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Le Quatuor Haas ou une invitation à un voyage (sonore) en territoire tchèque

par Thomas Cepitelli
16.01.2026

Les quatuors à cordes prennent leur quartier dans la toujours si séduisante salle des concerts de la Cité de la Musique. Un écrin à la hauteur du bijou qu’est le Quatuor Pavel Haas.

La Biennale des quatuors à cordes, accueillie à la Cité de la musique, s’est imposée au fil des éditions comme un rendez-vous incontournable pour les amateur.ice.s de musique de chambre. Pensée non pas comme un simple panorama du répertoire, mais comme un espace de réflexion sur l’histoire, l’actualité et surtout l’avenir du quatuor à cordes, elle fait dialoguer formations internationales reconnues, jeunes ensembles émergents et œuvres rarement données. La Biennale affirme une ambition claire et vivifiante : montrer que le quatuor est un lieu d’expérimentation, de radicalité expressive et de renouvellement constant du langage musical. Le concert du quatuor Pavel Haas s’inscrivait pleinement dans cette dynamique, en conjuguant exigence technique, engagement interprétatif et intensité émotionnelle.

Le quatuor Pavel Haas : une identité sonore affirmée

Fondé à Prague en 2002, le quatuor Pavel Haas — nommé en hommage au compositeur tchèque mort à Auschwitz en 1944 — s’est rapidement imposé comme l’un des ensembles majeurs de sa génération. Il est aujourd’hui composé de Veronika Jarůšková et Marek Zwiebel  aux violons, Šimon Truszka à l’alto  et Peter Jarůšek au violoncelle. Ces quatre musiciens forment un collectif d’une cohésion remarquable, fruit d’un travail de longue haleine sur la respiration commune, les regards intenses échangés, la souplesse du phrasé et l’extrême précision rythmique.

Leur discographie témoigne d’un goût affirmé pour les répertoires centre-européens, en particulier Janáček, Dvořák, Martinů ou Smetana, mais aussi pour la musique du XXe siècle. Leurs enregistrements des quatuors de Leoš Janáček — unanimement salués par la critique internationale — constituent des références : la tension n’est jamais gratuite, mais toujours structurée, pensée et même incarnée. Cette identité forte, immédiatement reconnaissable, trouvait à la Cité de la musique un écrin idéal.

Un concert à la dramaturgie maîtrisée

Dès les premières mesures, le concert s’est imposé comme un moment de très haute tenue artistique. On déplore d’autant que la salle de la cité de la musique ne soit pas pleine. Elle est pourtant l’endroit parfait pour ce moment d’exception à la fois proche des interprètes et offrant une acoustique parfaite où que l’on soit. Le quatuor Pavel Haas ne joue pas tant pour le public qu’avec lui l’entraînant dans une expérience sonore intense, parfois dérangeante, toujours profondément habitée. Il nous faut, nous aussi dans l’auditoire, se mettre au travail, et, disons-le au diapason. L’écoute mutuelle entre les musicienne.s, la circulation permanente des lignes et la précision des attaques donnaient le sentiment d’un organisme vivant, respirant d’un seul souffle. On aurait pu croire, si l’on avait gardé les yeux clos, qu’une seule et même personne jouait des quatre instruments en même temps. Cette maîtrise de la dramaturgie musicale atteignait un sommet dans l’interprétation du Quatuor à cordes n°1 de Vítězslava Kaprálová, moment inaugural dans le déroulé, mais central dans la réussite de la soirée.

Le quatuor à cordes n°1 de Vítězslava Kaprálová : une œuvre fulgurante, une interprétation majeure

La présence de Vítězslava Kaprálová dans un programme de quatuor à cordes est, c’est peu de le dire, fort rare. Elle fait partie de ces femmes artistes que l’histoire des arts a bien trop invisiblisées. On pense à Charlotte Sohy, par exemple ou même à Germaine Tailleferre , si l’on s’en tient à la France. Compositrice tchèque morte prématurément à l’âge de vingt-cinq ans, Vítězslava Kaprálová, élève de Bohuslav Martinů, demeure encore trop souvent reléguée aux marges de l’histoire musicale. Son Quatuor à cordes n°1, composé en 1935, est pourtant une œuvre d’une maturité remarquable et témoigne d’une voix singulière, audacieuse. Elle en débuta la composition alors qu’elle était encore élève au conservatoire de Brno. Le quatuor Pavel Haas ne se contente pas de défendre une partition : il affirme un geste artistique et politique fort, rappelant l’importance de redonner toute leur place aux compositrices du XXe siècle.

 

Dès le premier mouvement, l’énergie rythmique s’impose avec évidence. Le caractère dansant et folklorique de l’écriture est porté par une pulsation constamment relancée, voire fébrile. Les frappes d’archets, d’une précision remarquable, sculptent la matière sonore avec une netteté saisissante. Le quatuor fait entendre une musique terrienne, charnelle, sensuelle où les accents populaires ne sont jamais folklorisants, mais intégrés à un langage moderne. Le violon, en particulier, explore une large palette de techniques et de registres : glissandi, attaques mordantes, phrases suspendues dans l’aigu extrême presque inaudible. Cette exploration des possibles du violon est menée avec une virtuosité qui n’a rien de démonstratif, mais reste, au contraire, au service de l’expressivité.

