Alors que Gourou, le film joué (et co-produit) par Pierre Niney a déjà largement dépassé le million d’entrée qu’est-ce qui attire les foules voir d’autres foules mesmérisées par un coach ?
Dans ce nouveau film de Yann Gozlan, Pierre Niney incarne donc Matt (le premier évangéliste !), un coach à succès qui réunit ses coachés dans un arène de 400 places afin de partager avec elles et eux les vérités qu’il a lui-même apprises par YouTube auprès d’un coach américain. Lorsqu’une commission du Sénat lui demande de témoigner pour son projet de loi d’encadrement des coachs, lui qui n’a même pas le bac a peut que son univers vacille..
Dès la première scène, la question de la manipulation est abordée acec violence et précision. La mise en scène du duo Pierre Niney / Anthony Bajon est superbe et bien maîtrisée. Avec peu d’action, peu de dialogues et finalement des personnages assez survolé, Yann Gozlan parvient à toucher là où cela dérange l’ensemble de la société.
Le film montre tout de manière extérieure comme pour laisser le public juger. Mais le script beau passer vite sur les psychologies, lorsque Marion Barbeau en compagne incrédule ou Léonie Simaga en Sénatrice déterminée impriment l’écran tout est résumé en une expression-clé. Celle de Matt / Niney est tout aussi monolithique malgré les doutes qui l’assaillent : il y a Jeckill, le type sympa qui a forgé son succès et s’efforce d’appliquer ses préceptes (en montrant ses pectoraux et son intimité) et puis Hyde qui ne veut pas lâcher son confort et est prêt à tout pour asseoir ses acquis. Pierre Niney est comme toujours extra alors qu’on ne voit presque que lui à l’écran.
Et petit plus du film, c’est bien les grandes sessions avec les clients de notre gourou, qui ne sont pas sans faire penser à Magnolia de Paul Thomas Anderson. Avec la musique de Chloe Thévenin (mêlée à Mozart et Purcell) le public se laisse transporter là où le personnage principal est à son sommet mais là où il prend le plus de risque.
Gourou est une fable noire, qui pointe vers un sujet clé et qui fait le choix de balayer les corps, les visages et les plaies plutot que de les sonder. Tout un art de l’atmosphère dont les films français ont le secret.
Gourou de Yann Gozlan, Avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon, 126 minutes, sortie le 28 janvier 2026.
visuel (c) Studio Canal