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Les 14 courts-métrages savoureux du Palmarès de Clermont-Ferrand

par Marilou Cognée
12.03.2026

Dimanche dernier, le palmarès des courts-métrages de la 48e édition du Festival de Clermont-Ferrand était rediffusé au Forum des Images (Paris, 1er). Petit tour d’horizon des 14 pépites cinématographiques auxquelles nous avons pu assister.

La 48e édition du Festival de Courts-Métrages de Clermont-Ferrand s’est déroulée du 30 janvier au 7 février 2026, avec cette année un intérêt spécifique porté à l’Asie du Sud-est. Les Palmarès Labo, National et International (nous n’avons malheureusement pas pu assister au Palmarès Jeune Public) dressent à eux tous un très beau panorama de ce format cinématographique particulier.

 

Le monde comme il va

 

Avec au total six courts-métrages consacrés au documentaire (toutes catégories confondues), le Festival de Clermont-Ferrand rend hommage à celles et ceux qui parviennent à rendre compte des réalités du monde actuel avec beaucoup de justesse.

 

Dans le Palmarès Labo, on retrouve Soixante-sept Millisecondes (Prix du Public et Prix du Festival Connexion) de Fleuryfontaine, un duo d’artistes réunis sous un même pseudonyme. Le court retrace la trajectoire d’une balle en caoutchouc tirée par un policier sur un jeune homme qui a perdu son œil suite à cette agression. Au récit de la victime viennent se superposer les images enregistrées par une caméra de vidéo-surveillance, ainsi que des images de synthèse générées par ordinateur. Alors que le policier mis en cause a été relaxé, le court met en lumière le sujet des violences policières, qui demeure encore tabou dans la société française actuelle.

 

Toujours dans le Palmarès Labo, le film Lengua Muerta (Langue Morte), réalisé par le chilien José Jimenez et récompensé par le Prix Étudiant, rend compte de l’impossibilité du langage face à l’horreur absolue. Il suit Ricardo Rifo, un homme ayant travaillé trois ans au service de Ingrid Olderöck, surnommée “La femme aux chiens” et connue pour avoir dressé les canidés à violer et torturer les prisonnier.ères politiques pendant les premières années de la dictature de Pinochet (1973-1988). La lenteur des plans, les superpositions d’images suggestives et l’esthétique en noir et blanc rendent bien comptent de ce temps figé, où les fantômes errent encore à la recherche des mots pour dire le mal qu’on leur a fait.

 

Avec L’Mina (Prix Spécial du jury), la réalisatrice franco-marocaine Randa Maroufi propose quant à elle une reconstitution documentaire réalisée avec les mineurs de la ville marocaine de Jerada. Les acteurs sont donc les narrateurs de leur propre histoire, celle d’une mine officiellement fermée, mais gardée officieusement ouverte par manque d’alternatives économiques proposées. On y trouve de beaux plans filmés en continu.

 

Couronné par le Prix du meilleur film européen et par la Mention spéciale du jury étudiant du Palmarès International, le court-métrage Buda suit les ouvriers d’un Recypark (déchetterie) en Belgique. Le réalisateur Raphaël Kaddour rend compte avec beaucoup de douceur des difficultés physiques, mais surtout sociales et psychiques, auxquelles les ouvriers sont confrontés tous les jours.

 

Le prix du meilleur film d’animation du Palmarès international a été décerné à Breaking Walls (Briser les murs) de Jan-Dirk Bouw (Belgique, Pays-Bas et Norvège). Le court retrace l’histoire de Hoi Yi (anonymisé sous ce nom), un journaliste chinois exilé aux Pays-Bas, qui lutte contre la censure politique à l’œuvre dans son pays natal. A cette première censure s’ajoute un musellement intime, celui de son homosexualité qu’il n’ose pas dévoiler à sa famille restée en Chine.

 

Enfin, le Grand Prix ainsi que la Mention spéciale du jury étudiant du Palmarès National ont tous deux été décernés à Intersecting Memories, de la réalisatrice palestinienne Shayma’ Awawdeh. Elle mêle les souvenirs de son enfance dans la ville de Ramallah à des archives visuelles datant de la Seconde Intifada (2000-2005) dans la ville d’Hébron, en Palestine. Les images sont dures, le récit émouvant, et le film, plus que jamais nécessaire.

