Passé par la Quinzaine des Cinéastes et le Festival du Cinéma Américain de Deauville en 2025, Les Lumières de New York, premier long métrage de Lloyd Lee Choi, débarque cette semaine dans les salles hexagonales.
Avec Les Lumières de New York, le scénariste et réalisateur coréano-canadien Lloyd Lee Choi déploie la trame de son premier court métrage Same Old (2022) qui fut en compétition lors de la 75ème édition du Festival de Cannes. Ce premier projet remarqué relate la nuit désespérée d’un livreur chinois à la recherche de son vélo volé dans les rues de la Grosse Pomme. Complexifié et retravaillé pour l’occasion, le scénario des Lumières de New York reprend également les prénoms de Lu, héros de Same Old, et de Queenie, jeune héroïne intrépide de Closing Dynasty (2023), deuxième court de Lloyd Lee Choi disponible sur Netflix, pour créer le duo père/fille au centre de son dernier-né.
Désireux de développer un nouvel angle et de nouveaux enjeux pour son passage du court au long, le réalisateur combine donc des éléments de ses précédents projets à de nouvelles thématiques. Lloyd Lee Choi relate dans Les Lumières de New York les péripéties de Lu (Chang Chen), arrivé de Chine à New York avec le rêve d’ouvrir un restaurant. Mais rapidement, ses espoirs s’effondrent, le laissant enlisé dans les dettes et les petits boulots. Séparé de sa femme (Fala Chen) et sa fille Yaya (Carabelle Manna Wei), aka Queenie, depuis des années, Lu s’efforce de leur offrir un moment de bonheur et d’espoir en un avenir plus radieux lorsqu’elles le rejoignent à New York afin de reconstruire une vie à trois.
Dès les premières séquences, Les Lumières de New York rappelle rapidement le saisissant L’Histoire de Souleymane (2024) de Boris Lojkine, mais surtout le tout aussi épatant Take Out (2004), réalisé par Sean Baker et Shih-Ching Tsou. Ce dernier conte en effet les tribulations d’un livreur chinois à vélo, qui a jusqu’à la fin de la journée pour payer ses passeurs sous une pluie diluvienne. Comme Sean Baker et Shih-Ching Tsou, Lloyd Lee Choi s’attelle à la mise en lumière de la précarité des immigrés chinois débarqués aux États-Unis et leur combat quotidien pour tenter de toucher du doigt le rêve américain, quoi qu’il en coûte. Il serait pourtant bien dommage de cantonner Les Lumières de New York à une pâle copie de ses aînés, tant le contre-portrait de la Grosse Pomme dépeint ici bouleverse.
Bien loin des images d’Épinal qu’on lui connaît tant, la Ville qui ne dort jamais se révèle dans le film aussi gloutonne, avalant tout humain sur son passage, qu’imperméable, ne laissant aucun répit à Lu. Le titre du film devient dès lors bien ironique, les lumières de New York ne semblant pas briller pour notre héros. Appuyé par une colorimétrie sombre et bleutée, ainsi que de nombreux surcadrages capturés en plan fixe, le film évoque la persévérance, la pression, les disparités et la survie auxquelles sont confrontées les immigrés à leur arrivée au Pays de l’Oncle Tom. Contrée qui a depuis longtemps rangée ses paillettes au placard. Ode à l’amour, la famille et à la détermination sans faille à aller de l’avant, Les Lumières de New York est un drame social bouleversant, et l’occasion de découvrir l’une des relations père/fille les plus émouvantes vues sur grand écran ces derniers temps.
Les Lumières de New York de Lloyd Lee Choi. Avec Fala Chen, Perry Yung, Laith Nakli… ; États-Unis, Canada. 01h43. Présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025. Sortie le 7 Janvier 2026.
Visuel : © Lucky Lu Film LLC.