Ce tome de la célèbre série de bandes dessinées Les Cités obscures mélange habilement fantastique et science-fiction.
Brüsel, 21 juillet 784. Le vieux Constant Abeels retrouve dans son appartement des pierres qui apparaissent soudainement, toutes pesant 9 793 grammes. De l’autre côté de la rue, une mère célibataire devient folle : des grains de sable, sortis de nulle part, forment de petits tas dans son appartement. Et puis il y a aussi Maurice, restaurateur de Chez Maurice, ébahi par sa découverte : il a beau manger, son poids diminue sans que sa carrure n’en paraisse affectée. Et si finalement tout avait un sens ? Tout était lié à l’arrivée d’un mystérieux guerrier bugti, nommé Gholam Mortiza Khan, écrasé par le tramway de la ville ?
Cet album de la série des Cités obscures peut se lire indépendamment des autres. François Schuiten, au dessin, et Benoît Peeters, au scénario, allient parfaitement mystère et science-fiction dans cette enquête menée par Mary Von Rathen, « collecteuse de phénomènes inexpliqués ». Au fur et à mesure que les pages se tournent, les dérèglements s’intensifient, conduisant à l’ensablement de Brüsel, à l’effondrement de l’immeuble d’Abeels et à l’envol de Maurice. Le décor de la ville fictive s’inspire grandement de la véritable Bruxelles, modifiée par les zeppelins et les tours gigantesques cohabitant avec les immeubles Art Nouveau. Le dessin de Schuiten reste superbe, dans un noir et blanc contrasté, aux lignes claires et aux visages expressifs.
La Théorie du grain de sable, François SCHUITEN (dessin) et Benoît PEETERS (scénario), Casterman, 128 pages, 28 €
Visuel : © Couverture de l’album