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« La femme de » de David Roux : l’anti-Bovary

par Farah Malaoui
08.03.2026

Avec La femme de, le réalisateur David Roux propose une variation contemporaine sur l’éternelle question de l’identité féminine.

La femme derrière l’épouse

Dans ce portrait intérieur de femme apparemment accomplie, Marianne découvre qu’elle s’est peu à peu dissoute dans les attentes sociales. Porté par l’interprétation tout en retenue de Mélanie Thierry, le film s’inscrit dans une tradition littéraire et cinématographique du récit d’émancipation féminine. Impossible, à ce titre, de ne pas penser à Gustave Flaubert et à son héroïne emblématique Emma Bovary. Pourtant, si les deux œuvres partagent un point de départ similaire, les deux femmes enfermées dans l’ennui et la frustration de leur statut empruntent des chemins presque opposés. Plutôt qu’une tragédie flamboyante à la Flaubert, David Roux explore avec délicatesse l’éveil tardif d’une conscience, un éveil presque imperceptible. Car là où Emma se jette dans l’excès – passions, dettes, illusions romantiques – Marianne demeure dans la discrétion. Sa révolte se joue dans les silences, les regards, les hésitations. C’est précisément ce qui rend le film singulier. Pas de fuite romanesque, mais une lente reconquête de soi. Si Emma Bovary brûle sa vie à vouloir la transformer en roman, Marianne cherche simplement à redevenir elle-même, et non plus seulement « la femme de ».

Les brèches invisibles

Le film s’ouvre sur une réunion de famille animée, presque chorale, où les dialogues se croisent et où la mise en scène apporte un peu de légèreté et de rythme. Cedric Caravaca dans le rôle d’Antoine -le mari- incarne moins un mari autoritaire qu’un ordre social parfaitement intégré. Sa douceur apparente et sa bonne conscience rendent l’enfermement plus insidieux. Quant à la sœur d’Antoine, incarnée par Sarah Le Picard, elle agit comme une présence dissonante dans cet univers très codifié. Par son ton plus libre et son regard ironique, elle introduit une brèche dans l’ordre bourgeois. Cette première scène donne l’illusion d’un film plus vif. Mais très vite, la cadence se ralentit. Les scènes s’allongent et les silences s’épaississent. Cette dilatation du temps finit par produire un effet volontairement étouffant. Le récit lui-même paraît pris dans le piège institutionnel : conjugal, social, familial. Une forme qui épouse ainsi le fond, au risque parfois de frôler l’inertie, mais qui rend sensible la lente mécanique de l’assignation.

© photo Jour2fête Distribution

En salle le 8 avril 2026