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Interview avec Mathilde Fernandez à l’occasion de la sortie de «Piano-Voix»

par Agnès Lemoine
20.02.2026

Après l’ep Hyperstition sorti en 2019, l’album Sensible en 2021… sans oublier la collaboration explosive avec Ascendant Vierge, Mathilde Fernandez sort son nouvel album Piano-Voix ce vendredi 20 février. Ce projet, qui revisite une partie du répertoire de ses créations solos et de celles réalisées avec son duo Ascendant Vierge, se démarque par son format très intimiste. La Scala accueillera la release party de Piano-Voix le 27 mars prochain. À l’occasion de sa sortie, l’équipe de Cult.news a eu le plaisir de s’entretenir avec la chanteuse.

CultNews : Au regard de ton parcours musical, qu’est-ce que tu as envie de mettre en avant dans cet album par rapport à tes autres projets, et autres collaborations ?

Mathilde Fernandez : Je me suis arrêtée sur mon projet solo il y a cinq ans, un petit peu avant la sortie de Sensible. Avec Ascendant Vierge, on a lancé les choses en 2019, mais ça faisait déjà un an qu’on travaillait en sous-marin avec Paul. Il y a eu le Covid, qui a à la fois freiné mais accéléré certaines choses ! On n’a pas tourné pendant plus d’un an, mais on a énormément écrit, produit ensemble… On a donc un peu tout fait d’une traite, l’EP Vierge, l’album Une Nouvelle Chance sont quasiment sortis sur cette année-là. Puis on est partis en tournée… On n’a pas vraiment arrêté pendant 4 ans. Je n’avais plus trop le temps ni le cœur à me consacrer à mon projet solo, qui avait ce côté très pop/électro à l’époque, et faisait un peu doublon avec notre duo. J’ai pu aboutir certains choses que j’avais envie de réaliser musicalement avec Ascendant Vierge. Il fallait que je me redéfinisse un peu artistiquement avant de reprendre la main, et on était quand même bien occupés, donc je ne me suis pas forcément sentie de reprendre tout de suite.

Ces années-là, j’ai quand même accepté quelques rares concerts en solo, uniquement en piano-voix car ça ne me coûtait rien ! En terme d’énergie et de recherche, de set-up…mine de rien, quand tu es seule sur scène et que tu as tout un set-up électro, il faut plonger les mains dans le cambouis avant de remonter sur scène, etc. Il y a un côté presque physique. Les concerts piano-voix, ça me permettait d’arriver les mains dans les poches et de retrouver mon instrument de base.

J’ai commencé à faire du piano en autodidacte quand j’avais 4 ans et je n’ai jamais arrêté. Je ne sais pas lire les notes mais j’ai toujours composé mes morceaux : mes morceaux perso, puis À l’infini, le morceau d’Ascendant Vierge qui est dailleurs dans cet album. Ces quelques concerts ont amélioré mon rapport au piano-voix, c’était la première fois de ma vie que j’assumais de faire ces chansons là juste au piano, sans me dire qu’il manquait quelque chose. Paul m’a aussi beaucoup poussée à sortir ces morceaux de cette façon là ! On a monté ce projet un peu ensemble, qui sort sur le label 12 Stars (qui est le label qu’on a monté). Aujourd’hui, je me sens bien redéfinie artistiquement en solo et ça me met le pied à l’étrier pour de nouveaux projets plus organiques, très différents d’Ascendant Vierge. C’est très cool d’être capable de présenter un concert en piano-voix dans une salle de 100 personnes et aussi de faire un concert d’Ascendant Vierge à 3h du mat sur une scène comme Dour.

 

CN :  Le piano paraissait être un choix évident pour toi ? Peux-tu nous en dire plus ?

MF : C’est mon instrument, j’ai commencé à faire du piano avant de chanter, sans partition. J’ai jamais vu une partition, je faisais semblant de les lire à l’école de musique quand j’étais petite; et quand les profs ont découvert ça, ils ont dit que c’était pas la peine de continuer. Ne pas connaître son solfège peut être limitant; mais au moins je peux produire ça. Je me suis aussi formée en MAO (musique à l’ordinateur) donc je gère les matériaux de production contemporains, et le piano c’est quand même un des meilleurs instruments pour passer à la composition sur ordinateur.

 

CN : La cover de ton album est assez surprenante, il y a un côté à la fois onirique et mélancolique… Qu’est-ce que tu as voulu faire passer à travers cette pochette ? 

