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À la Salle Gaveau, Alexander Malofeev triomphe dans un somptueux programme scandinavo-russe

par Hannah Starman
25.01.2026

Devant une salle pleine comme un œuf, le pianiste russe de 24 ans déroule un programme original et recherché avec maîtrise et fougue. Sibelius, Grieg, Rautavaara côtoient Prokofiev, Scriabine, Stravinski et Lourié dans un récital soigneusement pensé et impeccablement exécuté.

Sibelius, Grieg et Rautavaara

 

Le pianiste russe de 24 ans dont la chevelure blond platine fait penser au célèbre personnage de Stieg Larsson, entre en scène. Le jeune homme vêtu de noir, aux traits ciselés qui ne se détendront dans un sourire radieux qu’à la fin du concert, se dirige vers le Shigeru-Kawaï avec la concentration et la détermination d’un athlète qui se met en position à la ligne de départ pour gagner la course.

 

Jouant sans partition, il se lance dans Cinq Morceaux op. 75 Les Arbres de Sibelius, des miniatures de deux minutes environ, écrites en 1914. Dès les premières mesures jazzy et colorées de « Quand le sorbier est en fleur », on comprend que nous allons entendre un Malofeev virtuose, intense, volontaire, sensible et exigeant. Il module les ambiances avec habilité et une belle musicalité. « Le Pin solitaire » évoque les paysages lointains et plats, éprouvés par les éléments. Malofeev joue « Le tremble » avec la tendresse d’un jeune papa qui murmure d’une voix tremblante une berceuse au visage paisible de sa fille. « Le bouleau » inspire une joie printanière et « Le sapin » est pétri d’adieux sombres et de tombes anonymes.

 

Malofeev enchaine sans pause avec le Prélude de la Suite Holberg de Grieg. Écrite en 1884 pour piano – il convient de rappeler que Grieg était un pianiste virtuose – l’œuvre en cinq mouvements aux accents folkloriques norvégiens est aujourd’hui plus connue dans sa transcription pour orchestre de cordes effectuée par le compositeur lui-même. Malofeev donne à cette pièce néobaroque de Grieg une interprétation fraîche et remarquablement moderne ; sans épanchements lyriques, mais avec une énergie tantôt enjouée tantôt rêveuse. Un sourire léger traverse parfois le visage de Malofeev. Son intensité est hypnotique dans Air (Andante religioso) et son interprétation de Rigaudon (Allegro con brio) réunit dans le même geste le génie juvénile mozartien et la sagesse d’un vieux conteur nomade.

 

Après une brève pause qui permettra finalement au public d’exprimer son enthousiasme avec un éclat d’applaudissements, Malofeev nous livre la pièce maitresse du programme de la soirée : la Sonate n° 2 « Le Sermon de feu » du compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara. Cette œuvre en trois mouvements a été écrite en 1970 et influencée par le néo-classicisme de Stravinsky et Hindemith. Rarement jouée, elle est intense et expressive, tel le mouvement lent, puissant et implacable d’un volcan en voie d’éruption. Avec une impeccable maîtrise technique et du tempo, on imagine Malofeev dessiner avec un plaisir visible chaque étape de l’ascension de ce magma destructeur ; ralentir, faire une pause douceur, puis augmenter la pression, au sens propre et figuré, jusqu’au point de rupture. Le coup de coudes explosif résonne dans une salle absolument silencieuse avant que le public sidéré ne retrouve ses esprits et ne se mette à applaudir et à tousser vigoureusement.

 

Prokofiev, Scriabine, Stravinski, Lourié

 

Après l’entracte, Alexander Malofeev aborde la Sonate n° 2 de Prokofiev avec l’assurance d’un habile artisan et la sensibilité d’un musicien accompli. Son extraordinaire maîtrise technique lui permet de jouer même les parties les plus virtuoses avec une légèreté joueuse. Nous sommes particulièrement séduits par sa façon souple et intense d’exprimer la pulsion vigoureuse de cette musique saisissante. Écrite en 1913 et dédicacée à Maximilian Schmidthof, un collègue pianiste et ami du Conservatoire de Saint-Pétersbourg qui s’est donné la mort dans les forêts de Terijoki, la Sonate n° 2 est une œuvre âcre et percutante, couvrant la vaste gamme d’émotions d’un tendre lyrisme romantique jusqu’à la brutalité rageuse. Pendant vingt minutes que dure l’exécution de la Sonate n° 2, Malofeev tient les spectateurs en haleine avec une tension concentrée et une espièglerie captivante.

 

Rappelé sur scène plusieurs fois sous un tonnerre d’applaudissements, Malofeev enchaîne ensuite sans pause la Valse op. 38 de Scriabine, les Symphonies d’instruments à vent (l’arrangement d’Arthur Lourié) de Stravinsky et les Cinq préludes fragiles op. 1 d’Arthur Lourié. Le choix de jouer les trois pièces sans interruption est aussi audacieux que judicieux car la narration est ainsi limpide et cohérente. Malofeev commence par un Scriabine rêveur, léger et lumineux, tendre, presque, qui se mue ensuite en un Stravinsky taquin, jazzy et hypnotique avant de terminer le programme en beauté avec les Cinq préludes fragiles. Composées entre 1908 et 1910 alors que Lourié avait 16-18 ans, les cinq miniatures d’environ deux minutes chacune reflètent les influences de Scriabine et l’impressionnisme français, et s’inscrivent parfaitement dans l’ambiance de joie, de fantaisie et de talent fou que nous a créée Alexander Malofeev ce soir à la Salle Gaveau.

 

 

Ses trois bis – Menuet de la Suite HWV 434 de Haendel, Toccata op. 11 de Prokofiev et Prélude pour la main gauche op. 9 n 1 de Scriabine – sont aussi bien réfléchis et éblouissants que le reste du programme. Alexander Malofeev réuni en sa jeune personne un grand pianiste et un homme ancré et stratège, l’ensemble mu par une belle énergie ardente et virile. On attend avec impatience son double album Forgotten Melodies sur le thème de l’exile (Glazounov, Glinka, Rachmaninov et Medtner) qui sortira chez Sony le 27 février.

Visuel : © Liudmila Malofeeva