Avec sa première bande dessinée, Les Marrons, Corentin Pernet offre un récit émouvant et nostalgique sur l’adolescence.
Des années après avoir déménagé à Paris, Lucien revient dans sa ville natale pour vider la maison de son enfance en compagnie de son père. Au grenier l’attendent huit cartons avec « Dijon » simplement étiqueté sur chacun. Et lorsque Lucien se met à fouiller dedans, tout lui revient de cette époque bénie, entre insouciance et turbulence.
Aussitôt ressurgit le square qui les a vu grandir, lui et ses copains du quartier Sébastien, Clément et Téo, aka le « Club K ». Ils étaient les princes de ces lieux au début des années 2000, avec leurs baskets Nike Requin aux pieds et des pétards plein les poches. C’était leur royaume, théâtre de leurs jeux et de leurs premières fois.
Originaire de Dijon, Corentin Pernet déroule un récit adolescent qui fleure bon l’authenticité et la nostalgie. Oscillant entre les encres aquarelles et les encres acryliques dans une palette colorée et intense, l’auteur illustrateur enchante d’une page à l’autre, avec un souci du détail qui fait ressurgir ses propres souvenirs de cette période charnière, d’autant plus si l’on a été ado dans les années 2000.
Tandis que Jules Magistry évoque les affres de la masculinité adolescente dans Avec les Mecs, qui prend également place dans les années 2000, Corentin Pernet se concentre quant à lui avec sensibilité sur le temps qui passe et le délitement progressif, et souvent subi, de sa bande de copains au gré des changements de collèges et des déménagements des uns et des autres. A travers l’histoire émouvante de Lucien, Corentin Pernet donne clairement envie de passer un coup de fil à des ami.e.s d’enfance perdu.e.s de vue depuis (bien trop) longtemps.
Les Marrons de Corentin Pernet, Sarbacane, 176 pages, 25,00 €. En librairie le 7 Octobre 2026.
Visuel : © Sarbacane