre sur les plateformes de streaming mais de l’envoyer par la poste directement à ceux qui lui commandent via son site internet.  Chez elle, le politique passe par l’intime. Par le récit. Par le rire. Elle ne divise pas la salle : elle la rassemble dans la confidence et la musique.

Vibrato, triolets ….et mots de trop ?

Dimanche soir s’ouvre en délicatesse avec le pianiste cubain Roberto Fonseca et le violoncelliste Vincent Segal. « Soul Kiss ». Puis « Nuit parisienne » à La Havane. Deux titres comme deux cartes postales qui se répondent — Paris rêve de Cuba, Cuba se souvient de Paris. Duo touchant aux compositions comme des pièces de genre, presque classiques dans l’écriture. Doubles triolets du piano —la technique et la puissance de Roberto Fonseca ne font aucun doute—,  vibrato profond du violoncelle. Segal raconte qu’il jouait ici à quatorze ans, accompagnant la cantatrice Régine Crespin. Le Châtelet devient mémoire. L’enfance revient par l’archet. Basse répétée dans les graves, pizzicati lents pendant que Roberto Fonseca livre des solos enflammés,  groove indéniable qui naît de cette tension entre retenue et accélération, juste avant le temps, puis juste après , pour atterrir sur le premier temps et la reprise du thème. Ce n’est pas un duel : c’est une danse à deux. La virtuosité ne sert pas l’ego, mais le récit. « Sans lui, j’aurais oublié le vibrato du violoncelle », glisse avec complicité Vincent Segal en parlant de Roberto Fonseca.

Puis vient Dhafer Youssef. Batterie rock, oud incandescent, trompette lointaine, vocalises impressionnantes. Techniquement, la transe est là, bien que nous aurions aimé entendre plus de oud que de voix. Mais très vite, le discours prend le dessus. Il rappelle que son pianiste vient d’Espagne, « pays pro-palestinien ». Il dit chanter pour la Palestine. Une femme dans la salle proteste : « On est là pour la musique. » Un homme lui répond : «T’as qu’à sortir poufiasse». Malaise. La musique continue, mais l’air a changé. Youssef a le droit de dire. L’artiste n’est pas tenu au silence. Mais dans un contexte inflammable, la question surgit : Fallait-il choisir un camp plutôt qu’un horizon? On aurait préféré un message de paix plus inclusif. Que la transe relie plutôt qu’elle ne clive.

Le rôle des artistes

La programmation s’achève le dernier soir avec Kenny Barron, pianiste mythique, figure d’un jazz qui a traversé les décennies. Barron ne fait pas de déclarations. Il joue. Et dans ses accords, il y a déjà une vision du monde : écoute, équilibre, conversation, mémoire, respect. Au Châtelet, ce week-end, quatre attitudes se sont succédées :  le silence habité de Shai Maestro, le témoignage intime de China Moses, la mémoire partagée de Fonseca et Segal, la déclaration frontale de Dhafer Youssef. Le jazz, comme toujours, n’a pas tranché. Il a exposé. Il a rappelé qu’aucune scène n’est neutre. Et que dans un grand théâtre, chaque note — et chaque mot — pèse.

 

Visuel :©Sander Muylaert