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18.03.2026 → 21.06.2026

La mythologie de Nan Goldin : This Will Not End Well

par Georgia Velasco
19.03.2026

En ce moment se tient l’une des expositions photographiques les plus marquantes de l’année : un retour complet sur l’œuvre de l’artiste Nan Goldin. Pour cette occasion, l’artiste a conçu cinq installations de diaporamas, présentées au Grand Palais ainsi que dans la chapelle Saint-Louis de l’hôpital de la Salpêtrière.

« J’ai toujours voulu être cinéaste »

La première exposition en France offrant une vue d’ensemble sur le travail de Nan Goldin s’appuie sur le format du diaporama, qui permet une immersion profonde dans son univers. La scénographie, se déploie sous la forme de pavillons conçue par Hala Wardé, disséminés dans le Salon d’honneur du Grand Palais. Chacun présente un diaporama unique, véritable œuvre autonome. Parmi eux, la dernière version mise à jour de Ballad of Sexual Dependency, projet commencé dans les années 1970 et poursuivi jusqu’à aujourd’hui, est à découvrir. Comme toutes les œuvres exposées, elle rend hommage à ses ami·es disparu·es, victimes d’oppression ou de maladie, ainsi qu’au peuple palestinien, sujet d’un montage projeté sur un des murs du salon.

Hommage à ses pairs

À travers ces pavillons, Nan Goldin tisse une puissante réinterprétation des mythes sociaux. Sa photographie, à la fois documentaire et d’une brutalité innocente, frappe par son authenticité et sa proximité avec les milieux qu’elle fréquente. Après le suicide de sa sœur Barbara, elle quitte sa famille à 14 ans pour rejoindre les milieux queer marginalisés de l’époque. Elle y documente la génération du sida, une époque d’excès qu’elle a elle-même traversée. Le pavillon Memory Lost retrace son parcours de guérison face à ses addictions, tandis que The Other Side rend hommage à ses ami·es transgenres, célébrant la queerness à travers un portrait vibrant et militant de cette communauté.

Nan Goldin au-delà du mythe

L’œuvre de Nan Goldin plonge sans concession dans une réalité brute, loin des récits idéalisés que la société construit autour de la vie, de l’amour et de l’identité. Ses images captent des moments intimes, souvent marqués par la douleur, la vulnérabilité ou la marginalité, révélant des vérités que les représentations traditionnelles cherchent à dissimuler ou à enjoliver. En exposant sans filtre les luttes, les joies et les failles de ses sujets, Goldin déconstruit les mythes contemporains du bonheur parfait, de la beauté normative et de la réussite sociale. Parmi ses œuvres les plus marquantes, Saints, Sisters, Sibyls (2004), installée aujourd’hui dans la chapelle Saint-Louis, dénonce la négligence et l’autoritarisme des institutions en matière de santé mentale féminine, un combat personnel lié à la mort de sa sœur et aux souffrances qu’elle a elle-même endurées.

Une œuvre profondément essentielle

S’immerger dans l’univers de Nan Goldin, c’est affronter la violence, l’injustice et la mort, mais aussi l’amour, la sororité et l’humanisme. Elle a créé son propre mythe, peuplé de personnages hauts en couleur et profondément humains. Nous vous recommandons vivement de découvrir This Will Not End Well, présentée au Grand Palais et à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, du 18 mars au 21 juin 2026.

 Visuel : © Nan Goldin, Untitled, 1982