MF : J’ai été inspirée par le travail du photographe Camille Leprince avec qui j’ai collaboré pour cette pochette. Je voulais que ce soit avec un piano, un vrai piano sur lequel je puisse jouer, faire des photos en live… J’avais envie que ce soit très intime comme ambiance, je me disais même qu’on pourrait prendre les photos sans stylisme, puis on a fini par changer d’avis. Pour le style, on est entre la robe de soirée et la nuisette. C’est significatif de l’histoire que je me raconte au travers de ces photos, une image de moi qui ne sortirais jamais de chez moi, qui jouerais à une heure inconnue… Un peu comme les vieilles folles qui ne sortent pas de chez elles, un personnage comme cette vieille folle ou une petite fille qui se déguise, sans jamais mettre un pied dehors. Je suis quelqu’un de très casanier, donc je trouve que cette ambiance un peu fermée me ressemble bien. Tu ne sais pas trop où tu es, il fait noir et il y a juste ce piano au milieu. Cela me définit dans mon rapport à la musique : je dis souvent que quand j’écris, quand un texte va être bon, c’est quand je sens un peu, quand je suis dans mon jus que je ne me suis pas lavée. C’est sincère, ça a bien maturé, c’est honnête. Mais je finis quand même par me doucher après… (rires)

 

CN : Cet album Piano-Voix semble insuffler une autre perception de tes textes. On écoute beaucoup plus ce que tu dis, car l’accompagnement musical parait plus « épuré ». Comment est-ce que tu écris en général ? Qu’est-ce qui t’inspire et qu’est ce que tu veux montrer dans tes textes ?

MF : Le fait qu’on entende mieux le texte a été une de mes motivations à reprendre ces chansons là. On m’a souvent fait ce retour après mes concerts au piano. Écrire c’est quand même quelque chose qui me plaît, et ces compositions au piano sont une manière de rendre aux mots leur forme initiale. Comme un poète, j’ai le plaisir des mots, je ne me trouve pas forcément bonne en improvisation orale et je ne suis pas très forte dans ce domaine. Pourtant, à l’écrit j’adore triturer les mots, écrire une phrase qui est en fait une phrase à tiroirs, parce que trois mots alignés peuvent vouloir dire plein de choses différentes.

Souvent, mes chansons démarrent d’un mot qui me plaît et autour duquel j’ai envie d’écrire un texte ! Par exemple Oubliette, c’est une chanson dont le mot me plaisait beaucoup. Je suis tombée dessus par hasard et je me suis dit « mais attends c’est trop mignon comme mot oubliette, c’est comme un petit oubli mignon ». Alors qu’en fait, c’est atroce (rires) ! C’est la même chose pour Érotive ou Chanteuse de guerre, ces associations de mots m’ont donné envie d’écrire un texte.

Sinon, il m’arrive de faire beaucoup de yaourt, notamment pour Ascendant Vierge. Paul m’envoie une prod et j’enregistre ma voix dessus. Et un jour en faisant un yaourt, il y a ce truc-là qui est sorti, qui était « faire et refaire ». Je vais le faire, le refaire, faire et refaire… Puis, il faut que je commence à mettre des mots, à transformer ce yaourt en texte. Mais rien ne vient à part « faire et refaire ». J’étais en conflit. Le faire et refaire quoi ? Puis, on a fini par le garder. Et le titre s’est imposé par lui-même. La composition d’Au top a été extrêmement longue à écrire parce que j’avais l’idée. Je l’avais au fond de moi, je sentais de quoi j’avais envie de parler, mais les mots ne sortaient pas. Elle a pris un an et demi à être écrite, et le titre est arrivé à la fin. Finalement il y a pas mal de procédés : sur cet album là, en général je trouve un mot qui me plaît et je prod avec ça. On retrouve aussi des morceaux comme Amérique qui sont très anciens. Pour celui-ci, j’avais une histoire dans ma tête que je me racontais, et que j’ai eu envie de partager.

 

CN :  Que cela soit avec tes projets solos, tes featuring, ton duo avec Paul… Comment est-ce que tu fais pour ne pas t’égarer dans tous ces domaines musicaux ? Y a-t-il (si oui lesquelles) des difficultés particulières à jongler à travers ces genres ?  

