Du 24 mars au 19 juillet 2026, près de 200 objets cartographiques issus du département des Cartes et plans de la Bibliothèque Nationale de France sont exposés au grand public sur le site François-Mitterrand. À la croisée entre arts et sciences, réalité et fiction, mythes antiques et écritures contemporaines, Cartes Imaginaires. Inventer des mondes a pour objectif de rendre accessibles au grand public les archives cartographiques de la plus grande bibliothèque de France.
L’exposition Cartes Imaginaires. Inventer des mondes est conçue comme un voyage spatio-temporel à travers toutes les époques et tous les continents. Les commissaires Julia Garel-Grislin et Cristina Ion ont souhaité présenter les cartes et les œuvres en suivant leur propre chemin de pensée, sans tenir compte des époques ou des territoires.
Toutes deux conservatrices au département des Cartes et plans de la BnF, les commissaires de l’exposition sont issues du monde des sciences humaines, et opèrent donc un certain détachement vis-à-vis de l’approche purement scientifique et géographique à laquelle peuvent se prêter les cartes. Le parti pris de l’exposition est à l’inverse beaucoup plus poétique, et gravite autour des imaginaires.

Visuel ci-dessus © François Chauveau, Carte de Tendre, dans Clélie, Histoire romaine de Madeleine de Scudéry, 1654 – BnF, Réserve des livres rares
L’exposition se découpe en quatre parties : « Les mondes inexplorés », où sont exposées toutes les cartes relevant de l’imaginaire des territoires inconnus ou méconnus ; « Les mondes légendaires » où sont exposées les cartes qui tracent le contour des terres mythiques ou mentionnées par des textes religieux ; « Les mondes littéraires » où sont exposées des cartes en rapport direct avec des œuvres littéraires ; et pour finir, « Les mondes de la carte », partie qui explore comment le modèle cartographique peut être repris pour représenter autre chose qu’un simple territoire (émotions, mémoire, corps humain…).
Cette disposition des archives cartographiques de la BnF est savamment pensée, et permet de rendre visibles les liens existants entre géographes du Moyen Âge, écrivains du XIXᵉ et artistes contemporains. Le tracé des lieux hante nos visions du monde. La nécessité que nous avons de nous représenter le monde, de mettre en image les récits scientifiques, religieux ou littéraires se retrouve dans toutes les régions du monde.

Visuel ci-dessus © Barthélémy de Bologne, Des six jours de la Création, vers 1670 – 1680. BnF, Manuscrits
« Écrire, c’est cartographier » affirmait le philosophe et sociologue Gilles Deleuze. L’inverse est tout aussi vrai.
Outre l’approche thématique de l’exposition, la scénographie immersive et la forme du parcours rendent l’expérience très agréable.
A l’aide de grands dessins projetés aux murs et d’une ambiance sonore envoûtante, la scénographie conçue par Marion Golmard nous immerge dans un univers peuplé de créatures mystérieuses. La déambulation en forme de zigzag se prête par ailleurs très bien au thème, et le tracé rappelle celui d’un sentier balisé ou d’un chemin labyrinthique.
En plus des références à la pop culture, à la littérature fantaisie et aux jeux vidéo, la diversité des médiums employés – cartes, livres, arts plastiques, écrans – achève de rendre l’exposition très accessible au jeune public. Un jeu d’énigmes est d’ailleurs proposé à l’entrée de la visite pour les enfants entre 5 et 12 ans.

Visuel ci-dessus © Détail de l’œuvre de Bernard Sleigh An Anciente Mappe of Fairyland (Carte ancienne du royaume des fées), 1925 BnF, Cartes et plans
Alors, prêt.es pour partir à la découverte des terres inconnues ?
Cartes imaginaires. Inventer des mondes à retrouver du 24 mars au 19 juillet sur le site François-Mitterrand de la BnF. Cliquez ici pour accéder à la billetterie.
Visuel principal : © Affiche de l’exposition
Titre de la première sous-partie inspirée de la citation « Toute littérature est assaut contre la frontière » de l’écrivain Franz Kafka .