 

Du surréalisme au réalisme magique

 

Dans le Palmarès International, Coeur Bleu de Samuel Suffren (France et Haïti), récompensé par le Grand Prix, et Buah (Le Fruit) de la réalisatrice singapourienne Jen Nee Lim, couronné par le Prix spécial du jury et para Mention spéciale du jury Queer métrage, semblent se répondre : les deux semblent intégrer dans leur récit et leurs images un imaginaire à cheval entre surréalisme et réalisme magique.

 

Coeur Bleu conte l’histoire de deux parents haïtiens faisant face à la disparition de leur fils qui a récemment émigré aux Etats-Unis à la recherche d’une vie nouvelle. La violence du sujet n’empêche en rien la beauté de plusieurs tableaux surréalistes.

 

Le court de Jen Nee Lim narre quant à lui la rencontre entre une jeune fille singapourienne souhaitant avorter, et une jeune conductrice de bus un peu étrange… Un film gore et savoureux, les sorcières se reconnaîtront…

 

Le rire, entre légèreté et catharsis

 

Pour alléger un peu l’ambiance de la salle, le Festival de Clermont-Ferrand sélectionne quand même certains courts humoristiques dans son Palmarès.

 

Au Palmarès National, c’est Du Pain et des Jeux, réalisé par Léa Tarral et Judith Longuet-Marx (France – Belgique) qui a reçu le Prix du rire “Fernand-Raynaud” en plus du Prix spécial du Jury. Ferdinand (du véritable prénom de l’acteur Ferdinand Niquet-Rioux) évolue de petit boulot en petit boulot dans la ville de Paris pendant les Jeux Olympiques de 2024. Avec des airs de Vincent Lacoste, l’acteur principal est drôle et décalé, on passe un moment savoureux.

 

Veuillez patienter, de Solal Bouloudnine (Prix du public – Prix CANAL+) signe quant à lui une critique acerbe et comique à l’égard des services en ligne et temps d’attente téléphoniques infinis de notre époque post-moderne : alors que Laurent et Sophie font appel à Gagu, un service spécialiste du montage de meubles à domicile, leur “Gaguman” va devoir rester un peu plus de temps que prévu chez eux… Tendre et absurde, le film se présente comme un véritable réquisitoire contre le racisme, et un encouragement à prendre le temps de partir à la rencontre de l’Autre.

 

Enfin, au Palmarès International, le très bon court-métrage A shot at Art (L’Art fait Mouche) de Ilke Paddenburg (Pays-Bas), relate la journée de deux femmes bénévoles à un festival d’art, qui vont découvrir une installation artistique pour le moins originale… Gagnant du Prix du Public, ce film résonne comme une dénonciation hilarante et très cathartique du patriarcat.

 

Animez-vous !

 

Parmi les films d’animation (outre Breaking Walls déjà mentionné), on retrouve le très déjanté Um réalisé par Nieto, et récompensé par le Prix des Effets Spéciaux (sélection Labo). Des êtres mi-humains mi-oiseaux s’acharnent à détruire des œufs dans un monde psychédélique et sens dessus-dessous.

 

Au Palmarès National, Sulaimani de Vinnie Ann Bose est le gagnant du Prix SACD du meilleur film d’animation francophone et du Grand Prix France Télévisions du court métrage. Deux femmes originaires du Kerala se rencontrent dans un restaurant indien de Paris, dont les odeurs et les saveurs enfouies raniment leurs souvenirs. Réalisé à base de tissus et de papier mâché, le court-métrage est très poétique.

 

Enfin, Dieu est timide, réalisé par Jocelyn Charles et récompensé par le Grand Prix de la Sélection Labo, narre la rencontre de deux jeunes, Ariel et Paul, avec Gilda, une passagère de train. Le film, tantôt drôle et tantôt effrayant, s’inspire de l’univers des animations japonaises, pour partir en quête de nos angoisses existentielles les plus profondes. Une pépite.

 

 

Vous pouvez d’ores et déjà retrouver deux des courts-métrages sélectionnés sur Arte.TV (les liens sont intégrés dans l’article). La plateforme met régulièrement à jour sa sélection de courts-métrages à regarder en ligne et gratuitement.

Visuel : © Affiche de la 48e édition du Festival de Clermont-Ferrand