Après des concerts remarqués au Pitchfork Music Festival et au Festival Les Inrocks, ainsi qu’une date complète au Petit bain, le quintet londonien retrouvait le public parisien au Trabendo ce vendredi 4 avril. Retour sur un concert remonté à bloc, nourri d’une hargne joyeuse et d’une folie contagieuse !
Une sirène d’alarme retentit, accompagnée du tic-tac de la batterie, annonçant que le compte à rebours est lancé. Attachez vos ceintures, le Trabendo entre dans une zone turbulence. La tempête en question : Fat Dog, groupe électro-punk, explosif et indomptable, tout droit venu de Londres. Composée de cinq membres, la fanfare punk s’empare de la scène avec le renfort de deux musiciens, au violon et aux percussions. Avec « Vigilante », le concert commence avant la naissance du monde, puisque ce morceaux est dans l’œil de Dieu, avant le temps, avant la lumière du soleil, comme aux premiers chapitres de la Génèse. D’un ton incantatoire, Joe Love, le chanteur, nous rappelle que “We are all just dogs gnashing our teeth at the moon”. Jusqu’à ce que le morceau explose : il est temps de lâcher la laisse.
Vous l’aurez compris, les chiens sont lâchés, et ils sont partout. Dans les morceaux, ils aboient les refrains, comme sur « Bad Dog ». Dans les clips, ils sont des personnages à part entière, comme dans ceux de « Wither » ou de « King of the Slugs ». Sans parler du grand chien prophétique de la pochette du premier album du quintet, évidement intitulé Woof. Dans une interview donné au journal Mowno, le groupe évoquait ce canidé géant, sorte d’être supérieur, gardien du paradis des grands chiens. Une allégorie qui imagerait la part indomptable et animale de l’esprit humain… Fous comme des jeunes chiots, leurs morceaux sont de part en part traversés de cet esprit frénétique, sauvage, inarrêtable. Pour autant, leur énergie est maîtrisée, canalisée, savamment désordonnée. Hybridations de punk, d’électro, de techno et de musique tzigane, ils sont composés pour nous faire perdre la tête, pour produire une folie fougueuse, ironique et exaltée. À tel point que les gobelets volent, les t-shirt tournoient, et que les corps se jettent dans la foule. Woof, woof, woof.
Avec ses cinq griffes, la patte de Fat Dog laisse sa propre empreinte, sans se fondre dans les pas d’autres groupes comme Idles, Viagras Boys ou Deadletter. Mais certaines empreintes ne se laissent pas pister : plus de la moitié des morceaux joués ce soir sont pour le moment introuvables sur aucune plateforme. Anciens morceaux nées au début du groupe ? Exclusivités du live annonçant l’après-Woof ? Affaire à suivre…
Photos © Julien Tournecuillert