Dans le département de l’Essonne, à 20 km de Paris, la commune de Yerres est fière de son citoyen le plus célèbre, le peintre Gustave Caillebotte. La Maison où il a peint une grande partie de son œuvre, essentiellement entre 1873 et 1878, est devenue un musée et l’une des destinations touristiques de la petite ville. Mais Yerres ne valorise pas seulement son passé, elle s’ancre aujourd’hui dans le 21ᵉ siècle, avec la 3ème édition d’un joli festival. « C’est trop court », tel est son nom. Il vous entraîne dans un univers souvent négligé, celui du court-métrage.
Tout en haut de la pyramide du 7ème Art, brille une élite, celle des longs métrages. C’est eux qui, en principe, rapportent de l’argent à une industrie du cinéma, trop souvent avide de richesse et de gloire. Mais ce que l’on oublie, c’est que la grande majorité des cinéastes d’hier et d’aujourd’hui ont commencé en réalisant des formats courts. Considéré comme une étape, pour prouver capacités et talents, le court-métrage serait donc une sorte de brouillon des œuvres à venir… C’est injuste et c’est faux. Ce sont des œuvres à part entière, car il est parfois plus difficile d’exprimer clairement son propos en peu de temps.
Il faut parler des courts-métrages, de leurs auteurs, il faut valoriser leur travail, en projetant leurs films, car ils en valent la peine.
C’est la mission que s’est donnée Garance Hayat en créant il y a 3 ans le Festival « C’est trop court ».
Garance Hayat : « En tant que journaliste critique de cinéma, j’ai eu envie de mettre en lumière l’univers passionnant du court-métrage, trop souvent oublié… C’était pas gagné d’avance, mais on a fait une édition, puis deux et ça a marché. On en est à la 3ᵉ et le public est de plus en plus présent et enthousiaste… »
Une belle compétition, avec la remise d’un prix honorifique pour l’un des films sélectionnés dans le catalogue de l’agence du court-métrage, partenaire du festival depuis le début.
Mais la démarche de Garance Hayat ne s’arrête pas là. « C’est trop court », en association avec la Communauté d’agglomération et la ville de Yerres, a souhaité également mettre l’accent sur la jeune création cinématographique locale, sur les talents du territoire. L’idée étant bien sûr d’aider les réalisateurs de demain, mais également d’amener les nouvelles générations à découvrir le cinéma. Pendant le festival, les jeunes du territoire, se rencontrent, il y a des discussions et des échanges. Lors des deux éditions précédentes, les jeunes du territoire avaient dû se conformer à un thème précis. Pas cette année, ils sont libres de choisir les sujets de leurs films.
Le thème choisi, cette année par le festival : La Nature, est réservé à la seule section « professionnelle ».
Enfin, un 4ᵉ trophée, le Prix des Jeunes Pousses, récompense les plus petits, les minots, comme son nom l’indique.
Fait assez rare, les prix sont dotés en argent et/ou matériel par l’un des partenaires du festival, le Crédit Mutuel.
Qui dit prix, dit jury. Cette année, il est composé de l’acteur Sébastien Chassagne, très engagé dans la défense du format court, du directeur de la photographie Aymerick Pilarski, au parcours international, de la journaliste et critique de cinéma, membre du SFCC, Diane Lestage, de Claire Randier, professeure de lettres modernes et de cinéma, ainsi que de deux lycéens, Simon et Thibault. Exercice passionnant qu’être membre d’un jury : on débat, on argumente, on départage les films, en fonction de ses attentes, de ses goûts, de son cœur.
Des moments de convivialité, de découverte, de rencontre, de projections et des larmes de joie lors de la remise des prix. Ce festival porte bien son nom, il est trop court , on en redemande… Alors pourquoi pas une journée supplémentaire l’an prochain ? On est impatient d’y être …
Visuel : affiche de l’événement qui s’est tenu hier, samedi 11 avril au cinéma Paradiso à Yerres.