Entre Le Petit Nicolas et Les Cahiers d’Esther, cette bande dessinée sur un enfant prêt à tout pour devenir un écrivain célèbre touche juste.
Alors que Nathalie Azoulay publie une nouvelle traduction de Peter Pan et que le célèbre conte de James Matthew Barrie entre en Pléiade, Mémoires d’un garçon agité met lui aussi en scène un petit garçon qui ne souhaite plus grandir. « Je ne supporte plus l’idée de devenir adulte ! Franchement… Regardez l’état dans lequel vous nous laissez le monde. Vous comprendrez que ça ne donne pas fort envie… » déclare Germain Coppin. Alors, pour arrêter le temps, Germain décide d’écrire. Grâce à une machine à écrire Underwood, Germain se lance dans l’écriture de ses Mémoires d’un garçon agité, après avoir opté pour son nom de plume, Raoul Underwood.
En plusieurs chapitres, Germain raconte ses souvenirs, des moments marquants qui le font devenir adulte. Il y a d’abord la rencontre avec la pauvreté, via le Père Noël d’un centre commercial, puis la mort de son chat adoré, Bart Simpson, ou encore l’alcoolisme de son parrain. Seul le « gros truc » reste difficile à évoquer, avant que, finalement, Germain se livre dans les dernières pages… Et il y a les moments de joie : les balades avec le grand-père en forêt, les discussions avec le Papa, la balançoire avec la voisine…
D’une grande sensibilité, Mémoires d’un garçon agité convoque aussi bien Les Cahiers d’Esther de Riad Sattouf que Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny pour le portrait de sa jeunesse (le dessin de Valérie Vernay rappelle d’ailleurs fortement les traits de Sempé). Grâce à sa fine observation du monde des adultes, ce petit bonhomme nous fait rire. Si le grand-père se contente de mettre les pieds sous la table alors que sa femme a tout cuisiné, Germain remarque que « oui, ils ne sont pas très « me too » comme génération… » En découvrant les affiches électorales, Germain note que « les politiciens doivent se sentir vraiment très seuls pour avoir envie de montrer leur tête partout ».Un album à hauteur d’enfant qui parlera surtout aux adultes désireux de comprendre ce que grandir veut dire.
Mémoires d’un garçon agité, Vincent ZABUS (scénario) et Valérie VERNAY (dessin), Dargaud, 144 pages, 23,95 €.
Visuel : © Couverture de l’album.