Sébastien Lifschitz dédie son nouveau documentaire à Claude Loir, qui avait sorti ses mémoires, Confessions païennes, en 2023 aux éditions Hors Champ. Une vie qui commence et revient en Ariège avec un passage par les nuits les plus libres de la capitale… À voir le 12 janvier sur Arte.tv et puis le 19 janvier sur Arte.
« L’envie de s’envoyer en l’air était plus forte que la peur. » Né en 1944, Claude Loir se présente sans façons à la caméra de Sébastien Lifschitz dans les paysages de son Ariège de naissance où il est revenu s’occuper de sa mère. Il raconte son enfance modeste, la pauvreté, le passage par l’armée, la découverte de l’homosexualité dans les années 1950, les pissotières de Cannes et Paris, les années 1970 et 1980 dans la capitale, la figuration à la Comédie française (qui ne lui convenait pas, il voulait comme Delon jouer lui-même), les films pornographiques improvisés. Il raconte surtout un fort goût de liberté et de plaisir et une trajectoire sexuelle et sociale assumée. Claude Loir devient l’un des pionniers d’un cinéma et d’une sexualité qui refusent les catégories étanches, avant le sida et dans une France d’avant, où un jeune homme pauvre d’Ariège peut devenir une figure des milieux interlopes et alternatifs parisiens.
La caméra de Sébastien Lifshitz, fidèle à sa méthode, privilégie l’entretien face caméra. Claude Loir parle librement, sans chercher à lisser son parcours ni à le rendre exemplaire. Quelques images d’archives, des extraits de films, des productions auxquelles il a participé mais aussi des images qui de la France des années 1950 aux années 1980 viennent jalonner ce récit brut. Une carrière se dessine, libre, joyeuse, éclatée et à la lisière des circuits officiels. Lifshitz filme cette parole directe avec à la fois empathie et précision, la musique souvent classique (Elgar…) et si bien choisie venant souligner la beauté des paysages, la franchise de la parole partagée et une époque revisitée par des images rarement remémorées. Fidèle à lui-même, Sébastien Lifschitz sait nous faire entrer dans le singulier d’une destinée avec à la fois beaucoup d’audace et de délicatesse.
Un jeune homme de bonne famille, de Sébastien Lifshitz, ARTE France, Agat Films, INA
France, 2025, 1h27, Diffusion : lundi 19 janvier 2026 à 22h35 sur ARTE, disponible sur arte.tv du 12 janvier 2026 au 17 août 2026.
© Alpha-France – Agat Films