C’est l’un des films les plus attendus de 2026 et il arrive juste avant la Saint-Valentin. L’adaptation très attendue du seul roman d’Emily Brontë, confiée à la réalisatrice Emerald Fennell (oui, celle qui joue Camilla Parker Bowles dans The Crown), est une superproduction glamour, gothique, érotique et parfaitement kitsch. Une référence pop avec Jacob Elordi et Margot Robbie en hérauts. Un film qui va diviser et peut-être marquer une génération…
Charli XCX signe la BO avec les titres « House » et « Chains of Love ». La sublime Margot Robbie joue à fond le jeu des robes d’époque aux avant-premières (et bracelet en cheveux des sœurs Brontë, tellement gothique !). Quant au hit-boy des temps actuels, Jacob Elordi, il s’est brûlé au second degré sur le tournage, si bien que les blessures qu’on voit à l’écran sur son dos sont… réelles. Alors que le film figure parmi les évènements les plus attendus de l’année, il a d’ores et déjà deux affiches qui déclinent deux versions du couple Robbie / Elordi. La première fait clairement référence à Autant en emporte le vent, l’adaptation des années 1940. Et la deuxième, plus pop et sexy, fait penser à Sliver, le thriller érotique des années 1990. Sur cette affiche, on nous intime l’ordre de « lâcher prise » et, pour une fois, si l’on compte profiter du film de 2 h 14, il faut obéir. Car l’adaptation du seul roman d’Emily Brontë, confiée à Emerald Fennell, n’est pas un chef-d’œuvre pour cinéphiles ou intellos littéraires. Cette superproduction à 80 millions de dollars assume pleinement son gothique, son grotesque et son kitsch.
L’histoire se passe donc dans les landes du Yorkshire et fait état de l’histoire d’amour romantique entre Cathy (Margot Robbie), fille d’un noble désargenté, et Heathcliff (Jacob Elordi), jeune garçon adopté qui lui sert pratiquement d’animal de compagnie. L’arrivée d’un voisin riche dans ces landes désolées met fin à l’enfance… Mais le sort qui lie les deux amants de toujours pourra-t-il être conjuré ? Commençant par une scène violente, toujours très appuyée quand on parle de maquillage, riche en vêtements, plans et dialogues grandiloquents, Hurlevent pousse l’explicite à l’extrême. Et tout se passe comme si Emerald Fennell, révélée comme réalisatrice avec Promising Young Woman, essayait de pousser toutes les limites de ce qu’un plan peut contenir de trop-plein. Plein de références, de sexe, de destin, de culture flamboyante jusqu’à la fatigue ? Et c’est précisément là que Hurlevent devient intéressant. Les paysages du Yorkshire de l’Ouest filmés au drone répondent aux corps sublimes et grotesques des amoureux que jouent Margot Robbie et Jacob Elordi. Elle est en immense décolleté tout le film, à trottiner dans la glaise, et elle redevient encore et toujours « Barbie », prisonnière d’une chambre aux tissus imitant le grain poudré. Lui est chevelu, animal, dominateur et violent, mais c’est parce qu’il aime. Et tous deux passent beaucoup de temps à copuler.
Ce qui sauve Hurlevent du pompeux et de l’indigestion, c’est bien sûr la beauté de ses acteurs, véritables stars sacrées et consacrées, qui risquent un peu leur carrière dans cette drôle d’entreprise de dépoussiérer Brontë à coups de louches de mauvais goût. Mais c’est aussi son humour discret mais réel. Emerald Fennell fait des clins d’œil et on adhère : un pacte SM comme dans Fifty Shades of Grey, la main de Jacob Elordi qui entoure la cheville de Margot Robbie comme un escarpin rose de Barbie… Quelques détails nous laissent espérer que le film ne se prend jamais au sérieux. Alors oui, il faut lâcher prise, Hurlevent dérape et bâille, quitte à flirter avec le ridicule, mais ses excès en tous genres le rendent cohérent.
C’est par ailleurs un film générationnel que porte un couple du Hollywood des années 2020 et qui pourrait bien, 20 ans pile après, devenir le Romeo + Juliette de la Gen Z. Voyons donc s’ils et elles remplissent les salles de cinéma ces prochains jours.
Hurlevent, d’Emerald Fennell, avec : Margot Robbie, Jacob Elordi, Durée : 2h18 , États-Unis / Royaume-Uni, Warner Bros. Sortie en salles : 11 février 2026
visuel (c) Warner