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« Exils. Œuvres choisies » de Curzio Malaparte : rendre justice à un auteur méconnu

par Julien Coquet
20.02.2026

Si Curzio Malaparte est avant tout connu pour ses deux chefs-d’œuvre, Kaputt et La Peau, le Quarto consacré à l’auteur italien donne à voir une œuvre plus large, accompagnée d’un appareil critique bienvenu.

Il fut écrivain, journaliste, polémiste ou encore théoricien. Ce touche-à-tout de Curzio Malaparte (1898-1957) reste peu connu du grand public, si ce n’est pour sa magnifique villa à Capri (immortalisée dans Le Mépris de Godard) et pour ses deux grands livres sur la Seconde Guerre mondiale que sont Kaputt et La Peau. Dans sa préface « Malaparte ou l’art cruel d’ausculter la modernité », Emmanuel Mattiato voit deux raisons à la relative marginalisation de l’œuvre de l’auteur italien. D’une part, un caractère politique sulfureux (difficile de résumer en quelques lignes son engagement politique) ; d’autre part, son « non-conformisme idéologique […] systématiquement confondu avec de l’opportunisme ». Par exemple, de Technique du coup d’Etat publié à l’été 1931, Emmanuel Mattiato écrit qu’ « à l’ère des utopies révolutionnaires, fussent-elles noires ou rouges, [Malaparte] balaye tout résidu de romantisme politique en théorisant le fait que les séditions modernes sont moins le fruit d’un processus populaire que l’œuvre d’une élite de techniciens chevronnés. »

Écrire pour le peuple et sur le peuple

Il est donc passionnant de se plonger dans ce nouveau Quarto qui regroupe donc les deux grands romans précités, mais aussi des essais (Technique du coup d’État et Conférence à l’école de Paix), des récits et nouvelles (Sodome et Gomorrhe et La Tête en fuite) et un écrit intime, Journal d’un étranger à Paris. Le tout présenté et annoté par Emmanuel Mattiato. On se régale également du premier texte du Quarto, signé Milan Kundera, ode à La Peau (« Pendant sa vie, Malaparte a écrit beaucoup de livres – essais, polémiques, observations, souvenirs – tous intelligents, brillants, mais qui, certainement, seraient déjà oubliés si n’existaient pas Kaputt et La Peau. »).

 

Avec Kaputt et La Peau, Malaparte offre des récits qui dépassent la simple chronique de guerre pour s’approcher d’une méditation sur la condition humaine, où la violence, l’absurde et la beauté se rencontrent dans des pages d’une grande intensité littéraire. L’accumulation des scènes sanglantes rappelle les grandes scènes du théâtre grec. Peu étonnant chez un auteur qui cherchait à transposer la catharsis, notion éminemment théâtrale, dans ses romans. Il reste donc à vous plonger dans ses deux textes profondément littéraires, furieux, débordants de personnages et de trouvailles, avant de peut-être prendre des chemins de traverse dans l’œuvre malapartienne.

Exils. Œuvres choisies, Curzio MALAPARTE, Gallimard, Quarto, 1312 pages, 36 €.

Visuel : © Couverture du livre.