Projeté en avant-première au Festival Les Œillades en présence de sa réalisatrice Dominique Fischbach, Elle entend pas la moto est le récit émouvant d’une famille hors du commun a touché le public cinéphile d’Albi. Ce parcours de vie de 25 ans filmé avec justesse et sensibilité nous a fait vibrer d’émotion et de force.
À la veille d’une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l’histoire du clan se déplie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d’épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.
La genèse du projet donne une envergure au film qui semble avoir été imaginé comme on écrit un scénario de fiction et où les figurants brillent par leur interprétation. La réalisatrice a réussi à transmettre sur grand écran un quotidien difficile, avec ses joies et ses peines lorsqu’on élève deux enfants sourds ; mais avec un espoir qui reste permanent dans cette famille. Au travers d’un événement tragique qui est le fil rouge du film, la narration instille le suspense avec des épreuves et des rebondissements comme des montagnes russes.
La surdité comme toile de fond de cette œuvre permet à Dominique Fischbach d’aborder la question du handicap, dans une magnifique nature qui évoque les montagnes que les parents doivent déplacer pour permettre à leurs enfants d’exister. Elle creuse la question scientifique avec l’implant cochléaire à partir duquel, elle scrute comment se tissent les liens intrafamiliaux, et les liens sociaux qui disent tout de la réalité scolaire et des politiques menées ou pas en faveur des personnes sourdes.
Les décors naturels au cœur des montagnes alpines et la lumière de l’été, rythment le temps dans le magnifique chalet où la famille se retrouve chaque année. Cet environnement procure une sensation d’apaisement face à la tragédie de ces vies cassées, réparées et au final sublimées par la caméra de Dominique Fischbach. En particulier Manon personnage central du film. Son parcours et son intelligence rajoutent les couleurs et l’énergie au tableau générationnel et transmet un fort sentiment d’espoir en quittant la séance. Une leçon de résilience.
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Visuel (c) Epicentre Films