Phénomène littéraire en Allemagne (plus de 200 000 exemplaires vendus), traduit en 16 langues, Court-circuit use d’un système narratif innovant sans pour autant passionner.
Franz Escher attend l’électricien censé venir réparer sa prise électrique. Pour s’occuper, Escher ouvre sont livre centré sur Elio Russo, ancien mafioso repenti et en cours d’exfiltration d’Italie. Le jeune Italien, nerveux en prison, cherche à tout prix à se détendre. Il se plonge dans un livre prêté par celui avec qui il partage sa cellule. Et son roman parle d’un certain Franz Escher qui attend un électricien…
On l’aura compris rapidement, notamment avec cette référence subtile à M. C. Escher. Court-Circuit va jouer avec la mise en abyme. Qui lit qui ? Franz Escher lit-il un roman ? Ou Elio Russo est-il, lui, réel, s’intéressant à un Franz Escher fictif ? De manière intelligente, le roman passe d’une histoire à une autre par un simple changement de paragraphe. Court-circuit est bien fait, sérieux.
Fallait-il pour autant développer ce concept sur plus de 250 pages ? On pense bien sûr à ces diables d’Argentins (Borges et Cortázar notamment) pour qui la littérature était un terrain de jeux. Mais ceux-ci avaient la décence de comprendre qu’un concept ne peut s’étirer sur des centaines de pages, et que le format même de la nouvelle permet d’innover sans lasser.
Court-circuit, Wolf HAAS, Flammarion, traduit de l’allemand (Autriche) par Rose Labourie, 266 pages, 22 euros.
Visuel : © Visuel du livre.