MF : C’est vraiment pas une difficulté de toucher à tout. Au contraire, c’est hyper important. Je crois qu’avec ces années de pratique, je peux bien me vanter d’avoir cette liberté de passer d’un truc à l’autre. Il y a des gens qui me demandent comment. J’ai l’impression que ma voix, on la reconnaît, que ce soit avec Simone Ringer, ou sur d’autres projets pas forcément enregistrés. En septembre dernier, j’ai fait une création scénique avec l’artiste Fantasio par exemple. Être polyvalent, c’est aussi être là où on ne nous attend pas, ce qui est un art à mon sens, et ça fait partie de ma personnalité. Je parle souvent de mon ascendant qui est vierge. Mais moi, je suis gémeau : j’ai besoin de me contrebalancer personnellement. D’aller me pousser dans mes retranchements. La difficulté, si on peut en trouver une, c’est la production. Avoir une idée et l’amener jusqu’à ce qu’elle sorte. C’est toujours un sport de combat extrême. Il faut trouver les moyens d’amener ça. Pour un artiste aujourd’hui, un morceau, il faut l’enrober d’une histoire, d’une séquence réseaux sociaux, d’un visuel, d’un clip parfois…et ça prend du temps. La plupart du temps, je suis en tournée, et c’est tout un travail. Les réalités de production sont parfois pénibles mais ça fait partie du métier. Au final, la partie artistique, c’est un jeu d’enfant.

 

 

CN : Tu parlais d’être là où on ne t’attend pas. Est-ce qu’il y aurait d’autres disciplines qui t’intéresseraient, que tu n’as pas encore testées ?

MF : Il y a beaucoup de choses que je n’ai pas encore pris le temps de faire. J’aimerais faire de la musique de film. Mais ce n’est pas encore lancé. J’attends que Steven Spielberg m’appelle… (rires)  Après, l’agenda est rempli. Il y a plus de 100 jours dans une année pour pouvoir tout faire.

 

CN : On a pu voir ta tracklist et notamment la reprise de Faire et refaire. Comment as-tu sélectionné les morceaux que tu allais présenter dans cet album ? Pourquoi Faire et refaire  plus que Juvénile par exemple ? Est-ce qu’il y a des choix qui ont été évidents ?

MF : Les choix de la tracklist, ce sont les morceaux que j’aime jouer en live. Il n’y en a pas beaucoup que je n’ai pas fait. Et puis, c’est aussi une réalité très pratique : un vinyle, ça ne peut pas supporter plus de 50 minutes de musique. Et je n’avais pas envie de faire un double vinyle (rires). Donc il fallait que je reste au vinyle. Ça a été très facile, mais j’ai dû retirer des trucs.

 

CN : Y a-t-il un morceau qui te tient plus à cœur que d’autres dans Piano-Voix ?

MF : Le plus, non, parce qu’ils ont tous leur importance. Mais j’étais très contente d’enregistrer et de produire Les portes du passé, le dernier titre de l’album. C’est un morceau très long qu’on a du raccourcir (il faisait 9 minutes). C’est une sorte de poésie musicale, un titre un peu progressif. C’est l’histoire d’une personne voit que son histoire d’amour est en train de s’épuiser. Elle essaie de retourner aux prémices de cette histoire et convoque des forces supérieures dans le passé. Sauf qu’elle va trop loin. (Comme dans Les Visiteurs) Elle voit sa vie se redérouler, mais cette fois à l’envers… jusqu’à ce qu’elle revienne à l’état de fœtus. C’est moi qui t’en parle comme ça, mais on voit pas forcément cela dans le texte. J’ai quand même une obsession avec le temps qui passe et ça se retrouve dans beaucoup de mes textes. C’est très clair dans Les Portes du passé, mais aussi dans Impossible mais Vrai,  ou dans Aimer sur le long terme. Il y a la peur du temps qui passe… C’est assez commun, finalement, mais c’est une mes grandes inspirations.

CN : Ta release party est prévue le 27 mars à la Scala. Est-ce que tu voudrais nous en dire plus sur tes prochaines scènes?

MF : Il y a deux concerts release, celui de Paris et de Bruxelles. C’est deux concerts spéciaux, uniques sur ma tournée, parce que je suis accompagnée des deux musiciens avec qui j’ai réalisé cet album, Tim et Kiran, du nom Musique Chronique. Et il y a également ma plus vieille amie musicienne, Sarah Maison, qui est super, et qui m’accompagne en chœur et sur la première partie. Nos premiers concerts, on les a fait ensemble. Tim et Kiran sont mes collaborateurs sur l’album. Ça fait longtemps qu’on se connaît. On se connaît très bien musicalement. C’est eux qui ont arrangé un morceau qui s’appelle Fard dans Sensible. C’est ce qui est prévu pour ces releases. Pour le reste de la tournée, je serai seule !