Le second mouvement installe un contraste saisissant. Ici, le violoncelle occupe une place centrale, dans un registre très grave face aux autres cordes reléguées dans des zones très aiguës. Ce jeu d’opposition crée une tension impressionnante, comme si la musique se déployait entre deux pôles irréconciliables. Peter Jarůšek donne à la partie de violoncelle une profondeur exceptionnelle, faisant résonner chaque note avec une intensité tellurique. Les autres instruments, en surplomb, dessinent des lignes fragiles, tendues, parfois tranchantes. Le contraste n’est pas seulement sonore, il est expressif et sensible.

 

Les saccades rythmiques, omniprésentes, structurent l’œuvre. Elles créent des ruptures des zones d’instabilité qui empêchent toute installation confortable de l’écoute. Pourtant, au fil du troisième  mouvement, un lent processus d’apaisement se met en place. Les lignes se rapprochent, les tensions se résorbent, laissant émerger une forme de sérénité fragile, jamais totalement acquise. Le quatuor Pavel Haas rend ce cheminement avec une intelligence remarquable, refusant tout pathos inutile, privilégiant la clarté du discours et la justesse des équilibres.

L’interprétation est exigeante à la hauteur de la mission importante de faire découvrir une telle œuvre. Importante, parce qu’elle révèle toute la modernité et la force expressive de l’œuvre. Exigeante, parce qu’elle demande une concentration extrême, une maîtrise technique irréprochable et une compréhension profonde du langage de Kaprálová. À travers cette lecture, elle apparaît non comme une figure secondaire, mais comme une compositrice majeure, dont la voix mérite pleinement sa place aux côtés des grands noms de son époque.

La tension à l’état pur du Quatuor à cordes n°5 de Bohuslav Martinů

Trop rarement donné en concert, le Quatuor à cordes n°5 de Bohuslav Martinů s’est imposé comme le sommet de la soirée. Œuvre de maturité, à l’écriture nerveuse, elle exige des interprètes une cohésion absolue et une écoute de chaque instant. Visible et presque palpable, cette attention collective constituait l’une des grandes forces du quatuor Pavel Haas : chaque entrée, chaque inflexion semblait naître d’un regard, d’une respiration partagée. Sur scène entre chaque mouvement, des sourires discrets s’échangent, mais aussi un temps pour soi, dans la concentration.

Dès le premier mouvement, une envolée du violon vient nous saisir jusqu’à serrer la gorge d’émotions. Portée avec une intensité quasi douloureuse par Veronika Jarůšková, cette ligne ascendante semble lutter contre la matière orchestrale, avant de s’y fondre dans une série d’accords violents, abrupts, presque percussifs. Le contraste entre l’élan lyrique et la brutalité des blocs harmoniques confère au mouvement une force dramatique saisissante. La fin du premier mouvement, abrupte, tendue jusqu’à la rupture, laisse l’auditeur littéralement suspendu, comme frappé par une décharge d’énergie sèche et implacable.

Le regard se porte ensuite naturellement sur l’alto, instrument souvent relégué à un rôle médian dans la musique de chambre, mais ici central. Pavel Nikl y déploie une perfection rythmique remarquable, notamment dans les passages aux cordes pincées, qui égrainent le temps avec une précision d’orfèvre. Ces pizzicati, réguliers, mais jamais mécaniques, instaurent une pulsation intérieure, presque obsédante, qui agit comme un écho discret à la mélodie portée par les autres lignes mélodiques. Cette manière de faire respirer le temps, de lui donner une consistance presque tactile, témoigne d’une compréhension profonde de l’écriture de Martinů et d’une maîtrise collective exceptionnelle.

Antonín Dvořák et son Quatuor à cordes n°14 : la technique  au service de l’émotion

Avec le Quatuor à cordes n°14 d’Antonín Dvořák, le concert atteignait son point d’aboutissement, tant sur le plan musical que physique. Œuvre ample, exigeante, d’une densité presque symphonique, elle met les interprètes à rude épreuve. À ce stade de la soirée, la fatigue est visible, assumée, presque revendiquée : le quatuor à cordes apparaît alors comme un véritable sport de combat, où chaque musicien.ne doit puiser dans ses dernières ressources pour maintenir la tension, la justesse et la cohésion de l’ensemble.

 

Pourtant, rien ne cède. Bien au contraire. Cette fatigue devient matière expressive, donnant aux phrases une intensité supplémentaire, une urgence presque tragique. Le quatuor Pavel Haas traverse l’œuvre avec une autorité impressionnante, maîtrisant les vastes arches mélodiques, les changements d’humeur, les moments de lyrisme expansif comme les passages plus sombres et introspectifs. Le discours reste clair, articulé, porté par une énergie collective qui ne faiblit jamais.

La conclusion s’impose alors avec évidence : la très grande maîtrise technique n’empêche en rien l’émotion, elle en est au contraire la condition. Chez ces musiciens, la virtuosité n’est jamais une fin en soi, mais un outil au service d’une expression profondément humaine.

 Dans ce Quatuor n°14, comme tout au long de la soirée, la précision, l’endurance et la rigueur ouvrent la voie à une émotion brute, directe, qui atteint l’auditeur sans filtre. Le quatuor Pavel Haas rappelle ainsi, avec une force rare, que la musique de chambre est un art de l’engagement total — du corps, de l’esprit et du cœur.

Crédit photo : © Petre Hajska